Le Marché de la BD en 2011 (1/2) : Cette crise qui vient...

26 décembre 2011 25 commentaires
  • La bande dessinée est-elle en crise? La question revient, depuis des années. Une crise, pourtant, se traduit par des fermetures de librairies et de maisons d'édition, des gens mis au chômage... Or, depuis 16 ans, le marché de la BD en France se caractérise par des créations de point de vente, une multiplication de nouveaux éditeurs et, partant, une "surproduction" en ce qui concerne le nombre de titres publiés. Jusqu'à présent. La chose est-elle en train de muter? Analyse.

À première vue, le marché montre des premiers signes de trouble : certaines librairies spécialisées historiques ferment ou réduisent leur voilure, à Paris comme en province, comme par exemple Le Boulevard des Bulles à Paris ou Forbidden Zone à Bruxelles.

Mais si cette première ferme en conclusion du long déclin d’une famille qui avait créé les librairies Album dans les années 1980 (avant de les revendre à leurs actuels propriétaires) et qui avait un à un délaissé ses points de vente, le cas de Forbidden Zone est un peu différent : cette grande librairie bruxelloise connue pour ses mezzanines regorgeant de trésors : sérigraphies, planches, comics... vient de décider de fermer sa section "nouveautés" pour ne plus se consacrer qu’à l’occasion. "Après avoir travaillé pendant plusieurs décennies sans prendre de vacances, nous dit Cédric, nous avons décidé de souffler un peu et d’arrêter le neuf." Dans un cas comme dans l’autre, ce sont des opérateurs présents sur le marché depuis longtemps. Qu’ils passent la main est presque dans le cours des choses.

Le Marché de la BD en 2011 (1/2) : Cette crise qui vient...
Face à la surabondance de l’offre et au malaise économique ambiant, la consommation se réfugie dans les valeurs classiques

Un effet de la "longue traîne" ?

Ces deux exemples montrent que la situation sur le terrain n’est pas si simple et que ce sont surtout les anciens modes opératoires qui prennent du plomb dans l’aile : si un groupe de librairies comme Album a été amené ces dernières années à réduire ses points de vente à cause d’une séparation entre associés qui a amené à réaffecter certaines de ses boutiques à une activité de décoration, d’autres enseignes augmentent le nombre de leurs librairies, comme la FNAC ou la librairie Brüsel à Bruxelles ouvrant cette année un nouveau point de vente à la Place Flagey pour répondre à la crise.

Car crise, il y a ? Oui, mais si la BD en particulier semble résister aux mutations profondes du marché (cf Le Rapport Ratier 2011 sur ActuaBD), le métier du livre dans son ensemble continue de vivre un malaise persistant. L’Internet a bouleversé la donne et les librairies en ligne comme Amazon ou Fnac.com grignotent chaque année davantage des parts de marché principalement grâce aux effets de la "Longue traîne" qui favorisent la vente d’un grand nombre de produits en petites quantités.

Cette "Longue traîne" est rendue possible par l’évolution technologique de l’impression qui, grâce au numérique, permet de publier à un plus bas coût qu’auparavant des tirages de plus en plus réduits, quand il ne s’agit pas, dans certains cas comme dans celui d’Ego comme X, d’une production à la demande. C’est ce qui explique que le domaine de la BD, secteur jadis réservé à une poignée d’opérateurs, occupe de plus en plus d’éditeurs (plus de 300 dans l’univers francophone, selon Gilles Ratier).

L’étendue de la segmentation des publics est un autre facteur expliquant la "surproduction" : chaque communauté pouvant recevoir une production éditoriale dédiée, de la BD religieuse militante au blog "Girly", en passant par "les BD de métier" ou encore les BD sur le vin ou sur la cuisine, ce phénomène également possible en raison de l’abaissement du point d’amortissement du livre.

