Le Parquet de Bruxelles sur les dents à cause de Largo Winch

10 juin 1997 0 commentaire
  • "Simon n'a plus que six jours à vivre! La presse doit en parler. Quelques lignes pourraient sauver sa vie. C'est une question de vie ou de mort".

Ce fax, envoyé de Birmanie, parvient à une journaliste d’un quotidien belge, un beau jour du mois de mai. Son fils, justement, s’appelle Simon. Qui lui en veut ? Un extrémiste ? Un fou ? Et pourquoi ?

On comprend l’inquiétude de notre collègue, qui prévient rapidement la police et la gendarmerie. Un juge d’instruction est nommé et l’enquête commence. Le n° de fax en Birmanie mène sur une fausse piste : le numéro est faux. La société expéditrice, "Burma Rangoon", aussi.
Le lendemain, son inquiétude se transforme en panique lorsqu’un deuxième fax, encore plus dramatique, lui parvient, annonçant que Simon est vraiment perdu puisqu’il n’y a pas eu de réponse au premier message.
Un troisième fax, quelques jours plus tard, lève le suspense : Simon est sauvé parce que "l’heure du Tigre a sonné. Enfin !".

Ces mystérieux envois provenaient en fait des éditions  Le Parquet de Bruxelles sur les dents à cause de Largo Winch
Dupuis, qui lançaient par un "teasing" particulièrement mystérieux le nouvel album de Largo Winch, dont le copain Simon Ovronnaz se trouvait en bien mauvaise posture dans la Forteresse de Makiling. Ces messages avaient été envoyés à tous les chroniqueurs de bande dessinée, sans se douter que l’un d’entre eux le prendrait au premier degré. Les responsables de l’opération ont présenté leurs excuses à l’infortunée journaliste.

On comprend mal l’acharnement du Parquet de Bruxelles — qui parle "d’affaire pénible et délicate" — contre les "coupables" involontaires qui se sont retrouvés en prison pour ce qui n’est finalement qu’une grosse gaffe. Pour rappel, c’est ce Parquet dont la "Commission Dutroux" avait sérieusement mis en cause les compétences dans le cadre d’enlèvements d’enfants. Lorsqu’on voit l’énergie dépensée, par contre, pour cette simple bêtise, on constate qu’ils n’ont, tout simplement, pas le même sens des priorités que le simple citoyen. Ceci explique sans doute cela.

(par Patrick Albray)

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