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Le Festival Tintin à Bruxelles inauguré en fanfare !

  • Jour faste pour les Tintinophiles. Ce 20 juillet 2005 a été donné à Bruxelles le coup d'envoi du [premier Festival Tintin->http://www.actuabd.com/breve.php3?id_breve=1120] de la capitale bruxelloise. Une manifestation qui dure quatre jours et qui est rendue possible par la Fondation Hergé et les édiles bruxellois. Le coup d'envoi avait lieu dans la superbe cour d'honneur de l'Hôtel de Ville de Bruxelles. Il s'est achevé par l'inauguration du mur Tintin de la rue de l'étuve.

Elles deviennent rares les occasions pour les Tintinophiles, les Bruxellois comme les autres, de se réunir sous l’égide du reporter à la houppe. L’événement a de quoi étonner. Ces dernières années, on était plutôt abonnés aux mauvaises nouvelles lorsqu’un projet festif devait s’articuler autour de la création d’Hergé. Bien des bonnes volontés s’étaient cassées le nez devant un refus strict de la Fondation Hergé et de son animateur Nick Rodwell. Encore récemment, les 175 ans de la naissance de la Belgique avaient été entachés par une dispute entre la Fondation Hergé et les organisateurs de cet événement. Quant aux relations entre la même et la Ville de Bruxelles, elles s’étaient soldées il y a quelques années par un échec quand il a fallu choisir le terrain d’un futur musée Tintin. Il devrait être construit (mais quand ?) à Louvain-La-Neuve dans le Brabant Wallon. Un livre de Hugues Dayez, Tintin et les héritiers, décrivait d’une façon grinçante et guoguenarde les occasions manquées des héritiers d’Hergé. Les admirateurs du maître alternaient entre la joie de voir la société Moulinsart, les éditions du même nom et la Fondation Hergé multiplier les beaux ouvrages ou les expositions de prestige autour du grand homme, et une profonde irritation devant l’impression que donnait la Fondation de vouloir régenter de façon autoritaire un héritage qui semblait pourtant pour beaucoup un patrimoine commun. Le premier Festival Tintin semble vouloir inverser la tendance...

Le Festival Tintin à Bruxelles inauguré en fanfare !
Fanny Rodwell et Jean-Pierre Talbot
Quand l’héritière d’Hergé rencontre l’acteur qui incarna Tintin dans "Les Oranges bleues".

Un festival biennal ?

« Nous sommes ravis d’accueillir ce festival, annonçait d’emblée Freddy Thielemans, Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, accompagné d’un policier habillé comme l’agent 15, dans un discours ponctué de mots bruxellois. Nous voulions nous réapproprier le caractère bruxellois du personnage d’Hergé. ». Son échevin au tourisme Philippe Decloux qui a créé récemment une association « Bruxelles BD » destinée à accueillir les manifestations dédiées à la BD dans la capitale de l’Europe et qui constate que le Centre belge de la BD accueille pas loin de 250.000 visiteurs par an, se réjouit qu’enfin un rendez-vous régulier s’organise autour de celui qu’il considère comme « le premier enfant de la ville ». [1] Il souligna combien Nick Rodwell et la Fondation Hergé ont été enthousiasmés par ce projet. « Tintin est un excellent symbole pour Bruxelles » conclut-il. En réponse, Nick Rodwell ne manqua pas de signaler le décalage notable entre ce type d’événement et l’image déplorable que les médias donnent de la Fondation Hergé et de lui-même. Il ajouta : « Je remercie avant tout Hergé, car on oublie souvent l’auteur, de nous permettre de faire ce que nous faisons aujourd’hui  » .

Nick Rodwell
devant les caméras.

