Le collectif de "La Ligne rouge" débarque à Québec

16 avril 2016 0 commentaire
  • Le métro de Montréal comporte quatre lignes : la ligne orange, la ligne verte, la ligne bleue et la ligne jaune. Pour les besoins de la bande dessinée, le collectif Front Froid a imaginé la ligne rouge, un étrange circuit clandestin. Une collaboration originale à découvrir dans le cadre du Festival de la BD francophone de Québec.

Paru sous forme d’album au printemps 2016, La ligne rouge est avant tout un projet collectif : Olivier Jobin et Dominique Carrier ont assuré le scénario, Jeik Dion le storyboard, Julien Paré-Sorel l’encrage, et Olivier Carpentier la colorisation. À cela s’ajoute la direction de Gautier Langevin, ainsi que la collaboration de Benoit Mercier à la conceptualisation.

Ensemble, l’équipe a produit un strip bi-hebdomadaire pré-publié dans le journal Métro de Montréal en 2015. Pendant près de cinq mois, ce sont donc près de 1,47 million de lecteurs [1] ont pu découvrir les aventures de Stéphanie, Sébastien, Arnaud et Bongo dans le métro.

Le collectif de "La Ligne rouge" débarque à Québec
L’équipe « Red 7 » : Jeik Dion, Julien Paré-Sorel, Benoît Mercier, Olivier Carpentier, Olivier Jobin, Dominique Carrier et Gautier Langevin.
Photo : Front Froid.

Le collectif Front Froid, qui œuvre dans la BD de genre, avait reçu la commande de créer un récit portant sur les transports en commun. Devant ce sujet – d’ordinaire peu inspirant – les membres ont choisi de créer une ligne imaginaire afin de multiplier les possibilités narratives.

En voici la « trame » : échappant à la surveillance de sa grande sœur Stéphanie, le jeune Arnaud se sauve dans les entrailles du métro Berri-UQAM. À la manière d’Alice au pays des merveilles, celui-ci tombe dans un trou qui mène à ligne rouge. En compagnie du gorille géant Bongo, Arnaud part à la découverte de cet univers. S’ensuit une course folle pour Stéphanie, qui tente de retrouver son petit frère, aidée par Sébastien, un garçon qui aimerait bien la séduire. Les quatre personnages multiplient ainsi les rencontres inusitées : un nez géant qui éternue, une dame et un caniche qui semblent avoir échangé leurs corps, ou encore des wagons monstrueux.

Hommage à Escher, La ligne rouge par Jobin, Carrier, Dion, Paré-Sorel et Carpentier, Front Froid.
Image : D.R.

Pour le directeur Gautier Langevin, le but premier de cette expérience était de permettre à la bande dessinée de quitter son milieu habituel : « Le projet est né à la suite d’une volonté de retourner au papier quotidien et d’être dans un lieu en dehors de la librairie. Une des missions de Front Froid qui me tient vraiment à cœur, c’est de faire sortir la bande dessinée de son cadre traditionnel de marché du livre et de toucher les gens dans leur lieu de vie réel. »

À l’aide d’une subvention du Conseil des arts de Montréal, l’équipe a pu proposer son projet au journal Métro. Une diffusion qui a permis de toucher un public élargi : « Nous avons eu beaucoup de courriels d’adultes qui prenaient le métro le matin avec leurs enfants pour aller à l’école et qui nous demandaient si une suite était prévue. Lors des festivals, les gens reconnaissaient le visuel de la série sans avoir vu la bande dessinée. Beaucoup de gens nous ont demandé quand le livre allait sortir. »

La ligne rouge par Jobin, Carrier, Dion, Paré-Sorel et Carpentier, Front Froid.
Image : D.R.

Selon Jeik Dion et Julien Paré-Sorel, La Ligne rouge est née d’un désir de travailler en équipe. Si cette façon de travailler est commune aux États-Unis ou en Asie voire en Europe, il s’agit d’un phénomène plutôt isolé au Québec. Selon Jeik Dion, ce procédé – entièrement numérique – permet notamment de travailler plus vite : « On était trois artistes et deux scénaristes. C’était un travail à la chaîne. (…) Du côté de la production, c’était beaucoup plus rapide. Plutôt que d’avoir un artiste qui fait toutes les étapes, je pouvais faire les storyboards pour 5-6 épisodes. »

Julien Paré-Sorel, qui recevait les découpages de Dion, assurait l’étape suivante : « Mon rôle était de faire un beau dessin, détaillé, vivant, de donner une personnalité, de définir la bonne expression faciale et corporelle. Donc j’avais un peu un rôle d’"acteur", car je devais me mettre dans la peau du personnage. »

Illustration de couverture pour La ligne rouge par Jobin, Carrier, Dion, Paré-Sorel et Carpentier, Front Froid.
Image : Front Froid.

Dans le cadre du Festival de la BD francophone de Québec, les visiteurs auront la chance de découvrir La Ligne rouge. Une exposition numérique est présentée à la Bibliothèque Monique-Corriveau. Plusieurs épisodes, ainsi que le design de personnages, le making-of et des dessins inédits y sont projetés à la manière d’un diaporama. L’exposition est à l’affiche jusqu’au 1er mai. Un café-rencontre avec les auteurs est également prévu au salon le dimanche 17 avril à 14h30 au volet « salon » du festival.

(par Marianne St-Jacques)

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[1Le lectorat de la version imprimée de Métro Montréal est estimé à 1,47 millions par semaine (cumulatif 5 jours) Source : sondage ViviDataQ4 2016. Ces chiffres sont ceux publiés par Métro News.

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