Le Marsupilami d’Alain Chabat : Cultissime !

26 mars 2012 19
  • En salle le 4 avril prochain, le film d'Alain Chabat pourra toujours contrarier quelques esprits chagrins, il est néanmoins fidèle à l'esprit de Franquin : Respectueux, Alain Chabat s'amuse, et le public avec lui!
Le Marsupilami d'Alain Chabat : Cultissime !
La BD du film par Batem et Colman
Ed. Marsu Productions.

La preuve, et c’est souvent comme cela lors des avant-premières de journalistes pour les films grand-public, ceux-ci viennent avec leurs enfants et les bambins étaient ravis ! Ils arboraient tous le sourire à la sortie, alors qu’ils ne connaissent ni Spirou, ou si peu, et encore moins l’œuvre de Franquin qui a servi de référence à cette adaptation.

Par la magie du cinéma et les vertus de l’outil numérique, le personnage créé en 1952 par le génial Franquin a pu s’animer dans un film live sans que cela paraisse ridicule.

C’est qu’au niveau du script, une fois de plus, Alain Chabat se montre habile : son intrigue burlesque, dont chaque dialogue produit un rire, progresse sans temps mort, perpétuant la farce potache des Nuls tout en réussissant à donner au Marsupilami, "cet animal qui n’existe pas mais qui n’existe" une véritable dimension mythique.

Ne nous laissons pas abuser par le côté pelucheux du personnage à la longue queue qui apparaît sur l’affiche, ni par le traitement, parfois écœurant, de l’animation numérique, et concentrons nous sur la vraie réussite du film : des personnages de comédie extrêmement bien typés, certes inspirés de Franquin, mais qui semblent avoir été taillés pour les acteurs qui en assument le rôle.

Fred Testot et Patrick Timsit, éclats de rire garanti !
© 2012 - Chez Wam - Pathe Productions - TF1 Films Productions - Marsu Productions.

D’Alain Chabat, journaliste bidon et bidonneur, fantasque comme un Fantasio peut l’être, à Djamel Debbouze, caricature de l’autochtone malin mais cependant attachant, à Lambert Wilson, dictateur malgré lui et grand garçon sensible, déposé par Fred Testot, savant avide de reconnaissance digne d’un Zorglub, jusqu’à Géraldine Nakache, la ravissante et intègre assistante, il n’est pas un rôle qui fasse défaut. Les animaux eux-mêmes, du perroquet au lama, et bien entendu le marsu sont parfaits.

L’Art book du film par Dugomier
Ed. Marsu Productions.

Chabat connaît l’œuvre de Franquin depuis l’âge de 10 ans. Il avait le projet de cette adaptation depuis bien longtemps. C’est en rencontrant Claude Berri avec ce projet sous le bras qu’il a obtenu de se faire confier la réalisation d’Astérix et Cléopâtre, l’un des plus gros succès du Gaulois avec 14,5 millions d’entrées. Jamel Debbouze y faisait merveille déjà dans le rôle de Numérobis. Le duo se reforme ici : grâce à lui le spectateur retombe en enfance.

On ne saurait éventer ici toutes les surprises du film, d’autant que, dans le dossier de presse, Alain Chabat demande expressément de ne pas toutes les révéler. Soulignons cependant ce gag que Chabat emprunte à Hergé où Jamel Debbouze se fait cracher dessus par un lama : "La scène qui me faisait le plus flipper de tout ce que j’avais à tourner, témoigne l’acteur, c’était celle avec le lama. Il y avait une vraie tension. Je l’entendais préparer son crachat et c’était insoutenable. C’était acide comme matière, ça pique, ça brûle le visage et ça "chmute" d’une force. Une odeur pareille ça devrait être interdit !"

Le making of du film par Hugo Cassavetti
Ed. Marsu Productions.

Mentionnons aussi un petit rôle pour Céline Dion, inoubliable, l’un des nombreux gags qui fera probablement de ce film une œuvre culte. C’est facile de faire parler les morts, mais j’en suis intimement persuadé : Franquin aurait adoré tant la farce est hénaurme ne se prenant à aucun moment au sérieux.

Chapeau bas, Monsieur Chabat !

>Marsu Productions propose bien évidemment, dès le 6 avril, trois albums qui profitent de cette fenêtre médiatique :

- L’album du film Sur la Piste du Marsupilami où les excellents Batem & Colman ont construit un récit d’après le scénario du film d’Alain Chabat & Jeremy Donner.

- Le Making of dans lequel Hugo Cassavetti raconte l’aventure du film.

-  L’ Art Book, enfin, qui propose une interview d’Alain Chabat par Dugomier.

