Le marché de la planche originale vers de nouveaux horizons

20 juin 2017 0
  • Alors que la dernière vente chez Christie’s s’est achevée ce week-end avec de nouveaux records, de nouveaux modèles économiques se dessinent pour le marché de la planche originale avec la création de nouveaux centres d’intérêt, comme la création féminine.
Le marché de la planche originale vers de nouveaux horizons
Record pour la vente Rosinski chez Christie’s : 28 planches totalisant 614.900€ !
© Ed. Maghen

Vacation après vacation, les grands noms s’affichent et atteignent des sommes folles. C’est le cas pour la dernière vente du 17 juin 2017 chez Christie’s : une planche iconique d’Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo à 252.200€ (les montants cités sont TTC) ; Edgar P. Jacobs à 139.880€ ; 108.860€ pour une gouache de William Vance, un record absolu pour cet artiste ; 71.240€ pour un dessin d’André Franquin (une planche de Gaston estimée à 83.000€ n’a pas trouvé preneur) ; Hugo Pratt à 39.000€ ; Moebius à 36.400€…

Jour après jour, une hiérarchie s’installe qui met en avant les auteurs disparus ou ceux qui ne produisent plus. Une banque comme BNP Paribas dispose d’une cellule de conseil à l’investissement pour les grandes fortunes. Les experts ne s’intéressent qu’aux artistes morts…

Dans la bande dessinée cependant, la cote de grands artistes contemporains se construit elle aussi. C’est le cas aussi pour Grzegorz Rosinski qui, dans cette vacation, avec un ensemble de 28 planches parmi les meilleures de Thorgal, atteint le montant de 614.900€, soit une moyenne de 22.000 la planche ! « Après le catalogue spécial dédié à Gibrat lors de la vente de novembre dernier, le succès du catalogue Rosinski confirme la position de la galerie Maghen et de Christie’s comme promoteurs des artistes contemporains du neuvième art » déclare le galeriste-expert Daniel Maghen. Patrice Pellerin fait une percée à 16.900€ et François Boucq à 13.000€. Record du monde pour ces artistes.

À chaque vacation, les maisons de vente et les galeries qui pilotent ces opérations tentent de faire les événements qui rythmeront un marché qui se structure de plus en plus et qui s’étend puisque, par ces temps d’élections et de canicule, Christie’s avait quand même rassemblé près de 110 acheteurs !

Chantal Montellier, lors de l’inauguration de l’exposition "Pluri-Elles" à la Galerie Art-Maniak. Toujours à la pointe du combat pour les femmes.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Originaux « féminins »

Le 8 juin dernier a eu lieu le lancement d’une exposition à la galerie Art-Maniak dédiée uniquement à des artistes féminines : « Pluri-Elles ». Nous vous en avions parlé.

L’événement est de taille car il indique les nouvelles voies qui s’offrent aux amateurs de beaux dessins : loin des sommes folles des enchères de classiques de la bande dessinée, on peut acquérir des originaux d’une délicatesse infinie qui portent autant d’émotions que ceux de leurs homologues masculins.

« Aaaah ! Mon dieu, qu’est-ce que c’est dur, nous écrit Chantal Montellier dans son style fleuri. Il faut sans arrêt se battre, et sur tous les fronts ! Comme si le talent, la créativité, l’imaginaire (des femmes) étaient de trop dans ce bas monde immonde… » Ce combat, elle le mène en mettant en images la carte de Silvia Radelli qui avait rétabli la parité dans la désignation des métros parisiens, créant des stations "Virginia Woolf", "Louise Michel", "Mata Hari"...

La station Louise Michel vue par Chantal Montellier
Ph : D. Pasamonik (L’Agence BD)

« Cela met les femmes en valeur et, ça c’est déjà un argument de vente !  », nous dit le galeriste Clément Gombert qui nous indique qu’on peut déjà acheter un dessin à partir de 250€.

La beauté recherche elle aussi sa parité.

La grande dessinatrice turque Ramize Erer regarde le travail délicat de Mandragore.
Ph : D. Pasamonik (L’Agence BD)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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