Les nouvelles méthodes de commercialisation du livre troublent le marché

Nous voyons évoluer la librairie vers un clivage plus prononcé qu’avant entre les best-sellers dédiés aux points de vente de grande consommation (grande distribution, grandes enseignes de librairie...) et les titres réservés à des publics plus ciblés qui prospèrent sur Internet ou dans les librairies spécialisées avec l’obligation pour celles-ci d’être plus dynamiques et plus réactives qu’avant, en s’appuyant notamment sur une bonne maîtrise de leur relation clientèle (notamment au travers des réseaux sociaux) et sur des animations (dédicaces, produits "plus"...) plus performantes.

Avec des possibilités de "hoquets" comme lorsque la grande distribution se trouve perturbée par les problèmes structurels du groupe Auchan affecté par la mondialisation ou le réseau FNAC déstabilisé par des rumeurs de vente imminente ; ce sont autant de facteurs qui ont un impact conséquent sur un marché relativement petit (et donc fragile) comme celui de la bande dessinée.

À cela s’ajoutent des facteurs macro-économiques comme l’augmentation de la TVA sur le livre annoncée dans le plan de rigueur du gouvernement Sarkozy-Fillon qui passera de 5,5% à 7% en 2012. Le candidat François Hollande s’en offusque : "On taxe le homard à 5,5% et le livre à 7% !" (Le Monde, 23 déc. 2011) et de promettre d’en rétablir le taux à 5,5% une fois élu...

En réalité, il serait temps qu’il y ait une harmonisation européenne de la TVA sur le livre car elle est de 4% en Italie et en Espagne, de 6% en Belgique, de 7% en Allemagne et de... 25% au Danemark !

2011 : "Année Tintin"

Si l’on regarde les chiffres du marché tels que nous les rend GfK, on constate que le marasme ambiant favorise les produits classiques. Les libraires, comme le public, sont impressionnés par la crise financière et économique ambiante et, confrontés à une offre surabondante, ont tendance à se réfugier dans les valeurs sûres.

Ainsi, la sortie du film de Spielberg & Jackson a-t-elle relancé complètement les ventes de Tintin, une bande dessinée typiquement inter-générationnelle, dans l’Hexagone. Idem, dans une bien moindre mesure, pour Les Schtroumpfs. Elles rejoignent en tête de gondole les indéboulonnables Astérix, Titeuf, Dragon Ball, Naruto ou One Piece.

Le film de Spielberg & Jackson a complètement relancé Tintin en 2011

Derrière elles, une longue cohorte de classiques : XIII, Thorgal, Lucky Luke (Kid Lucky), Boule & Bill, Gasto(o)n, Spirou, Lanfeust, Blacksad, Joe Bar Team, Les Blagues de Toto, Les Nombrils, Lou, Cédric, Les Tuniques bleues, Kid Paddle...

On remarquera aussi des séries très présentes à la TV comme Les Simpsons chez Jungle, dont certains volumes dépassent allègrement les 200.000 exemplaires vendus au titre !, Garfield chez Dargaud ou encore Walking Dead chez Delcourt.

Pas de baisse de forme non plus pour les classiques ultra-ciblés chez Bamboo comme Les Rugbymen ou Les Sisters... Bref, grâce à cette grosse cavalerie commerciale, le rayon de bande dessinée tient le choc face au marasme de la librairie.

Derrière, quelques titres d’auteurs tiennent la route, comme Quai d’Orsay de Blain & Lanzac, Les Légendaires de Patrick Sobral, Magasin Général de Loisel & Tripp, La Planète des sages de Jul, Polina de Bastien Vivès, Jérusalem de Delisle ou Les Ignorants d’Étienne Davodeau...

Coup de blues pour les indépendants

Mais ceux pour qui la situation est particulièrement meurtrière, ce sont les éditeurs dits "indépendants", en raison du mécanisme décrit plus haut : ils sont relégués aux seules librairies lesquelles doivent avancer de la trésorerie aux éditeurs et ne peuvent plus le faire devant le nombre croissant de nouveautés. Les "petits" éditeurs génèrent des plus gros retours et, comme ces retours sont payants pour le libraire, ou comme leurs ventes s’opèrent en compte ferme, la sélection se fait plus drastique pour ces petits labels.