Jamel Debbouze et le lama. Un faux air de Tintin...
© 2012 - Chez Wam - Pathe Productions - TF1 Films Productions - Marsu Productions.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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19 Messages :
  • Je fais confiance à Chabat, ça a l’air terrible. Rien que voir en live les uniformes de colonels et soldats tout droit sortis de la BD j’adore, et je regrette qu’on ait pas une vraie adaptation de Spirou et Fantasio, avec Turbotraction et tout le toutim (la Turbo existe en vrai en plus, un passionné l’a construite).

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    • Répondu le 26 mars 2012 à  08:40 :

      " et les bambins étaient ravis ! Ils arboraient tous le sourire à la sortie, alors qu’ils ne connaissent ni Spirou, ou si peu, et encore moins l’œuvre de Franquin qui a servi de référence à cette adaptation."

      La réponse est dans le début de l’article. Le Marsupilami est bien plus connu des enfants que Spirou parce qu’il existe une série de dessins animés produite par Marathon qui passe en boucle à la TV et qui a beaucoup de succès, des peluches... La notoriété du Marsupilami est bien plus importante et fédératrice que celle de Spirou. Spirou s’adresse principalement a des plus de 40 ans, des nostalgiques de Franquin, d’une époque disparue, un personnage est en perte de vitesse. Il faut se rendre à l’évidence, sortir de sa bulle.

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      • Répondu par Bertrand le 27 mars 2012 à  14:05 :

        En quoi le Marsupilami est-il fédérateur ? En quoi "l’oeuvre" du Marsupilami est-elle supérieure à celle de Spirou ?
        Trop de scénaristes (et pas des moindres) se sont cassés les dents à essayer de rendre le Marsu intéressant, à lui faire vivre des aventures.
        Autant je pourrais citer plusieurs histoires passionnantes de Spirou, autant je n’ai presque aucun souvenir des aventures du Marsupilami.

        Je vous rejoins par contre sur le symbole plus fort qu’est le Marsu, mais de là à trouver que c’est meilleur que Spirou, je m’interroge.

        Mais de la même manière, les Schtroumpfs ont eu plus de succès que Johann et Pirlouit.
        Pas que les histoires soient supérieures (j’aime autant l’un que l’autre), mais c’est plus "choupinou" un petit être bleu ou un animal jaune à pois avec une longue queue qu’un banal être humain... On serait plus dans l’a priori positif.

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        • Répondu le 28 mars 2012 à  21:12 :

          Où avez vous lu que je disais que Marsupilami était supérieur à Spirou ? Il est plus fédérateur parce que c’est un personnage d’abord destiné aux enfants qui est bien connu par eux que Spirou, à cause de la série animée à succès et des peluches.

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          • Répondu par Bertrand le 29 mars 2012 à  09:49 :

            Ah d’accord. Oui, effectivement, si c’est juste l’image qui fédère, je comprends ce que vous voulez dire.
            Cependant, à mon sens, et comme je le disais, on ne peut pas dire que les histoires du Marsupilami soient plus fédératrices que celles de Spirou.
            Quel message véhicule le Marsupilami ?

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            • Répondu par Raymond la science le 29 mars 2012 à  14:57 :

              Ah ben moi quand je lis le Marsu, je vois du saccage de la flore et la faune, de l’exploitation de l’être humain, du consumérisme, de la malbouffe, la différence abracadabrantesque entre les riches et les pauvres, de la pollution,...
              D’après vous, il s’agit de quel message ?

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  • Le Marsupilami d’Alain Chabat : Cultissime !
    26 mars 2012 08:09, par Alban Day-Sinnais

    il est néanmoins fidèle à l’esprit de Franquin

    Sans aucunement préjuger de la qualité d’un film que je n’ai pas vu, je m’insurge une nouvelle fois sur le fait que, sur l’affiche, il ne soit fait aucune mention de Franquin ni par ailleurs de Batem & Colman !!!

    Le nom d’André Franquin devrait être mis en gras et gros sur tout ce qui concerne ce film. Ce manquement est effarant.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 26 mars 2012 à  08:57 :

      Le nom de Franquin figure sur l’affiche, mais pas plus qu’Hergé pour Tintin. Je peux vous assurer que dans le dossier de presse, sur le générique du film et dans les propos de Chabat dans la promotion du film, Franquin n’est pas oublié. C’est un mauvais procès que vous lui faites.

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    • Répondu par Jolly Jumper le 26 mars 2012 à  10:13 :

      Lorsque les auteurs de bd ne participent pas directement à l’œuvre cinématographique issue de leur bd, ils sont cités en bas de l’affiche "en mention" : scenario de "" d’après la bd de "".(c’est une convention, mais par contrat il pourrait peut-être en être autrement, je ne connais pas d’exemple malheureusement).

