« Le Grand Méchant Renard » : dans un même mouvement, de la bande dessinée au dessin animé

  • Si bande dessinée et animation semblent présenter des points communs aux yeux du grand public, des différences les séparent, maîtrisées par le dessinateur et réalisateur Benjamin Renner, multiprimé, notamment à Angoulême et précisément issu de l'animation.

Le samedi 25 mars 2017, à Livre Paris, Benjamin Renner, alias Reineke, est venu y parler de l’adaptation de ses bandes dessinées à l’écran : Un Bébé à livrer (Vraoum !, 2011) et Le Grand Méchant Renard (collection Shampooing de Delcourt, 2015), Fauve d’Angoulême 2016 Prix Jeunesse. Elles constituent la matière première d’une série d’animation de trois fois 26 minutes intitulée Grand Méchant Renard et autres contes, diffusée dans un premier temps sur Canal + en 2017.

La simplicité efficace du propos emporte l’adhésion de petits et grands : un renard piètre prédateur vole des œufs dans un poulailler et élève trois poussins, dans l’intention de les croquer ensuite. Mais, contrairement à ce qui opère chez un loup de son entourage, l’instinct qui finira par le dominer devient… maternel !

« Le Grand Méchant Renard » : dans un même mouvement, de la bande dessinée au dessin animé
Benjamin Renner (sur la gauche), le producteur Didier Brunner (sur la droite)

Durant son intervention, Benjamin Renner était accompagné, notamment, de son producteur Didier Brunner, à l’initiative de nombreux bijoux de l’animation. Parmi eux, citons la série des Kirikou de Michel Ocelot, Brendan et le secret de Kells de Tomm Moore ou Ernest et Célestine de Stéphane Aubier et Vincent Patar, avec lesquels Benjamin Renner a d’ailleurs collaboré en tant que coréalisateur.

Benjamin Renner s’est rendu immédiatement compréhensible du public de tous âges venu l’écouter en se concentrant sur les difficultés de transposition rencontrées à titre personnel en passant de la bande dessinée au dessin animé.

De la bande dessinée...

Ainsi, il a expliqué par exemple que son penchant naturel l’incite à peu développer les décors quand il dessine, et combien il doit cependant s’y employer davantage en animation.

Dans le domaine de la narration, la psychologie au départ peu poussée des trois poussins lui a posé problème. Pour le cinéma, il fut obligé de leur donner plus d’épaisseur en ce domaine, de choisir d’en faire deux garçons et une fille, de les doter chacun de voix différentes, etc.

...à la nécessité de devoir plus détailler et développer les séquences dans le cadre de l’animation...

À la fin, contrairement à une célèbre fable, les plus jeunes membres de l’auditoire de l’auteur du Grand Méchant Renard ne furent pas récompensés par l’obtention d’un fromage pour leur persévérance attentive. En revanche, ils furent gratifiés de dessins dédicacés, qu’ils ne manquèrent pas de lui demander…

(par Florian Rubis)

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En logo de cette article : couverture de l’album / © Benjamin Renner & Delcourt

Les photos : © 2017 Florian Rubis

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