Évidemment, des maisons comme Cornélius ou L’Association ne sont pas directement menacées : la première bétonnant son catalogue avec des reprints de classiques de Crumb ; la seconde s’appuyant sur un fond prestigieux comme Poulet aux prunes de Marjane Satrapi qui a connu une adaptation au cinéma en 2011, ou encore cette superbe intégrale de L’Ascension du Haut Mal de David B sortie pour les fêtes.

Pour les autres, c’est souvent la galère. "Avec un recul entre 30 et 50% des ventes" nous dit un distributeur. Une situation qui confirme le "Blues des indépendants" annoncé avec la fermeture du Comptoir des Indépendants en décembre 2010.

Les grands éditeurs tirent les conclusions de ce marché tendu. Beaucoup d’entre eux réduisent la voilure et augmentent leur implication dans les lancements de leurs titres les plus commerciaux pour mieux conforter leur marge. C’est le cas pour Gallimard (dans l’attente du film Aya de Youpougon) qui décline sagement Le Petit Prince de Sfar en Folio, de Futuropolis, ou de Denoël Graphic qui peaufinent la pertinence de leurs titres.

Les BD adaptées pour la TV ("Les Simpson" ou "Walking Death") ou le cinéma (comme "Tintin") ont dopé le marché en 2011

Soleil passe sous la bannière de Delcourt en 2011

Le coup le plus marquant de l’année est sans aucun doute la prise de contrôle des éditions Soleil par Delcourt. Là encore, on ne peut pas affirmer que ce soit le marché seul qui l’ait imposé : c’est plutôt l’implication bien connue du créateur de Soleil, Mourad Boudjellal, dans le club de Rugby de Toulon qui est à l’origine de ce lâchage. De la BD au rugby, Boudjellal réalise ses rêves de gosse.

Quoiqu’il en soit, après l’acquisition de Tonkam et celle de Soleil, l’éditeur de la rue de Hauteville se hisse dans la cour des grands. Au passage, il prend totalement le contrôle de la diffusion DelSol, l’une des plus performantes de France.

Tout cela ne décrit pas un marché de la BD en ruine, au contraire, jamais l’offre n’a été aussi abondante et de qualité, et dans la crise économique qui vient, il est acquis que la BD devrait bien se comporter : elle a toujours prospéré en temps de crise (les grands héros de la BD américaine : Popeye, Tarzan, Flash Gordon, Superman... sont nés de la crise économique de 1929).

Plus pragmatiquement, les Français reporteront plutôt l’achat d’une voiture ou d’un machine à laver qu’un album à 12 euros. Tintin nous a sauvé la mise cette année. Comme l’année prochaine sera celle d’un nouvel Astérix, d’un nouveau Lucky Luke, d’un nouveau Blake et Mortimer,... cela ne devrait pas trop mal se passer, avant l’apocalypse qui nous est promise par les Mayas et par Jean-Christophe Menu qui lance fin 2012 son label après son départ de L’Association cette année.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Photos : D. Pasamonik (L’Agence BD)

 
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25 Messages :
  • "ils sont relégués aux seules librairies lesquelles doivent avancer de la trésorerie aux éditeurs"
    ça ne veut rien dire !?!
    1) relégués aux seules librairies lesquelles ?!?
    aux seules librairies qui doivent ...
    2) TOUTES les librairies avancent de la trésorerie ET au difusseur et non à l’éditeur (sauf ceux qui se diffusent eux mêmes mais ils sont rares et ça ne va pas loin, déjà qu’avec un diffuseur ... ils ne font pas le point face à Delsol et cie)

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    • Répondu le 26 décembre 2011 à  10:43 :

      ERRATUM : je voulais dire : le poids (pas le point)

