Le Prix Diagonale couronne Jean-Claude Servais

18 octobre 2010 3 commentaires
  • Les prix 'Diagonale' de la Ville d’Ottignies-Louvain-La-Neuve, décernés par un prestigieux jury d’auteurs professionnels ont récompensé samedi soir {{Jean-Claude Servais}} pour l’ensemble de son œuvre, et mis en avant la série {Jazz Maynard} et le magnifique one-shot {Lydie}.

Les Prix Diagonale ont été remis samedi soir, dans la ville d’Ottignies-Louvain-La-Neuve. Ce prix est né d’une envie commune de rendre un hommage particulier à des auteurs de bande dessinée, au cœur de la région du Brabant-Wallon, pépinière où ont vécu de nombreux maîtres de la bande dessinée dont Hergé, Edgard-Pierre Jacobs, Jacques Martin et Will.

Les prix Diagonale ont été créés en 2008 par la ville d’Ottignies-Louvain-La-Neuve, la Maison du tourisme des Ardennes brabançonnes et enfin la province du Brabant-Wallon.

Jean Dufaux, le scénariste de Murena s’est particulièrement investi la création de l’événement. Il est le président du jury, qui est composé de Raoul Cauvin, Daniel Couvreur (journaliste au Soir), Christian Denayer, Jean Van Hamme et des lauréats des grands prix précédents : Midam (2008) et Hermann (2009).

David da Câmara Gomes, échevin de la culture de la ville d’Ottignies-Louvain-La-Neuve nous confie que l’objectif de l’événement est double : "Nous voulons donner un éclairage à la bande dessinée belge avec un prix d’envergure, mais aussi organiser un séminaire avec de jeunes auteurs encore en formation pour qu’ils suivent une sorte de Master Class avec les lauréats. Nous désirons réellement soutenir la création".

Seul trois prix sont remis lors d’une cérémonie ludique et amusante, animée par de nombreux comédiens, danseurs et musiciens :

Le Prix Diagonale couronne Jean-Claude Servais
Roger & Raule
(c) Nicolas Anspach

Le prix de la Province du Brabant wallon récompense le meilleur album étranger de l’année. Celui-ci a été remis à deux auteurs espagnols, Raule et Roger, pour leur série Jazz Maynard publiée aux éditions Dargaud. Jazz Maynard est un polar contemporain violent se déroulant à Barcelone. Laurent Boileau soulignait dans nos pages l’habileté scénaristique de Raule : « Les différentes trames alternées sont d’une fluidité déconcertante, la complexité de l’intrigue d’une grande limpidité et le rythme du récit sans fausse note. Pas de flash-backs pour ce troisième volet, mais une narration tendue pour des rebondissements explosifs. Et pour ne rien gâcher, une bonne dose d’humour insuffle à la série un second degré particulièrement jouissif ».

David da Câmara Gomes, l’échevin de la culture d’Ottignies-Louvain-La-Neuve et Jordi Lafevre
(c) Nicolas Anspach

Le prix de la Ville d’Ottignies récompense le meilleur album francophone de l’année/ Il a été décerné à Lydie de Zidrou et Jordi Lafevre. Ces auteurs avaient signé un one-shot particulièrement touchant sur le déni de la mort d’un nourrisson. Le dessinateur Jordi Lafevre avait fait le déplacement depuis l’Espagne pour recevoir le prix.

Jean-Claude Servais
(c) Nicolas Anspach

Enfin, le prix Diagonale, le Grand Prix du Jury, a été décerné à Jean-Claude Servais. L’auteur d’Orval, du Jardin des Glaces ou encore de La Tchalette a reçu des mains de Jean Dufaux la sculpture symbolisant cette récompense. Dans son œuvre, Jean-Claude Servais a surtout mis en scène la Gaume, sa région d’adoption, avec sensibilité et poésie tout en axant la plupart de ses histoires sur les gens et leur relation avec la nature et les animaux.

Ce prix récompense à un auteur populaire qui se caractérise comme « étant en dehors des modes, du système, puisque [ses] livres intéressent également les gens qui ne lisent pas spécialement des BD ». Lors de la conférence de presse qui a précédé la cérémonie, Jean-Claude Servais était ravi d’avoir ainsi été honoré par ses pairs, mais faisait remarquer que le meilleur des prix était la fidélité de son public.

« Grâce à lui, les ventes de mes bandes dessinées sont suffisantes », déclare le lauréat. « L’éditeur gagne de l’argent, et me laisse une paix royale pour faire ce que je veux du fin fond de ma forêt, en Gaume. Je ne me laisse influencer par aucune mode, même si je lis des bandes dessinées ! »

(par Nicolas Anspach)

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3 Messages :
  • Le Prix Diagonale couronne Jean-Claude Servais
    8 mai 2011 17:02, par Olivier

    Et cette année c’est Dany qui a reçu le prix (en dénonçant au passage les copinages à Angoulême)

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  • Le Prix Diagonale couronne Jean-Claude Servais
    8 mai 2011 20:06, par Oncle Francois

    « Grâce à lui, les ventes de mes bandes dessinées sont suffisantes », déclare le lauréat. « L’éditeur gagne de l’argent, et me laisse une paix royale pour faire ce que je veux du fin fond de ma forêt, en Gaume. Je ne me laisse influencer par aucune mode, même si je lis des bandes dessinées ! »

    Et oui mes bons amis, si vous dessinez sérieusement et si vous restez à l’écart des modes, le public suit, car il apprécie l’authenticité et la sincérité, mais aussi évidemment le beau dessin travaillé soigneusement. Le voila, le vrai remède à la crise du livre !! Il ne sert à rien de s’exciter en se demandant combien la BD numérique va rapporter !!

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  • Admirables et fantastiques sont les albums de ce monsieur, capable de faire sentir au lecteur des odeurs,des ambiances d’une finesse et d’une richesse puissante, en plus d’une histoire.
    Bravo

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