Le Village - T1 - Par Rodolphe et Marchal - Editions Bamboo

2 novembre 2008 0 commentaire
  • Avec cette série Rodolphe marque son entrée chez Bamboo. Ce nouveau titre de la collection Focus recycle les ingrédients du récit d'espionnage de manière originale et efficace.

Le "Village"est caché loin de tout, au cœur de l’URSS et ressemble plus à un centre de vacances qu’un camp d’entraînement pour agents secrets. Pourtant malgré son aspect bucolique, presque romantique, il s’agit d’un centre de conditionnement. C’est là, qu’au retour de leurs missions à l’étranger les agents subissent séances de débriefing, interrogatoires et déconditionnements sous contrôle psychiatrique.

Grégor revient des États Unis après un échange entre Berlin Ouest et Postdam dans la stricte tradition du genre. Mais il ne semble plus trop savoir qui il est vraiment : Est-il cet agent soviétique accueilli en héros ou Olaf Gustavson, ingénieur suédois dont il aurait emprunté l’identité ? L’ homme joue-t-il la comédie ? S’agit-il d’une erreur (le véritable agent serait décédé) ? À moins que cela provienne d’une manipulation du camp d’en face, un retournement ? Qu’en est-il au juste ?

Dans cette histoire dont l’intrigue évoquera aux uns les romans de John Le Carré et aux autres le décor de la série culte des années 1970, Le Prisonnier, le lecteur se retrouve lui aussi perdu, perturbé jusqu’au dénouement... inattendu, mais parfaitement conforme aux lois du genre.

Avec cette nouveauté Rodolphe déjà connu (et reconnu à travers des séries comme Kenya ou Trent ) fait son entrée dans Focus la nouvelle collection des éditions Bamboo. Inspiré par le célèbre feuilleton télévisé, le scénariste envisage de nous présenter ce « Village » à travers les portraits de personnages formés à l’espionnage et à la double personnalité. Sur fond de Guerre froide, ses récits nous déroulent des intrigues où la psychologie, le trouble et faux-semblant prennent largement le pas sur la violence ou "les gadgets à la James Bond". Un angle particulier qui, à l’évidence s’avère ici particulièrement efficace et réussi et dont on souhaite qu’il puisse se décliner à l’avenir de manère aussi maîtrisée.

La prouesse scénaristique de Roldophe serait moindre si elle n’était soutenue par la finesse du trait de Marchal qui sert admirablement le propos de cette histoire. À une intrigue sombre et embrouillée le dessinateur associe un graphisme lisible, plutôt classique, dont le relief doit beaucoup à la mise en couleur clinquante et fonctionnelle de Bouet.

Fidèle à l’esprit qui anime cette collection, le Village associe à un récit original et bien mené, un arrière-plan nourri de références narratives évidentes, plutôt connues mais convaincantes ! L’ensemble se lit fort bien et parviendra sans difficulté à séduire les amateurs d’un genre un peu délaissé ces dernières années.

(par Patrice Gentilhomme)

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