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Le Festival de BD de Québec remet ses prix

  • Les Bedeis Causa sont remis à Rabagliati, Larcenet, Bérubé et Bergeron, et l'École multidisciplinaire de l'image de l'UQO se voit honorée. Bilan de l'édition 2010 du FBDFQ avec Thomas-Louis Coté, directeur de l'événement.

Incontournables de la BD québécoise et régulièrement remis en public depuis la première édition du Festival de la BD francophone en 1988 [1] les Bedeis Causa honorent des auteurs ou organismes qui se sont distingués lors de l’année en cours, ou dans l’ensemble de leur carrière. Depuis 2005, ces prix portent le nom de pionniers du Neuvième Art au Québec.

Le Festival de BD de Québec remet ses prix
Jean-François Bergeron reçoit le Prix Albéric-Bourgeois des mains de Marie-France Goudreau, représentante de Laurier-Québec
Photo : Le BéDénaute

Le Prix Albéric-Bourgeois, [2] remis « pour le meilleur album de langue française publié à l’étranger par un auteur du Québec », est attribué à Jean-François Bergeron, dessinateur de la série St-Germain, avec le Français Thierry Gloris au scénario. Deux tomes sont déjà publiés chez Glénat et le lauréat s’est fait particulièrement remarquer pour le premier album de la série, Le Comte des lumières.

Jean-Sébastien Bérubé, lauréat du Prix Réal-Fillion, en compagnie du gagnant de l’an dernier, Francis Desharnais.
Photo : Le BéDénaute

Le Prix Réal-Fillion - du nom du fondateur du FBDFQ - destiné à un auteur du Québec « s’étant le plus illustré avec son premier album professionnel » est remis à Jean-Sébastien Bérubé pour le premier tome de la série Radisson, fils d’Iroquois (Glénat Québec) dont il assume le dessin et le scénario. « Je remercie spécialement Jean-Louis Tripp, qui a réellement été dur avec moi, mais c’est grâce à lui que je me suis le plus amélioré » s’est empressé d’ajouter ce jeune diplômé de l’École multidisciplinaire de l’image (ÉMI) lors des remerciements d’usage. Il travaille actuellement sur le second tome de Radisson.

Michel Rabagliati, lauréat du Grand prix de la Ville de Québec, pose en compagnie de Chantale Gilbert, conseillère municipale.
Photo : Le BééDénaute

Après Angoulême, Michel Rabagliati se voit attribuer le Grand Prix de la ville de Québec pour son dernier album, Paul à Québec. « Je suis réellement gâté cette année, je reviens d’un magnifique voyage en Europe avec Fred [3] et nous avons reçu de beaux commentaires sur la série, ce fut réellement génial.  » a-t-il dit en guise de remerciement . Il a dit également espérer que de tels prix encouragent les jeunes auteurs dans leur carrière. Certains albums des aventures de Paul sont maintenant disponibles en néerlandais, allemand, italien et espagnol.

Le coup de cœur du jury pour un album francophone publié à l’étranger, le Prix Maurice-Petitdidier, a été remis à la nouvelle série Blast, de Manu Larcenet, pour le premier tome, Grasse carcasse. Karinne Hallé, représentante de Dargaud au Québec, a accepté le prix au nom de l’auteur, des mains du délégué culturel du Consulat général de France à Québec, M. Stéphane Catta.

Au nom de toute son équipe, Sylvain Lemay, directeur de l’ÉMI, reçoit le Prix Albert-Chartier de Thomas-Louis Côté, directeur du FBDFQ.
Photo : Le BéDénaute

Enfin, le Prix Albert-Chartier « cherche à souligner l’apport d’un acteur important du milieu de la bande dessinée québécoise ». Il est décerné en 2010 à l’École multidisciplinaire de l’image de l’Université du Québec en Outaouais, l’UQO. Cette institution « ... a donné depuis 10 ans la chance à des jeunes de se faire former par des professionnels, et aussi à des professionnels de partager leur savoir » évoque Thomas-Louis Côté, directeur du FBDFQ, en appelant Sylvain Lemay, directeur de l’ÉMI, à venir chercher le prix. Ému, celui-ci se dit « touché d’une telle reconnaissance par le milieu  ». Il rappela à l’auditoire qu’il y a dix ans, alors tout jeune professeur à l’UQO, on lui avait demandé de suggérer un auteur de BD à qui l’UQO voulait décerner un Doctorat honoris causa. Il avait alors proposé Albert Chartier et ce dernier se vit effectivement remettre cette distinction en 1999. « Cela me touche beaucoup de recevoir, 10 ans plus tard, un prix qui porte son nom », dit-il en acceptant le prix au nom de toute l’équipe de l’ÉMI.

