Le Kid de l’Oklahoma - Par Olivier Berlion d’après Elmore Leonard - Casterman

12 septembre 2010 0
  • On n'arrête plus la collection Rivages/Casterman/Noir, dont le rythme de parution s'avère impressionnant. La matière ne manque pas : des dizaines de polars essentiels parus depuis des années. Découvrir Elmore Leonard adapté par Berlion apporte un élément nouveau : une période historique inédite, soit le tout début du XXe siècle. Les États-Unis passent du monde du far-west à l'industrie hégémonique. Mais pour un officier fédéral, le devoir reste le même : pourchasser les hors-la-loi, surtout si une réputation de flingueur d'élite est en jeu.

Publié en 2005, le Kid de l’Oklahoma (The Hot Kid dans son titre original) fait partie des romans les plus récents d’Elmore Leonard, écrit alors qu’il avait déjà 80 ans. Grand nom de la littérature populaire américaine (westerns et polars), Leonard a vu également nombre de ses œuvres adaptées au cinéma (Get Shorty ou Jackie Brown, par exemple).

Dans sa mise en images, Berlion s’est appliqué à fait vivre ce paysage semi-industriel d’une région dominée par l’exploitation du pétrole. Pas de grande métropole, pas de modernité impressionnante, mais des décors qui semblent à mi-chemin entre le western et la période de la prohibition, vers 1930. L’intrigue se situe d’ailleurs durant les dix années qui la précèdent.

Le Kid de l’Oklahoma incarne un grand classique du récit de duel : on voit grandir les deux personnages qui s’affrontent à la fin du récit. D’un côté, un tireur d’élite au sang froid stupéfiant, obsédé par l’application de la loi ; de l’autre, un égocentrique fils à papa rêvant d’un destin de fortune crapuleuse. Avec cette formule implacable du Marshall Webster : "si je dois dégainer mon arme, je tirerai pour tuer" en guise de carte de visite.

Le Kid de l'Oklahoma - Par Olivier Berlion d'après Elmore Leonard - Casterman

Raconté en flash-back par l’intermédiaire d’un dialogue entre un journaliste et son patron, l’album possède une efficacité narrative sans faille, grâce à un découpage précis et des cadrages justes et variés. Tout au plus peut-on éventuellement faire la moue devant l’imprécision des visages, mais il s’agit d’un élément du style de Berlion, à l’image de Malès, grand amateur de littérature américaine s’il en est...

(par David TAUGIS)

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