Le FIBD plaide pour la « préservation de l’écosystème de la chaîne du livre »

5 novembre 2020 12 commentaires
  • Le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême se joint au concert de voix qui plaident pour une réouverture -dans de bonnes conditions sanitaires- des librairies. Le silence de l'exécutif concernant la culture est assourdissant. Franck Bondoux, le délégué général de l'événement tient à rappeler combien cette économie créative est importante pour l'activité des territoires autant pour leur rayonnement international.

Le projet BD 2020, une initiative du Ministère de la Culture, se résume par une "Annus Horribilis" et le prolongement de six mois n’y changera pas grand chose. Logiquement, les parrains et marraines de l’événement ont rendu leurs tabliers dès l’annonce par le gouvernement de la fermeture des librairies. Dans foulée, cafouillages et coquecigrues, alors que le Président Macron nous invitait encore, lors du premier confinement, à "profiter de cette période pour se cultiver".

Le FIBD plaide pour la « préservation de l'écosystème de la chaîne du livre »
Macron au Festival International de la BD en janvier 2020.
©Thomas Clément
Franck Bondoux, délégué général du FIBD
Photo : DR

À la suite du Syndicat National de l’Édition et de personnalités comme Joann Sfar (président d’honneur de la Ligue des Auteurs Professionnels) ou Riad Sattouf, c’est au tour du délégué général du FIBD, Franck Bondoux de monter au créneau : "En contraignant les libraires à la fermeture, c’est tout l’écosystème qui unit ses acteurs qui se délite, entraînant un basculement général vers l’incertitude martèle-t-il. L’incertitude sur la capacité que celui-ci aura de se maintenir. De conserver sa capacité à porter la création dans toute sa diversité. Une situation qui aujourd’hui fait de la France le seul pays au monde où le lecteur accède à toutes les formes de bande dessinée, quelle que soit leur origine.".

Si on a beaucoup parlé des préoccupations des libraires, éditeurs et auteurs (dont le statut étaient déjà précaire avant la crise) tous interdépendants les uns des autres, les festivals, comme toute l’activité de l’événementiel, souffrent particulièrement de la crise sanitaire. Ils tiennent pourtant une place fondamentale dans le lien entre les acteurs du livre et les lecteurs. Les salons, festivals et fêtes de la BD, il y en a quelque 300 en France, de Paris à Toulouse, d’Angoulême à Blois, à Aix, Colomiers ou Amiens.

L’urgence sanitaire a imposé logiquement de suspendre ces événements qui rassemblaient des milliers de personnes et multipliaient les risques. mais Franck Bondoux rappelle tout ce qu’ils apportent au niveau local, comment le FIBD par exemple « permet à une ville de 45 000 habitants de rayonner dans le monde entier et d’être la première en France à intégrer le Réseau des Villes créatives de l’Unesco au titre de la littérature (eh oui, la bande dessinée est bien une forme de littérature !). On pourrait ajouter encore qu’il contribue, depuis son origine, à la reconnaissance de la bande dessinée en tant que forme d’expression artistique. »

Avec quelque 6 000 publications par an et un catalogue qui privilégie la diversité des auteurs, qu’ils soient français et étrangers, l’édition française de bande dessinée a le pouvoir de satisfaire un lectorat qui fait de la France le premier marché européen dans le domaine du 9e art.

L’interdiction de la vente des livres dans les grandes surfaces est proprement absurde.
Photo : DR

Le lien social entre les éditeurs, les auteurs et leur lectorat est garanti par les libraires d’une part, mais aussi par ces festivals. Il n’est pas question ici (seulement) de tendre la sébile mais de demander aux pouvoirs publics de faciliter des solutions qui permettent à ces manifestations de continuer d’exister et de servir de caisse de résonance à la création. Ces professionnels de l’événementiel ont des idées, il faut les entendre et les accompagner de façon proactive sans rigidité excessive. C’est ce que l’on attend d’un gouvernement.

L’édition 2021 du FIBD espère pouvoir mettre en place un diptyque. Elle attend du talent aussi de la part des politiques.