Tous ces prix sont attribués par un jury de cinq personnes, libraires ou chroniqueurs de bande dessinée dans les médias, et portent sur les albums publiés entre février 2009 et février 2010.

À l’origine tenu dans des centres commerciaux de la ville de Québec, on se rappellera que l’organisation du FBDFQ migra en 2005 au sein du Salon international du livre de Québec (SILQ). Quel bilan faire de cette 23e édition ? Réponses de Thomas-Louis Côté, directeur général de l’événement depuis maintenant cinq ans : « C’est une très bonne année pour le festival avec un nombre record d’auteurs québécois qui se sont présentés et qui ont participé aux activités, et avec en plus beaucoup de nouveautés. Il y a eu à peu près le même nombre d’expositions que les autres années, mais plusieurs activités dans le cadre du Salon du livre ont été remaniées : l’OFFiciel, pour la BD alternative, qui se tient au Cercle et dont des dessins en direct et le “Brunch BD” du dimanche ont été très populaires, de même que le concert en dessin. Le SILQ a battu cette année un record de fréquentation, on a même été en panne de billets d’admission samedi ».

Les expositions ne se termineront qu’à la fin du mois, difficile donc d’estimer le nombre de visites, mais celle de Jacques Lamontagne à la Bibliothèque St-Jean-Baptiste, et celle de Line Arsenault à la Bibliothèque du Collège des Jésuites, seraient bien fréquentées.

Outre les auteurs de l’OFFiciel, dont Jimmy Beaulieu et Sébastien Trahan, et ceux qui sont venus pour le plaisir, on dénombrait 70 auteurs de BD officiellement inscrits au FBDFQ. De ce nombre neuf venaient d’outre-mer : il y a dix ans, cette proportion aurait été impensable. À quoi peut-on attribuer ce renversement ? À un désintérêt des auteurs européens ? À un manque de fonds pour défrayer transport et hébergement ? Selon Thomas-Louis Côté : « Il faut tenir compte que de plus en plus d’auteurs du Québec publient maintenant régulièrement, et de nouveaux auteurs s’ajoutent chaque année. Il est donc normal de laisser plus de place à des auteurs qui font leur marque, mais l’objectif demeure de conserver un certain équilibre dans cette visibilité. Il y a 10 ans, il n’y avait ni la quantité ni la variété parmi les auteurs locaux ».

Il poursuit : « Nous n’avons jamais eu de difficulté à faire venir des auteurs européens, car nous avons de bons partenaires, de bons contacts ... Le FBDFQ est une petite structure et les subventions reçues ne sont pas énormes. Les subventions ne servent pas à faire venir les auteurs européens, ce sont les consulats et les distributeurs de BD qui aident. »

La 24e édition du FBDFQ se tiendra du 13 au 17 avril 2011.

(par Le Bédénaute)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Site du FBDFQ http://fbdfq.com/

[1Voir tous les lauréats dans les archives du FBDF au http://fbdfq.com/?rub=9&id_sous_rub=3.

[3Frédéric Gauthier, co-éditeur de La Pastèque

 
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4 Messages :
  • le Prix Maurice-Petitdidier, a été remis à la nouvelle série Blast, de Manu Larcenet, pour le premier tome, Grasse carcasse

    Quelle imagination ! Larcenet peut sortir n’importe quelle daube, il est abonné aux récompenses ! Les jury n’ont aucune curiosité, ils évitent de lire les nouveautés, préférant récompenser ce qu’ils connaissent déjà, avant même de lire souvent, juste sur la bonne réputation des auteurs. C’est de la fainéantise intellectuelle, comme à Cannes qui invite toujours les mêmes réalisateurs.

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    • Répondu le 18 avril 2010 à  23:48 :

      Les jury n’ont aucune curiosité, ils évitent de lire les nouveautés

      Et vous pouvez le prouver je suppose ?

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      • Répondu le 19 avril 2010 à  13:43 :

        Bien évidemment !

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        • Répondu le 19 avril 2010 à  15:04 :

          Je vous invite à le faire. Pour avoir assisté au jury en question, je peux vous garantir que les choix étaient nombreux et variés. Cependant, tout est au final une question de consensus. Ce fut le cas pour Blast et les autres albums en nomination.

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