Le Voyage d’Esteban - T2 : Traqués ! - par Matthieu Bonhomme - Milan

27 novembre 2006 0 commentaire
  • Avec ce deuxième tome du {Voyage d'Esteban}, série née dans les pages du défunt {Capsule Cosmique}, {{Matthieu Bonhomme}} prouve, s'il en était besoin, toute l'étendue de son talent.

Après avoir fait son initiation au métier de la mer dans le premier tome, Esteban est maintenant intégré à l’équipe. Le baleinier entre dans la zone de grand froid. Mais là, la découverte d’un terrible concurrent à vapeur change la donne. La lutte qui s’engage est inégale. Que peut un baleinier à voile contre le dernier modèle à vapeur ? Derrière l’aventure se profilent des caractères, en particulier ceux du capitaine et d’Esteban.

Ne cherchez pas l’esbroufe chez Matthieu Bonhomme [1], il n’y en a pas. Toute la force de son dessin est dans la simplicité (apparente) des plans, des visages, des décors. Ses planches sont, la plupart du temps, de simples gaufriers. Jamais de fioriture. Un retour à une certaine tradition de la BD, avec une pointe de génie pour l’actualiser. Tout est tendu vers l’efficacité du récit. Seules ses hachures à la mine de plomb créent un relief inédit.

Le récit, que certains jugeront simpliste, renouvelle la BD d’aventure par sa subtilité, ses dialogues et son rythme. Car si l’histoire est loin d’être niaise, elle n’en est pas moins lisible par tous, avec intérêt. Voilà une BD tous publics qui n’a pas à rougir de cette dénomination. Elle s’en enorgueillerait plutôt.

Ceux qui ne verraient dans Le Voyage d’Esteban qu’une série bon enfant comme il en sort tant se tromperaient lourdement. Avec cette série, Matthieu Bonhomme prouve qu’il est un auteur complet, et pas des moindres. Il y avait eu bien sûr L’Age de raison [2], mais Le Voyage d’Esteban a cela de plus qu’il confirme le style Bonhomme : une intelligence et une économie de moyens au profit d’une plus grande efficacité narrative.

(par Bernard Mallié)

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[1Dessinateur également du Marquis d’Anaon avec Fabien Vehlmann au scénario chez Dargaud, et de Messire Guillaume avec Gwen de Bonneval au scénario chez Dupuis.

[2Sorti en 2002 aux éditions Carabas, il reçu l’alph Art du meilleur premier album au Salon International de la BD d’Angoulême en 2003.

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