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  • Ce que l’article omet :
    - Les titres commerciaux ont vu un net recul de leurs ventes
    - Vendre 5000 exemplaires est considéré comme un best seller aujourd’hui
    - Les indépendants ne proposent plus du tout une offre alternative : leur principale contestation était sur le 46p couleur (c’est fait), le style (c’est fait : tout le monde publie n’importe quel style), le format (c’est fait). Leur avenir : bien morose. En surproduction, difficile de trouver des auteurs pertinents qui ne soient pas récupérés par casterman, delcourt etc. L’association et cornélius sont hélas destinés à décliner s’ils ne changent pas totalement leur façon de penser la bd. Grosse épine dans le pied de l’association : shampooing. Shampooing ronge l’association. Ironie du sort.
    - L’apocalypse de menu ne donnera rien s’il continue à détester tout dessin qui n’entre pas dans sa catégorie du "bien" : le fanzineux ringard. dommage pour lui. et puis il faut attirer les auteurs, les marginaux, les nouveaux, sans leur chier dessus. Mais attendons avant de juger.

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    • Répondu le 28 décembre 2011 à  16:10 :

      Il faut arrêter un jour avec ce terme d’ "indépendants". Delcourt, Paquet (...) sont indépendants. Préférez éditeurs alternatifs (une alternative aux gros éditeurs, certes plus dans la taille de la stucture que dans la forme car désormais, effectivement, tout le monde faite de tout et sous tous les formats)

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  • ce phénomène également possible en raison de l’abaissement du point d’amortissement du livre.

    Pour l’éditeur du moins, l’éditeur amortit très vite son livre, alors que l’auteur ne rentre pas dans son investisement /travail si le livre vend peu. Les avances sur droits ne permettent pas de vivre, faire vivre sa famille, payer les factures etc... mais il y a un investissement sur l’avenir, on espère que le livre se vendra normalement (10 000, 15000 ou 20 000 exemplaires, voire plus, soyons fous)et donnera les droits d’auteurs qui paieront le travail fourni. Mais comme l’éditeur se rembourse des frais d’impression et de l’avance sur droits versé à l’auteur à partir de 3000 exemplaires, il s’en fout si l’album ne vend pas plus, alors que l’auteur non, il crêve la faim, sa femme le regarde de travers, ses enfants le prennent pour un looser, il s’est donné un an sur un album qu’il a fignolé et à la fin il passe pour un con auprès de tout le monde... bonne année !

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    • Répondu le 26 décembre 2011 à  15:59 :

      NON, l’éditeur n’amortit pas très vite son livre.
      La plupart du temps, il édite à perte pour éditer de jeunes auteurs prétentieux qui, pour le remercier, lui caguent dans la main.

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      • Répondu par Hector le 26 décembre 2011 à  16:16 :

        Voilà un point de vue équilibré et objectif.

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      • Répondu par Raymond D le 26 décembre 2011 à  17:52 :

        NON, l’éditeur n’amortit pas très vite son livre.

        Vous ne semblez pas très au courant de l’économie du livre, renseignez-vous avant de vouloir donner des leçons. Pourqoui les éditeurs sortent autant de livres ? Parce que qu’ils ne perdent pas d’argent en en vendant que 800 ou 900.

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        • Répondu le 26 décembre 2011 à  21:01 :

          C’est vous qui n’êtes pas au courant. J’édite des livres et je rejoins l’avis ci dessus. Une BD 48CC à 13,50 € soit 12,79 HT (et encore ... je suis gentil car la TVA est encore à 5,5 % ... pas pour longtemps). 60 % au diffuseur/distributeur (dont 30 à 40 % au libraire), 10 % aux auteurs. Il reste donc à l’éditeur 3,83 € par album VENDU. A bas tirage (1500 exemplaires, graaaaAAAnd minimum), il faut compter 2,4 € et encore ... en éditant à l’est des pays de l’est => 3600 € en tirant un max les prix et en faisant un amalgame (tirages simultanés).
          Il faut donc 940 albums vendus (un best seller, de nos jours ... beaucoup plus que ce qu’un diffuseur moyen ne peut même envoyer en librairie) pour rembourser JUSTE les frais d’impression (juste ça) et ne payer aux auteurs QUE les droits sur ce qu’il a vendu (Les avances sur droits, ça vous parle ?). Mais si vous avez une recette miracle, moi-même et tous les éditeurs qui ont coulés ces derniers temps ou qui ne vont pas tarder à mettre la clef sous la porte (on les connaît), vont vos baiser les pieds. NOËL ! NOËL ! Vous êtes un miracle ! mille et mille merci !

