Le Piano oriental - Par Zeina Abirached - Casterman

21 septembre 2015 0 commentaire
  • Autour du destin manqué d'un instrument de musique, possible pont entre deux cultures, un autoportrait d'une subtile élégance qui fait joliment le chemin entre Beyrouth et Paris.

Quel personnage fascinant, l’oncle Abdallah : son air lunaire, son regard égaré, sa précieuse musique, et surtout son piano. Après des années de recherche et d’expérimentations, il parvient à inventer une pédale qui modifie les notes pour atteindre le fameux quart de ton qui rend reconnaissable la musique d’orient, notamment grâce au violon. Nous sommes dans le Liban des années 1950.
Le Piano oriental - Par Zeina Abirached - Casterman
En fait de lien familial, le sémillant Abdallah se situe plus profondément dans l’ascendance. En tant qu’arrière grand-père, il aura marqué toute la famille, mais aussi cette étroite connexion entre la France et le Liban, la langue de Molière et celle de Khalil Gibran. La trame longuement déroulée par Zeina Abirached lui permet à la fois d’évoquer un solide attachement à son pays d’origine tout en déclarant sa flamme à la France en écho. Et ces deux thèmes se répondent avec bonheur dans des pages très influencées par les arts appliqués, emplies de jolies formes géométriques et d’irruptions de motifs arrondis, enjolivures délicates qui donnent à chaque image une grâce originale.

Tout en célébrant des valeurs ancestrales et en valorisant les traditions de sa famille, l’auteure dévoile une modernité de toutes les cases dans un récit jouant du noir avec une rare maestria. Une liberté de raconter qui sied fort bien à la générosité contagieuse de Zeina Abirached, et à son admiration infinie pour ses deux pays, avec en toile de fond la magie irremplaçable de la musique et de son partage.

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(par David TAUGIS)

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