Le marathon de New York à la petite semelle - Par Sébastien Samson - La boîte à bulles

7 novembre 2016 1 commentaire
  • Un prof de collège décide d'accompagner un groupe d'amis au Marathon de New York. 42 km de souffrance, cela se prépare... Sébastien ne se dégonfle pas, mais attention aux travaux d'Hercule ! Un reportage/récit d'apprentissage réussi à tous points de vue.

Il faut toujours épater sa femme. Sébastien, à force d’entendre parler de running et de marathons plus ou moins difficiles, décide de lancer le défi : lui aussi, il va s’inscrire à celui de New York. Seule petit hic, il ne court jamais, pas même un petit footing du dimanche matin. Tout est à refaire, en partant des bases, pour arriver dans la Grosse Pomme en capacité de finir sans brancard sur la ligne d’arrivée. Heureusement, la femme de Sébastien, athlète accomplie, prend en charge son entraînement. Et forcément, les débuts sont douloureux...

Le marathon de New York à la petite semelle - Par Sébastien Samson - La boîte à bulles
© la boîte à bulles 2016

Très bel album d’apprentissage, avec en personnage central un prof d’arts plastiques à la sympathie incontestable. Tous les ingrédients se mêlent pour faire courir le lecteur sur ses talons : d’un côté l’aspect sportif, parfaitement décrit, et de l’autre la petite vie d’un groupe de runners prêts à se lancer à la conquête de l’Everest de l’endurance : ce fameux Marathon de New York, probablement le plus célèbre du monde.

Évidemment, le suspense tient à la grande question : Sébastien réussira-t-il à aller au bout ? Mais en fin observateur de ses contemporains, l’auteur ne manque pas de croquer ses voisins de course, véritable reporter immergé entre Central Park et Harlem. Là encore, des moments de lecture passionnants [1].

Si le pari de séduire les nombreux amateurs de course à pied de l’univers francophone semble gagné haut la main, l’ambition de l’album va plus loin : décrire le sport, ses bienfaits, mais aussi ses contraintes coûteuses, des éléments cocasses de la vie de prof, la culture très particulière des dingues du marathon... En illustrant son propos d’un trait à la fois sobre et très précis, Sébastien Samson trouve le juste équilibre entre belles images (paysages, notamment) [2] et dynamisme.

Last but not least  : les petits personnages qui s’agitent perpétuellement à l’intérieur de l’organisme de notre néo-marathonien, expliquant certaines réactions du corps face à l’effort sportif, font mouche à chaque apparition.

(par David TAUGIS)

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[1malgré deux erreurs étonnantes : une évocation des Stones où Keith Richards, le guitariste, se retrouve à jouer de la basse, et un instantané dans lequel l’auteur croise des militants orthodoxes juifs, qualifiés de secte, alors que cette communauté (le Habad, connue en France sous le nom de Loubavitch), certes très rigoureuse, n’entretient aucun gourou richissime et n’a rien à voir avec l’exploitation de crédules convertis puis ruinés

[2Avec un hommage furtif et ludique au peintre Edward Hopper.

 
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