Le Pacte des yôkai - Par Yuki Midorikawa - Delcourt Akata

20 septembre 2008 0
  • Un jeune collégien, pouvant voir et communiquer avec les nombreux esprits et démons du folklore nippon, tente de leur rendre leurs noms volés par sa grand-mère. Une intéressante et didactique plongée dans les coutumes du pays du Soleil levant.

Orphelin et adolescent solitaire, depuis son plus jeune âge, Natsume voit des yôkai, des êtres surnaturels japonais tels que des esprits, kamis, démons, fantômes, etc. En réalité, il a hérité du don de sa grand-mère qui s’en servit pour emprisonner leurs noms dans un carnet. Celui-ci lui permet de commander aux êtres surnaturels et même d’avoir droit de vie et de mort sur eux Il suscite par conséquent la convoitise d’esprits puissants le traquant sans relâche pour tenter de s’en accaparer.

Pourtant, Nastume, épris de compassion pour ces esprits qui viennent lui mendier leur nom, décide de procéder à une série de rites afin de le leur restituer. Entre les yôkai furieux de ce gaspillage et ceux qui viennent le solliciter, Natsume vit des journées de collégien bien peu ordinaires.

Le Pacte des yôkai - Par Yuki Midorikawa - Delcourt Akata

Si le lecteur occidental ne connaît les yôkai que grâce à certains films (le voyage de Chihiro, Princesse Mononoke) ou mangas (par exemple, les œuvres de Mizuki), ils sont pourtant très présents dans la mythologie et le folklore nippons. On peut donc saluer la démarche instructive de Yuki Midorikawa qui présente ces coutumes japonaises sous un jour nouveau. En rencontrant ces divers kamis, démons et esprits, on pourra découvrir certains rites et particularités, tels l’épreuve de courage, les dévotions au sanctuaire, les villages inondés, etc.

Particularité intéressante, chaque volume est divisé en chapitres d’une cinquantaine de pages pouvant être lus indépendamment. Si le premier récit présente la genèse thématique et insiste sur les personnages principaux, chacun des suivants rappelle ce cadre général avant d’entamer l’aventure proprement dite. Ces petites histoires étant assez denses, on peut donc à loisir interrompre sa lecture entre deux chapitres pour la reprendre quelques jours plus tard, sans que le thème ou la trame ne perdent de leur intérêt.

Pour les lecteurs qui souhaitent mieux connaître le shintoïsme, ainsi que les coutumes et le folklore nippon, le pacte des yôkai se révèle une vraie mine d’informations. Le premier volume reprend un appendice expliquant l’origine, l’influence, la croissance et le déclin de ces croyances, ainsi que les liens avec les autres religions ; tous les livres regroupent également les objectifs de l’auteur pour présenter tel kami, ou tel fantôme, tout en apportant des commentaires passionnants sur le quotidien nippon, permettant des mieux appréhender leurs coutumes.

Seul bémol, les étapes de fabrication du manga qui apparaissent en plein milieu des chapitres, interrompant la lecture.

Malgré un dessin parfois légèrement confus évoquant les combats ’difficiles’, l’auteur utilise au mieux les ressources du manga en centrant le cadrage sur le jeune héros, ce qui permet de mieux comprendre les tourments de ce jeune collégien réservé. Un incontournable pour les amateurs des coutumes nippones, les autres préfèreront un shōnen plus classique.

(par Charles-Louis Detournay)

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