Le Fils du Yéti - Par Didier Tronchet - Casterman

5 avril 2014 4 commentaires
  • Tronchet adapte lui-même son roman paru en 2011 : secoué par des éléments ordinaires, un homme part à la recherche de son passé, et de son père disparu trop tôt.
Le Fils du Yéti - Par Didier Tronchet - Casterman
Le roman original paru chez Flammarion.

Ébranlé par un incendie qui aurait pu lui coûter la vie, le narrateur de cette histoire ressent le besoin de renouer avec son propre passé, matérialisé par une série d’albums photos qui récapitulent une bonne part de son existence – à commencer par la mémoire de son père trop tôt disparu.

Ainsi débute une étrange aventure qui, huit jours durant, conduit cet homme solitaire et secret sur le chemin d’une profonde introspection. Avec la complicité de son jeune neveu Anthony, qui lui est profondément attaché, il entreprend une sorte de pèlerinage impromptu à la recherche de ses racines familiales, habité par le sentiment du temps qui passe et la conscience aiguë de la fugacité des êtres et des choses. Ce voyage à rebours de plus de trente ans, à la fois géographique et intérieur, lui permettra, grâce à une lettre miraculeusement retrouvée, de redécouvrir la profondeur de son attachement pour son père et de se confronter enfin à un désir de paternité longtemps refoulé.

Pour la collection Écritures, Didier Tronchet transpose en noir et blanc et sur un format de longue haleine, son propre roman éponyme paru en 2011 chez Flammarion. Le traitement volontairement mystérieux n’aide pas à rentrer dans le récit dès les premières pages. Surtout que Tronchet utilise d’entrée de jeu un personnage d’imbécile heureux dont il a le secret, et qui cumule timidité maladive et maladresse sociale.


Mais le retour dans son pays natal du Nord balaie ces premiers sentiments confus pour donner un caractère sentimental et autobiographie au récit. Le décalage du narrateur devient volontaire, ses touches d’humour plus délicates, ses réflexions émeuvent progressivement, avant de toucher droit au cœur. Le temps fort du récit intervient dans sa dernière partie, là où les petits moments de la vie prennent tout leur sens, sublimés par une petite réflexion philosophique sur l’enchaînement des coïncidences.

(par Charles-Louis Detournay)

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4 Messages :
  • C’est quand même incroyable le nombre d’auteurs de bd qui pensent que leur vie est passionnante.

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    • Répondu par Alex le 5 avril 2014 à  23:35 :

      C’est le syndrome "Maus". Spiegelman, ce génie, a déclenché une avalanche dont on ne saurait le tenir réellement entièrement responsable- historiquement il est dédouané, il exista des antécédents à son ouvrage. Mais quand Spiegelman, expérimentateur aguerri, éveilla notre surprise dans les années 80 avec soudainement un dessin "grand-public" sur un fond historique et mélodramatique beaucoup furent K.O. L’onde de choc, 30 ans après, est toujours palpable et visible dans la production actuelle.

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      • Répondu par Pierre M le 8 avril 2014 à  08:20 :

        Raccourci un peu abusif. La tendance est au réel, c’est tout. Et le réel, on le trouve à sa portée, en bas de chez soi, dans son entourage, dans sa vie, chez les vignerons ou dans des zones à risques. Idem pour le cinéma français. Parfois, c’est un peu lourd je trouve, mais c’est une tendance actuelle très forte et Maus n’a rien à voir là-dedans (même si Spiegelman a eu quelques années d’avance sur cette mode).

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  • Le Fils du Yéti - Par Didier Tronchet - Casterman
    6 avril 2014 13:34, par Sergio Salma

    Très très beau livre. Un récit vibrant. Magnifique de justesse.

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