Le Grand Duc T.1 : Les sorcières de la nuit - Par Yann et Romain Hugault - Paquet

30 octobre 2008 3 commentaires
  • Là-haut dans le ciel avec sa merveilleuse machine de guerre, Wulf est à la fois en guerre contre les Soviétiques, contre son État-Major et contre son propre défaitisme. Il y a-t-il encore un esprit chevaleresque dans les joutes aéronautiques ?

1943, L’armée d’Hitler est toujours embourbée dans le siège de Stalingrad, alors que l’Allemagne se fait bombarder par la R.A.F. Les fanatiques croient encore la victoire possible sur les Rouges. Patriotisme et idéologie arrivent-ils toujours à aveugler les soldats ? L’accueil des nouveaux pilotes par Wulf, célèbre as de l’aviation allemande, se fait mordante, brutale et sans illusions. Wulf a pas mal de victoires à son actif, mais aussi beaucoup d’ennemis au sein de son propre camp. Et pour cause, c’est un soldat de la vieille époque, qui plus est en opposition avec l’autorité d’Hitler. C’est un antinazi qui est allé jusqu’à faire effacer l’insigne nazi de son avion, sous prétexte que ce symbole politique n’a rien à faire sur une arme qui ne doit avoir que des armoiries militaires.

Inutile de dire que malgré le poids des traditions de l’armée allemande, Berlin voit ce personnage d’un très mauvais œil, comme un opposant de l’intérieur mais c’est un officier efficace et trop connu pour être saqué, un franc-tireur qui continuera à combattre les Rouges plutôt que l’état-major Nazi.

Alors qui sont ces fameuses "sorcières de la nuit" ? Des femmes aviatrices, qui vont au combat avec de simples biplans d’observation, et qui, malgré tout, arrivent à faire du dégât chez les Allemands. Difficilement concevable, mais elles restent malgré tout très peu considérées par les vrais aviateurs militaires, milieu macho et hautain. Oui, forcément, même en Union Soviétique, le milieu de l’aviation militaire n’en a que faire des valeurs prolétaires et de “guenons” aux manettes.

Wulf les respecte pour ça, mais aussi parce qu’elles sont des êtres humains comme les autres. Pour lui, pas question de voir une inégalité entre les races, la seule mesure qui se vaut dans les combats, c’est le courage et la survie.

Graphiquement c’est très très beau, léché, documenté. Il y a très peu à redire.

Yann dépeint une armée qui est sur le déclin, les rivalités internes, les jeunes bleus fanatisés pressés d’en découdre et les vieux briscards qui ne se font plus d’illusions sur l’issue de cette boucherie.

Dans ces grandes étendues enneigées, Hugault met en valeur les hommes et les engins. Son dessin est d’une précision impressionnante. Les admirables coucous sont hérissés d’antennes, parfois ornés de peintures personnelles et impeccables briqués. Quand aux hommes et aux femmes, leurs expressions sont limpides. Ce sont des héros, qui domptent des machines d’enfer, et qui font oublier qu’au sol, la guerre n’est pas un ballet, mais un vrai massacre.

(par Xavier Mouton-Dubosc)

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