Le jeune Lovecraft - Par José Oliver et Bartolo Torres – Diabolo éditions

27 octobre 2013 0 commentaire
  • Deux auteurs espagnols revisitent de façon fantasque, sous formes de strips humoristiques, la jeunesse du célèbre écrivain américain H.P.Lovecraft. Une jolie réussite !

Tout le monde connaît Howard Phillips Lovecraft, auteur cynique et pessimiste de récits fantastiques, d’horreur et de science-fiction. José Oliver et Bartolo Torres décrivent dans cet album au format à l’italienne, premier d’une série à suivre, une jeunesse fantaisiste du créateur du mythe de Cthulhu. L’idée n’est pas en soi franchement originale mais, appliquée à un auteur tel que Lovecraft, c’est assez jubilatoire. Dans un propos introductif, José Oliver revient sur la genèse de cette bande dessinée en 2004, initialement publiée sur un blog, et la collaboration avec le dessinateur Bartolo Torres : les deux artistes ont pu réunir dans ce recueil leur penchant commun pour les aventures sombres et lugubres. Mais ils y parsèment également de nombreuses références musicales et littéraires, donnent au jeune Howard des compagnons de jeux et le placent dans des situations « normales », dans des strips à l’humour noir, sarcastique, ou même, par moments, franchement hilarant. Les auteurs indiquent ainsi avoir voulu donner au jeune héros « des compagnons d’aventures qui équilibrent quelque peu son tempérament et qui, qui sait, auraient également pu être à l’origine de sa nature apathique ».

Le jeune Lovecraft - Par José Oliver et Bartolo Torres – Diabolo éditions

On voit ainsi le jeune et normal Lovecraft rougissant comme une tomate pour peu qu’on le soupçonne de fricoter avec la charmante Siouxie, ou avoir le déguisement le moins réussi pour Halloween. D’autres scènes se rapprochent davantage de l’atmosphère des écrits de l’auteur américain, comme la présence récurrente d’une drôle de goule, la rencontre avec les fantômes de Poe et Rimbaud, la création d’un golem pour aider le jeune Howard à faire ses devoirs, ou le recours à la magie pour faire apparaître l’œil de Rammenoth... mais pas toujours avec beaucoup de réussite.

L’album est composé de strips sur trois cases, présentés de manière chronologique. Les auteurs revisitent également de grands classiques de la littérature, pour imaginer comment Lovecraft les auraient traités : Dracula ou Le tour du monde en 80 jours revisités à la sauce Lovecraft, c’est très drôle. Sur le plan graphique, l’album est en noir et blanc, avec quelques teintes de gris, et de rouge (pour le sang). On trouve aussi au fil de l’album quelques esquisses et croquis pour montrer la manière dont ont été pensées les apparences des personnages.

À noter qu’il n’est pas nécessaire de connaître l’œuvre de Lovecraft pour comprendre et apprécier ce recueil. On peut tout aussi bien le voir comme le récit de la vie d’un jeune garçon excentrique, tant les références à Lovecraft sont largement elliptiques.

(par Damien Boone)

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