      Morris et Goscinny apparaissent en gras sur les affiches des adaptations animées de 71 et 78 car ils sont scénaristes, dialoguistes et producteurs. Mais ce ne sont pas des films avec acteurs.
      Les stars d’un film live, ce sont les acteurs et (plus rarement) réalisateurs. Pas les scénaristes et encore moins les auteurs bd dont le scénario et issu. Il y a eu une percée de scénariste-star au début des années 90, mais cela n’a pas perduré. Je me souviens de Joe Eszterhas qu’on surnommait Mr 3 millions pour Basic Instinct. Mais même avec ce cas de figure, il n’a pas eu son nom en gras sur l’affiche.

      Voilà pourquoi "Franquin" en caractère gras sur l’affiche de ce film, ce ne sera pas pour tout de suite...

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      • Répondu le 26 mars 2012 à  18:42 :

        Les auteurs doivent être cités conformémnet à ce qui a été contracté. Ce n’est pas une convention, c’est une obligation dans les pays ou le droit d’auteur est la règle. Maintenant, pour le copyright (droit anglo-saxon), il faudrait poser la question à un spécialiste, mais il ne me semble pas que l’obligation soit la même.

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        • Répondu par Raymond la science le 29 mars 2012 à  14:49 :

          Oups !
          Il y a deux problèmes que l’on mélange, là !
          C’est le fait que l’auteur soit inscrit ? (obligation) ou la proportion (et donc la visibilité) de ladite inscription sur l’affiche ?(convention ? hasards du graphisme ?)

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          • Répondu le 30 mars 2012 à  09:45 :

            Une affiche est une publicité. Si vous voulez attirer les foules, ce n’est pas en mettant Franquin en gros que vous ferez mouche. Chabat, Debbouze, ça le fait plus, non ? Question de bon sens. Franquin en petit, c’est juste puisque c’est une adaptation. Franquin n’est pas oublié par Chabat, puisqu’il en parle dans les interviews.

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  • Moi je trouve que le marsupilami ressemble à un chat.

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  • Bizarre cet album du film dont Batem et Colman ont chacun alternativement dessiné deux pages. Leurs styles ne se marient pas et ça donne une sensation étrange, surtout que le marsu est toujours dessiné pareil lui.

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  • Le Marsupilami d’Alain Chabat : Cultissime !
    29 mars 2012 14:53, par francois d

    Le Marsupilami d’Alain Chabat : Cultissime !
    ... inoubliable, l’un des nombreux gags qui fera probablement de ce film une œuvre culte.

    Un film-culte est en général une oeuvre n’ayant pas eu beaucoup de succès à sa sortie mais qui regroupe un nombre d’amateurs qui vont le vénérer, film d’initiés qui aura son petit succès d’estime. Cela pourrait également être un film à thème (ou non) qui sera le porte-drapeau de toute une génération.
    J’ai des doutes que ce film devienne culte - et ne sera d’ailleurs jamais "cultissime" qui, sauf erreur de ma part, est un mot ne figurant pas au dictionnaire.

    fd

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    • Répondu par LC le 30 mars 2012 à  01:12 :

      Un film-culte est en général une oeuvre n’ayant pas eu beaucoup de succès à sa sortie

      Pas vraiment, mais aujourd’hui on utilise le mot culte pour n’importe quoi. Un film culte serait un film à qui un certain nombre de personne voueraient un culte, une cérémonie rituelle. A ce titre il n’y a que le Rocky Horror picture show qui est un film culte. Par ailleurs Star Wars rélève également du film culte, bien que les films dès le premier aient eu un énorme succès.

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      • Répondu par Tom le 4 avril 2012 à  12:12 :

        On pourrait considérer d’autres films cultes quand même, Le Grand Bleu par exemple est aujourd’hui un peu oublié mais a eu un impact considérable sur une génération. Je pense que La Boum ou Le Père Noël est une ordure / La cité de la peur (sources d’innombrables expressions populaires) peuvent être qualifiés de films cultes, mais ça se discute.
        Ce qui me paraît évident en tout cas dans cet idée de "culte" c’est que ça ne peut se voir qu’a posteriori. Ce n’est pas à la sortie d’un film qu’on peut dire s’il est "culte" ou pas, c’est plusieurs années après.

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    • Répondu le 30 mars 2012 à  01:47 :

      Cher fd, d’après le petit Robert : "-ISSIME. Suffixe ( du latin -issimus, repris à l’italien -issimo) servant à former des adjectifs à valeur superlative ( ex. ; rarissime, richissime, sérénissime). Donc, cultissime.

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