Le Samouraï Bambou T1 - Par Matsumoto & Eifuku - Kana

17 octobre 2009 0 commentaire
  • Bien loin des récits de sabre épiques et violents, cette nouvelle série illustrée par l'un des plus grands noms du manga d'auteur déroule un univers fascinant et surprenant à bien des aspects.

À l’ère d’Edo, un rônin (Samouraï sans maître) nommé Soîchirô s’installe dans une vieille maison des bas-quartiers de la capitale. Les habitants portent rapidement un mauvais jugement sur ce samouraï atypique qui passe son temps à flâner et à jouer avec les enfants. Son tempérament toujours positif et un peu rêveur, voire naïf, lui permet de tisser des liens mi-fraternels, mi-paternels avec Kankichi, le fils des voisins. Mais le jour où des hommes viennent pour régler une affaire avec lui, Soîchirô démontre qu’il est un véritable virtuose dans l’art de manier le sabre. Et pourtant, depuis son arrivée à Edo, le rônin au calme presque inébranlable a troqué son arme contre une lame faite de bambou.

Taiyou Matsumoto est de retour ! L’auteur très remarqué d’Amer Béton et Ping Pong s’allie cette fois avec le scénariste Issei Eifuku. Une collaboration au résultat étonnant qui a obtenu en 2007 le prix d’excellence dans la section manga du Japan Media Arts Festival.

Le Samouraï Bambou T1 - Par Matsumoto & Eifuku - Kana
© 2007 by Taiyou MATSUMOTO, Issei EIFUKU

Pouvant rappeler un peu Goyô pour son approche quasi philosophique de la vie d’un rônin, Le Samouraï Bambou, tel que nous le conte Eifuku, possède un charme peu commun et difficilement descriptible. L’univers original, malgré son implantation dans une époque bien réelle, surprend, intrigue, sait tantôt se faire poétique, tantôt amusant. Les scènes d’action se font rares et expéditives. Pour ce qui est du découpage, il se veut accrocheur, jouant la carte d’un rythme paisible, bien équilibré.

Venons-en maintenant au travail de Matsumoto. Fidèle à lui-même, il adopte un style bien loin des standards habituels. Plus simple et expressionniste que sur un Amer Béton, le trait jouant avec les estampes se montre très vif, très spontané, avec les traditionnelles vraies-fausses erreurs graphiques qui font la patte underground du mangaka. C’est toujours un peu déroutant au début mais on s’y attache rapidement face à son aisance. Alliant expressivité et inventivité, chacune des planches fascine et prouve, si nécessaire, l’étendue et la diversité des talents du dessinateur - quoiqu’un peu moins éblouissant dans le cas présent - qui puise ses inspiration chez certains auteurs franco-belges.

Bourré de qualités, ce Samouraï Bambou souple et résistant envoûte par ses originalités et son ambiance choyée par un duo d’auteurs talentueux. Une série à suivre de près !

(par Baptiste Gilleron)

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