Le Ruistre - T2 : La Geste d’Aurimonde - Par Jean-Charles Kraehn - Glénat

6 janvier 2005 0
  • Après avoir écrit quelques séries à succès tels que {Les Aigles Décapitées}, {Gill St André} ou {Tramp}, {{Jean-Charles Kraehn}} s'est mis en danger en explorant à nouveau le Moyen-Age sous un angle particulièrement étrange, violent et même parfois choquant ! Foulques le Ruistre est en effet un chevalier aux allures et aux propos peu recommandables.

Dans le premier album, nous faisions la connaissance du Ruistre et de son valet, le nain Petitus. Dame Aurimonde leur accorda la nuitée dans son château, et fit une étrange proposition au chevalier : devenir sa maîtresse en échange de ses services pour protéger le château. Foulques n’est pas un chevalier ordinaire : il abusera de la femme, puis laissera son valet satisfaire ses fantasmes lubriques... Et ce, bien entendu, sans accepter le marché !

Le jeune fils de la châtelaine se vengera, transperçant ainsi le Ruistre d’un carreau d’arbalète...

Dans ce deuxième album, Jean-Charles Kraehn nous conte le siège du Château de Montorgeuil. Dame Aurimonde doit se résoudre à abandonner son domaine pour aller quérir la justice du Comte de Foix. Petitus est devenu l’esclave de brigands et met sa fourberie à leur service. Le Ruistre, quant à lui, se remet difficilement de sa blessure et se fait soigner par un moine-hermite.

Le récit est terriblement efficace. Jean-Charles Kraehn est un habile conteur et sait tirer le meilleur parti des caractères fort tranchés de ses personnages. Au fil des pages, Le Ruistre et Petitus, malgré leurs indélicatesses et vulgarités, se montrent peu à peu attachants. On aura rarement vu de tels héros dans une bande dessinée historique. Certains reprocheront cependant à l’auteur le fait que la sexualité y est abordée de manière plutôt crue, voire même parfois choquante.

A travers certaines de ses précédentes séries où il assumait le dessin (Bout d’Homme, Gill St André, etc), Jean-Charles Kraehn s’était bâti une réputation de dessinateur réaliste méticuleux. Le Ruistre ne déroge pas à la règle. L’auteur nous offre quelques beaux cadrages cinématographiques dans des décors fort soignés.

Le Ruistre est une série qui vaut le détour, même si certains dialogues en vieux français en rebuteront plus d’un !

(par Nicolas Anspach)

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