Le Singe qui aimait les fleurs – par Krassinsky – Dargaud

6 septembre 2007 0 commentaire
  • Il eut été dommage de ne pas évoquer dans nos pages cet album paru en juin dernier. Krassinsky oublie ses {Cœurs boudinées} le temps d'un one shot dans la collection {Poisson Pilote}.

Vernish n’est pas un imbécile. C’est juste qu’il ne peut pas le prouver ! Vernish rêve d’avoir un copain et de ne plus être un singe esseulé, harcelé par Sivanesh et sa bande qui ne ratent aucune occasion pour lui pourrir la vie…

Le trait est toujours épuré et rectiligne, colorisé avec finesse par Laetitia Schwendimann. Pour cette fable animalière, Jean-Paul Krassinsky s’érige de nouveau en défenseur de la différence. Vernish est rejeté par ses congénères parce qu’il aime les fleurs et ne fait pas le singe comme les autres. Dans les Cœurs boudinés, l’auteur évoquait l’influence que l’apparence crée dans les relations humaines. Dans la jungle de Malaisie, il en va de même, avec une transposition animalière en plus. Qu’il croque des femmes, des hommes ou des singes, Krassinsky s’attache à la vie sociétale. La solitude et l’exclusion sont le quotidien de Vernish. L’animal est prêt à tout pour obtenir un petit peu d’amitié de Koola, un autre singe vivant à part. Même à voler du Coca-Cola aux soldats américains et australiens tentant de survivre à cette guerre du Pacifique. "L’amitié est un diamant si bien taillé qu’on se coupe les mains en voulant le saisir par la force", Vernish l’apprendra à ses dépens.

L’humour est bien pensé et critique. L’auteur choisit la légèreté de ton et de graphisme pour ce conte drôle, moderne et pertinent. Krassinsky nous offre une nouvelle facette de son talent. Et c’est tant mieux, car cet album vaut le détour.

(par Laurent Boileau)

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