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          • Répondu par Auteur écoeuré. le 27 décembre 2011 à  00:11 :

            Je ne crois pas que Raymond dise le contraire en disant "qu’ils ne perdent pas d’argent en en vendant que 800 ou 900", vous vous dîtes 940, et vous vous basez sur du
            48CC, qui n’est plus le format le plus usuel, et vous dîtes 10% à l’auteur, mais ça c’est au dessus de 10000 ou 15 000 ventes, car sinon c’est 8% (et seulement 6% dans l’édition jeunesse) et les avances sur droits quand il y en a encore, c’est plus souvent un forfait de 1000€ mais toujours moins de 5000€, elles sont bien loin les avances sur droits de 20 000€ qui permettaient de vivre de son travail (merci les indépendants comme l’Association qui ont mis fin à ça, beau boulot contre les auteurs, vous pouvez rejoindre le Medef le front haut).

            Si vous pensez que 940 albums vendus c’est un best seller, vous avez une bien piètre opinion des auteurs que vous dîtes éditer (mais est-ce bien vrai cette assertion ?)et je n’aimerai pas n’avoir que ce que vous devez leur octroyer comme avances sur droits pour vivre (1000€ le livre j’imagine, et encore vous leur faites une fleur).

            Si vous êtes incapable de vendre plus de 1000 exemplaires d’un livre, c’est que c’est un mauvais livre ou que vous êtes un mauvais éditeur, dans les deux cas, changez de métier car vous le faites mal.

            Un éditeur n’a pas besoin de vendre autant de livres qu’un auteur pour rentrer dans ses frais, il y a donc deux logiques différentes. Rares sont de nos jours les auteurs qui reçoivent des droits d’auteurs en plus de l’avance sur droits (même quand cette avance n’est que de 1000€).

            Cette situation catastrophique pour les auteurs vient de l’arrivée depuis une dizaine d’années des amateurs, des gens qui ont un métier et qui pratiquent la bd en dilletante. Pour eux une avance c’est un plus, ils n’en ont pas besoin pour vivre, certains se contentent même du plaisir d’être publié. Certains éditeurs ont même l’impression de faire un cadeau à ses amateurs en publiant leur blog dont le travail est déjà fait. Mais être scénariste et dessinateur de bandes dessinée est un véritable métier, à plein temps et même plus. Mettre les amateurs et les professionnels dans le même panier c’est niveler par le bas, les éditeurs (et pas que les petits éditeurs, amateurs aussi souvent publiant tout et n’importe quoi) n’ont même plus honte de proposer des contrats léonins aux avances honteuses à des professionnels dans le métier depuis parfois des dizaines d’années ; ils veulent bénéficier de leur image (dans tous les sens du terme) sans y mettre le prix, c’est lamentable.

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            • Répondu le 27 décembre 2011 à  10:22 :

              Je peux vous citer des centaines d’auteurs chez de grands éditeurs (DELCOURT, SOLEIL etc) qui vendent moins de 800 albums. Je peux vous citer des séries de ces mêmes éditeurs qui ont 5, 6, 7 tomes et plus et qui sont arrêtées car les ventes sont entre 800 et 2000 albums grand maximum par titre. Alors ne dites pas qu’un éditeur qui vend moins de 1000 albums est un mauvais éditeur (car en ce domaine, TOUS sont mauvais même les plus grands). Et que dire des petits éditeurs qui ont un petit diffuseur, qui arrivent à peine sur le marché saturé et qui survivent tant bien que mal ? Ils sont archi archi archi mauvais !
              Ils devraient être roués en place publique, d’après vous. Sachez que Delcourt et Soleil et Glénat (etc) ont été des petits éditeurs à leur débuts. Simplement, maintenant, des dizaines de milliers d’albums sont sur le marché depusi ces années fleuries et il sort 15 à 20 albums PAR JOUR et ces grands éditeurs vivent de quelques blockbusters qu’ils ont pu faire à temps et de produits dérivés (sauf ANKAMA qui vit de jeux vidéo et produits dérivés et fait de la BD ... en plus). Un petit éditeur, à moins d’un "NaheulBEURK", ne peut plus se trouver une poule aux oeufs d’or. Quand ce monsieur dit ironiquement (il ne faut pas tout prendre au premier degré), ) que 940 albums vendus, c’est un best seller c’est malheureusement la triste réalité.
              Les chiffres de ventes sont accessibles par tous alors regardez-les ! Il faut enlever ses oeillères et vivre dans le monde réel.

