Le grand retour des BD de Disney en librairie

21 décembre 2010 13
  • Auteur majeur du 20e Siècle, Walt Disney fait son apparition cette année dans le catalogue des éditions Glénat, résultat d’un accord éditorial avec Disney-Hachette. Un retour en librairie d’autant plus apprécié que bon nombre de chefs d’œuvres nous attendent.
Le grand retour des BD de Disney en librairie
Le 1er des 24 volumes e l’Intégrale Carl Barks
Editions Glénat

L’histoire des publications Disney en France est quasi consubstantielle avec l’apparition de la bande dessinée moderne dans ce pays. Elle débute avec la relation privilégiée entre le créateur de Mickey avec Paul Winkler, le fondateur d’Opera Mundi. Fondée en 1928 à Paris, cette agence de presse qui distribuait le contenu éditorial (articles et BD) des grands syndicats américains détenait jusqu’à la fin des années 1970 l’exclusivité des grandes bandes dessinées classiques de l’Âge d’Or, celles appréciée des collectionneurs, Disney inclus [1].
Winkler joua un rôle prépondérant dans la reconnaissance de la bande dessinée en favorisant la création en 1962 du premier club de collectionneurs, le CELEG, publiant par exemple le discours de la sociologue Evelyne Sullerot à Bordighera en 1965, Bande dessinée, antichambre de la culture et en soutenant la plupart des grandes expositions autour de la bande dessinée américaine en Europe initiées par les Claude Moliterni, Maurice Horn et autres Pierre Couperie. Il ferrailla jusqu’à l’Assemblée nationale contre la fameuse loi de censure de 1949 pour la Protection de la Jeunesse. Il est surtout le créateur du Journal de Mickey (1934) dans le cadre d‘une alliance entre le studio de Burbank et le groupe Hachette, alliance qui fut reconduite en direct par Disney bien des années plus tard.

Les plus belles histoires de Noël par Carl Barks
Éditions Glénat

Les premiers albums Disney en France paraissent sous le label Hachette dès les années 1930 (Mickey a été créé en 1928) et ceci jusque dans les années 1990 où une alliance avec le groupe danois Egmont, l’autre grand licencié Disney dans le monde, a favorisé un grand nombre de publications en albums parfois dans de très grands et beaux formats. Les ventes étaient alors importantes, jusqu’à parfois 50.000 exemplaires au titre. Mais le marasme qui frappa le marché dans ces années-là fit qu’Hachette abandonna cette activité. Depuis, les bandes dessinées Disney n’apparaissaient que sporadiquement en librairie, à la remorque de ses produits jeunesse, livres de première lecture ou d’activité pour enfants.

C’était une anomalie car les magazines de Disney restent encore aujourd’hui leader dans la presse distractive pour la jeunesse et la culture des BD Disney reste très importante en Europe, notamment en Scandinavie, en Allemagne, en Hollande et en Italie, où les œuvres de Carl Barks et de Don Rosa font l’objet de rétrospectives importantes et luxueuses avec des tirages comptant parfois des dizaines de milliers d’exemplaires, favorisant un passage intergénérationnel de la culture Disney, du journal (pour enfants) au livre ciblé pour une audience plus âgée.

Cette anomalie vient d’être corrigée grâce à un accord entre Disney-Hachette et Glénat. La maison grenobloise entretient depuis longtemps des relations privilégiée avec Hachette qui est son distributeur, par ailleurs le plus puissant de France. De son côté, Hachette est bien placée pour constater que Glénat dispose de l’une des équipes de diffusion les plus performantes du marché de la bande dessinée et un savoir-faire éditorial incontestable en ce qui concerne la jeunesse, en particulier grâce à Titeuf et aux mangas.

Cette alliance objective permet de voir fleurir un certain nombre d’ouvrages labellisés « Disney » dans les rayons en cette fin 2010 :

-  Une collection thématique, Mickey & Co, qui décline, pour les plus jeunes, des histoires de Pirates, de Magie, de Cow-Boys et de Spectacles

-  Un très beau recueil, Mes plus belles histoires de Noël signé Carl Barks, l’un des plus brillants animateurs de Donald Duck et qui crée pour Walt Disney les personnages mythiques de Picsou (Uncle Scrooge, 1947) et des Rapetout (Beagle Boys, 1951).

-  Une Intégrale Carl Barks en 24 volumes dont le premier volume vient de paraître et sur laquelle nous reviendrons achève cet effort de réhabilitation de Disney en libraire.

Il était temps !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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[1La marque Opera Mundi, citée par Gainsbourg dans Comics Strip, appartient aujourd’hui à Jacques Glénat.

 
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13 Messages :
  • IL y a une coquille dans votre article. Ce n’est pas "Di Rosa" mais "DON Rosa".

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 décembre 2010 à  09:56 :

      Effectivement, merci de nous l’avoir signalée.

