Le Destin d’une soubrette - Par Téjlor - Tabou

  • Domination, sado-masochisme et travestissement résument la compilation de ces quatre histoires réservées à un lectorat averti. Pour celles et ceux qui aiment jouer avec les rôles et les genres.

Quel est le point en commun entre un voleur malchanceux, un homme qui aime porter les robes de sa femme lorsqu’elle n’est pas là, un macho qui emmène sa nouvelle conquête au spectacle de magie et un jeune cow-boy ? Apparemment aucun, sauf que ces quatre héros vont devenir malgré eux l’objet des fantasmes de groupes de personnes décidées à leur donner un nouvel aperçu de la vie. Celui de l’existence d’une servante, qui doit sacrifier sa personne aux désirs de ses maîtresses et maîtres, en termes de châtiments ou de domination sexuelle. D’où le titre de cet ouvrage : Le Destin d’une soubrette.

Le Destin d'une soubrette - Par Téjlor - Tabou

Lorsqu’on évoque la domination en costume, qu’il s’agisse de latex, de travestissement ou de lingerie, la référence de la bande dessinée érotique française reste bien évidemment le grand Xavier Duvet. Ce dernier fait d’ailleurs partie des piliers de cette même maison d’édition Tabou. Est-ce parce que Duvet propose tout d’abord ses récits sur son site personnel avant de le publier via son éditeur, ou parce que Tabou veut augmenter le nombre d’albums dans ce registre, qu’il publie ce Destin d’une soubrette ? Quoiqu’il en soit, les amateur de Xavier Duvet jetteront certainement un œil intrigué à cette couverture qui rappelle d’une certaine manière celles de leur auteur favori.

La comparaison s’arrête là. Car si le style soigné en noir et blanc de Xavier Duvet joue sur la lascivité et le rapport psychologique entre les personnages, le travail en couleur de Téjlor utilise une approche plus frontale de sa thématique. Ses saynètes vaudevillesques ne semblent pas vouloir donner l’illusion d’une réalité, mais bien transporter le lecteur dans des fantasmes plus lubriques que véridiques.

Si on regrette un découpage parfois hasardeux et des cases qui auraient pu être mieux travaillées, l’ensemble se lit avec plaisir dès que l’on a accepté de ne pas attendre la qualité des récits de la référence représentée par Duvet. On s’amuse des péripéties assez invraisemblables, destinées à faire vivre d’intenses moments de domination à des hommes plus ou moins virils. Passé le cap de la transformation, les histoires perdent un peu de leur charme pour virer en orgies désincarnées.

Les pages de garde de cet album rassemblent les protagonistes des différentes histoires

Les lectrices et lecteurs plus intéressés par la quantité que la qualité, trouveront donc là un album qui les séduira, avec quatre histoires et des planches qui atteignent régulièrement dix-huit cases ! Sans compter un petit cahier graphique en fin de volume.

De plus, l’éditeur laisse à penser que Lezli Téjlor ne compte pas s’arrêter à ce premier album en français. En effet, l’auteur hongrois œuvrant dans le registre érotique depuis plus de quinze ans, on peut s’attendre prochainement à de futurs albums de cet auteur publiés par Tabou.

(par Charles-Louis Detournay)

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Réservé à un public averti.

 
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