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              • Répondu par Emmanuel le 27 décembre 2011 à  15:13 :

                Je peux vous citer des séries de ces mêmes éditeurs qui ont 5, 6, 7 tomes et plus et qui sont arrêtées car les ventes sont entre 800 et 2000 albums grand maximum par titre.

                Avec plaisir, je veux bien que vous me citiez des séries qui ont 5, 6 ou 7 tomes alors que les ventes n’ont jamais atteint 1000 exemplaires vendus par titre, j’en suis même très curieux.

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            • Répondu le 27 décembre 2011 à  10:37 :

              Delcourt est le plus grand éditeur de BLOGS et certains sortent du lot (Boulet principalemnt).
              Un mauvais album ? C’est quoi ? Vous avez une boule de cristal ? Sachez que BLACKSAD, TITEUF, SKYDOLL ont été jugés "mauvais albums" par toute la profession (moins un éditeur qui les a publiés). DUCOBU, LES BLONDES, LES BLAGUES DE TOTO, NAHEULBEUK ... sont régulièrement raillés par auteurs et lecteurs ... en attendant, ce sont ces titres qui permettent à d’autres d’exister et à d’autres auteurs d’avoir des avances sur droits. Du plus, un album qui vend peu n’est pas forcement un mauvais album. Le film "les tontons flingueurs", malgré un casting de rêve, a fait un bide, au cinéma. Il se vend peu de Alberto Breccia, peu de Toppi, peu de Dino Battaglia ... et pourtant ... que c’est BEAU ! Van Gogh ne vendait rien non plus. ALors avant de dire MAUVAIS album ou mauvais éditeur ... il faut réfléchir un peu. De plus, si votre album est mal diffusé, si vous n’avez pas les médias bobo ou sous tutelle dans la poche, hé bien ... votre livre ... PERSONNE ne le voit et personne ne sait qu’il existe. C’est ça être mauvais ? Donc tous les artisans/PME/PMI sont mauvais et seuls les grands groupes sont bons. BRAVO ! Belle mentalité.

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              • Répondu le 27 décembre 2011 à  13:28 :

                D’ailleurs, quand VERTIGE GRAPHIC publiait Battaglia, c’était dse tirages affichés de 1000 exemplaires (cf les albums). Et on les trouve facilement sur le marché donc les ventes ont dû être assez faibles malgré la qualité des auteurs et des albums (reliure, papier ...). Sûrement idem pour RACKAM et ses Breccia. Des mauvais éditeurs et albums comme ça, j’en redemande !

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              • Répondu le 27 décembre 2011 à  13:57 :

                500 exemplaires ?
                Vous vous doutez bien qu’avec 5300 albums publiés en 2011, il y a au moins 2000 albums, si ce n’est plus, sous la barre des 500 exemplaires. Les éditeurs le font sciemment.

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      • Répondu par Klaus le 27 décembre 2011 à  11:50 :

        L’éditeur est donc un saint homme et non un de ces requins si bien croqués par Maester dans l’opus du Snac pour décrypter un contrat, on nous aurait menti ?

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        • Répondu le 27 décembre 2011 à  13:53 :

          Ne soyez pas, comme Maester dans ses dessins, bêtement manichéen. Un éditeur est un homme qui a ses qualités et défauts et qui a ses contraintes. Parfois gentil, parfois méchant, bon gestionnaire (ou pas), bon visionnaire (ou pas), ... Idem, chez les grands groupes, chez les directeurs de collection, idem chez les diffuseurs, idem chez les distributeusr, idem chez les libraires, idem chez les imprimeurs, idem chez les livreurs, idem chez les banquiers ... Tout n’est pas blanc ou noir. Entre un petit éditeur et un grand groupe, il y a une marge. Il y a du bon et du mauvais chez chacun d’eux. Et chez les auteurs, aussi : ne croyez pas que ce soient tous des anges.
          C’est plus reposant pour l’esprit d’avoir une vision manichéenne du monde : les gentils d’un côtés et les méchants de l’autre. Mais il faut grandir un peu ...

