Le Scorpion - T7 : Au nom du Père - Desberg & Marini - Dargaud

1er décembre 2006 0 commentaire
  • Ce nouvel album du Scorpion est estampillé "nouveau cycle", ce qui prête à discussion... Au-delà de cette anecdote marketing, ce septième album marque surtout une évolution du dessin d'Enrico Marini.

Rome est plongée dans une angoisse oppressante. Sur bien des places de la ville, des bûchers s’élèvent, comme autant d’autels dressés à la gloire du nouveau pouvoir. Celui du cardinal Trebaldi, devenu pape par la grâce d’une fausse croix miraculeuse ! Le Scorpion, de retour à Rome, est prêt à tout pour affronter le nouveau pape. Mais pour abattre Trebaldi, il lui faut chercher dans le passé…

Avec Au nom du Père, le dessin d’Enrico Marini devient plus réaliste et abandonne progressivement les perspectives et les proportions vertigineuses. Cette sagesse graphique n’enlève rien au dynamisme des planches. Bien au contraire. Les personnages gagnent en profondeur et les spectaculaires scènes d’actions deviennent moins "tape-à-l’œil". Le dessin, élégant et fin, se plie parfaitement à la mise en couleur directe.

"La peur du péché, la peur de la délation et la peur du châtiment seront les ciments du pouvoir autoritaire." claironne Trebaldi, annonçant ainsi une ère de rupture avec la papauté précédente. La quête de la Croix terminée, Stephen Desberg (re)politise son intrigue sur fond de luttes d’influence entre les neuf familles en mal de pouvoir absolu. Le scénariste aime se promener dans les détours tortueux des âmes. Dans une demi-surprise, l’album révèle le nom du géniteur du Scorpion. Le désir de connaître la vérité sur les raisons de la mort de sa mère pousse le héros à assumer, dans un premier temps, son ascendance. Par contre, la ténébreuse relation de Trebaldi à son père complexifie et aiguille la personnalité du nouveau pape.
Avouons-le… Après sept albums, le plaisir des yeux et de la lecture est toujours là…

(par Laurent Boileau)

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