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  • On peut ausi penser que ce rapprochement est stratégique pour Glénat, afin de tenter de récupérer la licence Marvel en France quand le contrat Marvel-Panini prendra fin.

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    • Répondu par Lo le 21 décembre 2010 à  15:07 :

      Point de vue intéressant. Quand ce contrat doit-il prendre fin ?

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    • Répondu par Apo (k) lyps comics Paris le 22 décembre 2010 à  14:33 :

      Panini a déjà re-signé le contrat le liant à Marvel.
      Cette question n’est plus d’actualité.
      Aucun éditeurs français publiant du comics n’a été approché à l’occasion du renouvellement de la licence.

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  • Le grand retour des BD de Disney en librairie
    21 décembre 2010 12:34, par Thierry Moreau

    C’est bien à vous de citer dans cet article les grands premiers critiques de la BD : Pierre Couperie, Claude Moliterni et Maurice Horn. Trois grands, aujourd’hui disparus : leurs écrits restent, heureusement ! Merci aussi de parler de Paul Winckler : y a-t-il eu une biographie de cet éditeur ? Sa vie semble un vrai roman.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 décembre 2010 à  12:51 :

      HOULA ! Vous faites mourir un peu tôt mon ami Maurice Horn qui est bien vivant et qui a bon pied bon oeil, rassurez vous ! D’ailleurs, il lit régulièrement ActuaBD et il va fulminer en vous lsiant.

      Pas de bio de Winckler connue à ce jour. Il paraît qu’il y en a une en cours, mais cela fait des années qu’on en parle.

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 21 décembre 2010 à  21:15 :

        Maurice HORN nous écrit en citant Mark TWAIN : "L’annonce de ma mort est hautement exagérée" !

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  • Le grand retour des BD de Disney en librairie
    21 décembre 2010 14:14, par Fab

    Bonjour,

    Est ce que les histoires de Noel de Barks sont ou seront reprisent dans l’intégrale de Barks ?
    Merci pour cet article.

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  • Le grand retour des BD de Disney en librairie
    21 décembre 2010 19:55, par Oncle Francois

    Mickey, Donald (sans oublier Minnie et Daisy), Picsou, Dingo, Géo Trouvetout, Pluto, les trois neveux, les Rapetout (premier groupe de rappeurs français ? Non, en fait ce sont des gangsters qui veulent voler la fortune de l’Oncle Picsou. Il faut dire que le vieux milliardaire grincheux et radin ne place pas son argent à la banque)...voila des personnages trés connus à l’échelle mondiale, et effectivement, il faut remercier Glénat de proposer de beaux albums consacrés à ces personnages. Carl Barks était un petit coquin quand il a commencé, il a publié de nombreux dessins sexys dans des revues plutôt adultes, et il a souvent peuplé les aventures de Donald de créatures capiteuses et envoutantes. Il est un peu comme l’assistant de Tex Avery qui dessinait de très jolies femmes, sauf que Barks a profondément étoffé l’univers disneyen. Pour ma part, je prefère les gags en une page qui figuraient en dernière page du journal de Mickey.

    Une question me taraude l’esprit concernant ces personnages : pourquoi sont ils tous neveux l’un de l’autre, dans la dynastie Donald ? Où sont les parents ? En clair, Walt Disney était il le fils de parents divorcés ou orphelin ?

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    • Répondu le 21 décembre 2010 à  21:04 :

      Il n’y a que des neveux et nièces parce que les personnages Disney ne baisent pas, ils sont assexués donc ne se reproduisent pas.

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      • Répondu par Oncle Francois le 21 décembre 2010 à  23:50 :

        Pas d’accord du tout ! Mickey est un homme (ou plutôt un souriceau !) élégant, parfois vêtu en cravate et chapeau. Donald Duck porte une tenue qui peut il est vrai porter à confusion, avec ce ridicule accoutrement de marin d’eau douce, lui que l’on a moins vu en bateau que le capitaine Hadock, mais son comportement n’est pas équivoque, il est masculin, (sanguin et colérique, très maladroit). Quant aux compagnes féminines, elles ne sont pas asexuées : elles mettent des jupes, se coiffent et se maquillent : ma foi, si j’étais Donald, je serai amoureux de Daisy ; et si j’étais Mickey, idem avec Minnie !

        J’ai lu quelque part qu’à une réunion d’anniversaire, les animateurs des studios Disney firent un petit dessin animé où l’on voyait les personnages disneyens se détendre en toute liberté !! Quelqu’un sait-il où l’on peut voir des traces de ce DA ? Les responsables furent tous licenciés !! Je me dis finalement que Hergé était plutôt tolérant quand Tibet fit circuler un dessin avec Tintin aux wc !!

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    • Répondu le 3 janvier 2011 à  13:52 :

      Pour retrouver la parenté de Picsou, Donald et ées 3 neveux, il faut se reporter aux Trésors de Picsou qui retrace la genèse de leur histoire.

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