Le Marécage - Choi Kyu-sok- Casterman

29 septembre 2006 0 commentaire
  • On retrouve dans "Le marécage" l'originalité et les aspects introspectifs de la collection Sakka, mais aussi d'Ecritures. L'album de Choi Kyu-Sok, inspiré de ses années de colocation étudiante, navigue entre chronique du quotidien et réflexions plus profondes. Emotion, humour, sentiments contrariés voisinent dans ce récit. De quoi satisfaire un large public.

Quelques mois seulement après L’amour est une protéïne, un nouvel album de Choi Kyu-sok est publié dans la collection de manhwas (bande dessinée coréenne) de Casterman, Hanguk.

Les personnages très typés du petit appartement de Séoul échangent leurs impressions sur l’avenir, les filles, le monde qui les entoure... Tout en gérant au quotidien leurs soucis très concrets : payer le loyer, réussir leurs examens, assumer leurs errances sentimentales... On parle beaucoup d’argent dans le marécage, histoire de rappeler que le monde estudiantin coréen n’est pas différent des autres.

Mais là ou cet album marque vraiment sa différence, c’est dans ce mélange très libre entre récit social, chronique intimiste et échappées fantastiques. Parmi les colocataires, un cerf vient ainsi se mêler à des êtres humains assez ordinaires. Excepté Mong-chan, qui vit carrément à l’intérieur de son ordinateur !

Le Marécage - Choi Kyu-sok- Casterman

En passant sans crier gare d’un registre à l’autre, Choi Kyu-sok s’autorise une fantaisie étonnante, évitant un sentiment de redite. La diversité de ton s’accompagne d’une brillante versatilité graphique. Choi Kyu-sok est capable de passer d’un dessin très basique, concentré sur les visages, à de subtiles vignettes pleines de détails, sans oublier les déformations typiques de la BD asiatique. Et le tout en couleurs !

Le récit est organisé en 54 histoires courtes, étalées sur 260 pages, avec en fin d’ouvrage une dizaine de pages avec photos expliquant la genèse du projet et donnant la parole aux colocataires, qu’on peut alors comparer aux personnages l’album.

Cet excellent travail éditorial vient compléter utilement la richesse de l’album.

(par David TAUGIS)

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