Charles Dierick (voir notre entretien) nous expliqua que c’est suite à une demande de la Ville que la Fondation s’était mobilisée à partir d’un projet très rapidement esquissé. L’ancien directeur artistique du Centre Belge de la BD semble avoir été l’élément fédérateur de cet événement construit à la hâte, en près de trois mois. Il imagine que le rendez-vous pourrait devenir biennal et s’étonne déjà de l’enthousiasme que ce projet emporte en l’état. Les discours terminés (on passe sur celui d’une ministre juste contente d’être là), Freddy Thielemans invita l’assemblée à boire le pot de l’amitié. « Une fois n’est pas coutume, dit-il un peu vachard, c’est la Fondation Hergé et Moulinsart qui vous invitent. Je ne vous dirai pas en revanche ce que la Ville a investi dans cette affaire... »

Freddy Thielemans et Philippe Decloux
Le premier magistrat de la ville et son échevin au tourisme accueillent le Festival Tintin à Bruxelles.

Toute la Belgique tintinophile.

La cour d’honneur de l’Hôtel de Ville était pleine. Le tout-Bruxelles de la Tintinophilie entourait Fanny et Nick Rodwell, les héros du jour : les huiles de chez Casterman, notamment Etienne Pollet, le petit-fils de Louis-Robert Casterman, celles de la Fondation Hergé et des éditions Moulinsart : Sophie Tchang, Didier Platteau, Philippe Goddin, Bernard Tordeur... Des correspondants de la presse japonaise, une poignée d’ « Amis d’Hergé », sauf Stéphane Steeman, sans doute en villégiature à Roquebrune. Guy Decissy, le fondateur du Centre belge de la BD et ancien assistant d’Hergé, la fille de Jacques Laudy... Jean-Pierre Talbot, le « Tintin » des Oranges bleues (sans mèche, et avec quelques années de plus) demandait à Fanny Rodwell : « - Et alors, ce film avec Spielberg  ? » « Oh, il faut demander cela à Nick », répondait-elle, se refusant à tout commentaire.

L’Harmonie de Moulinsart
était présente...

Tout ce petit monde se mit en branle aux accents sonores de la « Philharmonie de Moulinsart » pour se rendre dans la rue de l’étuve toute proche. Là, sous les fenêtres de Denis Bajram et de Valérie Mangin, une foule compacte entendit les derniers discours avant que la Philharmonie entonne la Brabançonne, l’hymne national belge, en prévision de la Fête nationale qui a lieu le lendemain. Belle inauguration en fanfare !

La foule des grands jours
rue de l’étude où de trouve la Fresque Tintin

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon, le mur Tintin, rue de l’étuve à Bruxelles. Photos : Didier Pasamonik & Nicolas Anpach.

[1« Avec le Manneken Pis... » corrigea aussitôt le Bourgmestre.

 
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3 Messages :
  • > Le Festival Tintin à Bruxelles inauguré en fanfare !
    21 juillet 2005 18:05, par Jacques Langlois

    Eh bien, cher Didier, ce doit être la bière généreusement offerte par Moulinsart dans la Cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville", qui t’aura presque voir double : l’agent de Quick et Flupke porte (seulement) le n°15...le nombre 22 est associé populairement aux "flics" français !
    Cordialement

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    • Répondu par Didier Pasamonik le 21 juillet 2005 à  20:33 :

      Eh, oui, sachez-le, chers lecteurs : Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Entre l’agent 15, l’agent 22 et l’agent 212, sans parler de l’agent orange, si l’on en croit la couleur de la manifestation bruxelloise, je me suis trompé dans l’addition. Heureusement que mon ami Jacques Langlois, président de l’Association française des Amis d’Hergé est là pour nous corriger ! Que le Grand Cric me croque ! (Nous avons corrigé l’erreur dans le corps du texte, c’est une des vertus de l’Internet : le repentir).

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      • Répondu par Didier Pasamonik le 22 juillet 2005 à  19:22 :

        Jacques Langlois nous fait savoir qu’il n’y a pas de branche française aux amis d’Hergé et que, donc, il n’en est pas le président.

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