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          • Répondu par Bastien (l’autre) le 27 décembre 2011 à  23:45 :

            Maester n’est pas subtil c’est connu, il est dans la grosse vanne qui tache, néanmoins il ne faut pas essayer de nous faire croire que les éditeurs sont de gentils philanthropes, ils cherchent à gagner le maximum d’argent en en dépensant le moins possible. Comme ce ne sont pas les imprimeurs qu’ils ne peuvent pas payer, ce sont les auteurs. Ca serait intéressant de savoir quelle est la part des albums sortis en 2011 dont l’auteur n’a rien gagné financièrement en le faisant...

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            • Répondu le 28 décembre 2011 à  16:07 :

              Ca serait intéressant de savoir quel est le pourcentage d’albums sortis en 2011 pour lesquels l’éditeur a financièrement perdu en les faisant ...

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              • Répondu le 31 décembre 2011 à  10:14 :

                on se demande ce qui se passerait si tout les Kim Jong-Il, faux gourous et flambeur de casino qui constituent la majorité éditoriale, venaient à disparaitre malheureusemen dans un accident d’avion.
                Que se passerait-il tout les dessinateurs et scénaristes se couperaient les veines, désemparés que leurs "papa" ne soient plus là pour les guider sur le chemin ?
                Ou est-ce que simplement il ne se passerait rien et que la vie continuerait...

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  • La principale crise n’est-elle pas celle des auteurs ?

    La multiplication des maisons d’édition entraîne des possibilités de publications accrues... mais à des conditions qui se dégradent !

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    • Répondu par JC le 27 décembre 2011 à  20:57 :

      Le but n’est pas d’être édité, mais de gagner sa vie avec son travail.

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  • Les Légendaires de Patrick Sobral considéré comme un "titre d’auteur", permettez-moi de sourire...

    En tous cas, les retours que j’ai d’éditeurs (à qui j’ai envoyé un projet) ont une tonalité de crise... rigueur budgétaire diminution des avances... en clair : "on prend moins de risques et on paye moins". L’année s’annonce rude pour les auteurs.

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  • Vous savez, on critique les éditeurs de BD à tire-larigot au-dessus... mais combien vivent exclusivement de l’édition de BD ? Vous aurez compris que je cible d’abord les éditeurs indépendants, moi le premier. Les Requins, on sait que non, Cornélius, 6 pieds sous terre, Ego comme X : je doute que les éditeurs roulent en Porsche...
    Et je confirme ce que dit le collègue, pour un indépendant comme moi, un livre qui dépasse les 900 ex. vendus est un best-seller (je n’en ai que deux comme ça à mon catalogue).

    Bref, dire que l’éditeur est "méchant" est tellement idiot au vu de la diversité du paysage éditorial moderne qu’il ne semble pas utile d’en rajouter.

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    • Répondu par LeLoup le 13 janvier 2012 à  11:11 :

      Je n’ai aucun partis pris, mais :

      900 exemplaires : pour l’auteur, si on est sur du 10% ça donne....1080 euros.
      Avec des frais d’avance de 1000 euros comme cela semble être pratiqué par de nombreuses maisons d’édition, on a donc un auteur de BD qui gagne...2080 euros.

      Vous enlevez charges et dépenses annexe, il faudrait donc que l’auteur (s’il est seul au scénario et au dessin !) sorte un tom tous les mois pour vivre correctement, ou un tous les deux mois pour survivre.

      Ce n’est donc pas économiquement rentable pour l’auteur, ce n’est pas rentable pour vous, et c’est donc mauvais pour le marché.

      La surproduction expliquée en 10 secondes...

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