Le jeu des dames - par François Ayroles -Casterman

3 avril 2007 0 commentaire
  • Bref instantané dans la vie d'un adolescent mal dans sa peau qui croise le chemin d'une sorte de dandy excentrique. Un ton, un style, un album qui ne laisse pas indifférent.

Quoi de commun entre ce jeune lycéen malmené par ses camarades et ce dandy oisif qui se donne des airs de philosophe ? Pas grand chose a priori, si ce n’est un sentiment de décalage permanent. Doublé d’une certaine incapacité à trouver sa place dans la société.
Leur rencontre fortuite va déboucher sur une sorte d’initiation du jeune coincé (repaptisé Pino par son mentor, qui se fait appeler Androuze).
Au hasard des balades, mais aussi avec certains objectifs précis, comme la conquête d’une demoiselle aussi mal à l’aise qu’eux, Pino va tenter de changer son morne quotidien.

On peut voir un parcours philosophique et psychologique dans la prise en main du malheureux Pino par Androuze. Malheureusement, le ton totalement froid et détaché de François Ayroles fait de ce jeu de dames un exercice de style assez vain.
Certes, son dessin est d’une grande efficacité, aéré et précis, donnant toute son importance aux attitudes des protagonistes. Mais le personnage d’Androuze se révèle totalement exaspérant, pathétique dans sa fausse assurance, ses leçons basées sur une expérience qu’on devine pleine d’échecs.
Cet album assez aride et froid ne provoque guère de sourires. Il ne met pas non plus mal à l’aise. Mais il passe à côté du sujet, passionnant, du mal-être adolescent. Un tel principe, certes maîtrisé, de détachement ludique, aurait pu s’appliquer à un monde moins proche de la réalité, ou à des personnages moins marqués socialement. Au bout de la lecture, reste un plaisir minimal, dû à la fluidité du récit, sans beaucoup d’envie d’y revenir.
Le jeu des dames - par François Ayroles -Casterman

(par David TAUGIS)

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