Le Sommet des Dieux - T3 - Par Taniguchi & Baku - Kana

30 novembre 2004 0 commentaire
  • La lecture d'un livre de {{Taniguchi}} est toujours un plaisir. L'auteur japonais a émoustillé notre imaginaire dans des récits intimistes ({Quartier Lointain}, {Le Journal de Mon Père}) où l'émotion est au rendez-vous à chacune des pages. Kana, la filiale du groupe Media-Participations spécialisée dans le Manga, publie le troisième tome du {Sommet des Dieux}. Un récit remarquable nous racontant les destins croisés d'un alpiniste japonais et d'un homme qui tente de percer le secret que recèle un appareil photo.

L’appareil risque de « révolutionner » l’histoire de l’Alpinisme. Fukamachi aurait découvert dans une boutique l’appareil photographique de Mallory, qui en 1924 fut le premier à tenter de vaincre l’Everest. Il a disparu lors de cette expédition. A-t-il atteint le sommet, avant de mourir ? La question peut paraître banale, mais elle est cruciale pour tout amateur d’exploits sportifs. La pellicule contenue dans l’appareil peut apporter la solution à cette hypothèse. Le constructeur jure que ses matériaux peuvent subir des conditions extrêmes.

Dans un triste concours de circonstance, Fukamachi a malheureusement perdu l’appareil et tente de le retrouver.

Dans ce troisième album, nous retrouvons Fukamachi. Après avoir étudié la vie et la personnalité de Habu, un alpiniste qui semble avoir d’étrange lien avec l’appareil, il rejoint enfin la capitale du Népal pour tenter de le retrouver.

Secret, grognon et un brin sauvage, Habu ne se laisse pas approcher et semble même effacer toute trace qui permettrait de le retrouver... Mais pourquoi agit-il de la sorte ?

Jirô Taniguchi se révèle une fois de plus être l’un des grands auteurs de notre temps. Son style graphique clair et efficace mélange influences européennes et japonaises.

Cet album a pour cadre le Népal et plus spécifiquement Katmandou, sa capitale. Les lecteurs avertis y reconnaîtront les architectures si typiques des villes himalayennes, avec ses temples qui se fondent aux milieux de vieilles maisons d’habitations souvent ornées de drapeaux à prières. Taniguchi représente à merveille le charme et la beauté de ces lieux.

On attend avec hâte le quatrième et dernier album de cette adaptation graphique du roman de Yumemakura Baku. Les auteurs distillent les réponses aux questions posées, tout en aiguisant notre curiosité. Ils épaississent l’intrigue d’albums en albums.

Ces trois cents pages constituent un bon bol d’air, d’évasion, de détente et surtout de pur bonheur ! A conseiller, même à ceux qui n’affectionnent pas particulièrement les mangas.

(par Nicolas Anspach)

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