(par Klara LESSARD)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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12 Messages :
  • 6000 publications et toujours le même genre de bds mis en avant au salon d’Angoulême, toujours le même dédain pour la bd "populaire", la même condescendance avec une large partie des autrices et auteurs qui font vivre "l’écosystème de la chaîne du livre". Ca pourrait faire sourire si la situation n’était pas aussi catastrophique. Cette bd "mainstream", c’est celle qui fait vivre une grande partie des éditeurs, celle qui finance la création de bd plus underground qui plait tant aux jurés de l’entre soi du salon et elle est maltraitée et snobée depuis de nombreuses années. Pas dans les bulles, évidemment, les lecteurs et les collectionneurs se déplacent en masse pour avoir leur gri-gri sur leurs albums pendant que les auteurs bien caressés dans le sens du poil trinquent à la santé du secteur de la bd dans les salons feutrés du Mercure. La crise qui s’annonce rebattra les cartes, à n’en pas douter.

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    • Répondu par kyle william le 5 novembre à  13:51 :

      Toujours la même rengaine populiste sur la bd mainstream et la bd prout-prout qui boirait des coups avec des personnalités à l’hôtel Mercure (je ne sais pas d’où sort cette rumeur). La bd mainstream se porte très bien, même si ses albums sont en grande majorité mal dessinés et ses auteurs mal payés. Elle brasse et rapporte beaucoup d’argent, permet en effet de financer la bd d’auteur et est honorée toute l’année dans tous les festivals de France et de Belgique, hormis Angoulême, Bastia et Aix-en-Provence. Franchement, quel est le problème ?

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      • Répondu le 5 novembre à  18:01 :

        C’est génial de faire les questions et les réponses dans le même message, en vous lisant, on voit tout de suite où est le problème. Il n’y a que vous qui ne le voyez pas.

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        • Répondu par kyle william le 5 novembre à  20:04 :

          La bande dessinée populaire est bien à sa place justement. Elle recueille des recettes et des honneurs constamment. Il suffit de le voir et de pas regarder toute la Bd à travers le seul viseur d’Angoulême, qui n’est qu’un festival parmi d’autres. D’ailleurs cette année il n’aura pas lieu. Je n’ai pas vu que ça déclenche un si grand émoi.

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          • Répondu le 6 novembre à  07:25 :

            c’est peut-être justement parce qu’une majorité des auteurs en a marre de jouer le jeu d’un festival qui ne les représente plus.

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            • Répondu le 6 novembre à  09:19 :

              pour rappel angouleme c’est internationale donc ouverte sur la production et la façon de faire de la bd dans la monde.
              la selection officiel refléte assez bien le marché français
              Vouloir cataloguer la bd de populaire ou élitiste est idiot, c’est exatement ce qu’il se faisait dans les années 70 en dénigrant la bd de petit format des editions impéria, aventure et voyage etc.. sauf que des dessinateurs comme pratt et bien d’autres y ont été publiés et que le tirage de certains titres comme par exemple Akim tirait à 300 000 exemplaires par mois ce qui explique peut etre une certaine envie de casser ce style de bd pour s’approprier le marché

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              • Répondu par Alex le 7 novembre à  08:32 :

                Moins de 10 % de bds mainstreams dans la sélection officielle du salon l’an passé, wouhou, quelle représentativité de la diversité culturelle bd dans le marché français, comme vous dites. Ce sectarisme des sélections et des prix sert-il les auteurs ? Pas sûr, en coulisses, ça ressemble plutôt à un jeu de rôle entre directeurs éditoriaux.

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                • Répondu par kyle william le 7 novembre à  11:25 :

                  Moins de 10%, dites-vous ? Possible que sous la direction de Beaujean, le festival soit allé un peu loin... mais il est parti maintenant.

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                • Répondu le 7 novembre à  13:57 :

                  vous voulez quoi au juste.
                  Une sélection avec thorgal, tintin, astérix, luky luke blake et mortimer.
                  vous nous dire c’est quoi l’intérêt

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                  • Répondu le 8 novembre à  22:09 :

                    Il y a peut-être un juste milieu à trouver entre l’ultra populaire et l’ultra alternatif.

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    • Répondu le 5 novembre à  16:10 :

      il faudrait d’abord que vous disiez ce que c’est une bd populaire, c’est quoi picsou ?, riad latouf ? avant de parler de bd undergroud afin d’y voir plus clair.

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