Le ministre Éric Besson lance une BD sur l’Identité nationale

1er avril 2010 44 commentaires
  • C’est un énorme pavé dans la mare du Neuvième art, une première en France : M. Éric Besson, un ministre en exercice, lance sa propre BD sur l’Identité nationale. Et pour être sûr que le message passe, il en assure le scénario lui-même. « Pour prouver à Stéphane Guillon que j’ai de l’humour » aurait-il déclaré. Son titre ? « Le Manuel satirique de l'Identité nationale française ».

On l’avait accusé de partir à la pêche aux voix du Front National. Récemment, l’humoriste Stéphane Guillon l’avait brocardé sur France Inter, stigmatisant le "Mata Hari de la politique française", poisson-pilote du requin Sarkozy dans les eaux du PS, évoquant à son propos des "yeux de fouine" et un "menton fuyant". Bref, pour l’humoriste, Éric Besson était l’incarnation du traître de comédie.

Dans un premier temps, profondément blessé, M. Éric Besson se plaignit auprès du directeur de la chaîne, lequel s’excusa pour les propos de son bouffon, Guillon en rajouta en s’excusant le lendemain encore. L’affaire semblait s’envenimer, M. Besson déclarant : « Le racisme ordinaire est-il plus chic lorsqu’il émane d’une bouche autoproclamée "humoriste de gauche" ? ».

Le ministre Éric Besson lance une BD sur l'Identité nationale
(c) Ph. Bercovici & Mohamed Sifaoui

C’est chez Frédéric Mitterrand, Ministre de la culture, où Éric Besson essayait d’obtenir la tête de l’humoriste et en voyant le fauve de Trondheim trôner sur le bureau du Ministre qu’il a eu l’idée : « Et si, on essayait de battre Guillon sur son propre terrain, celui de l’humour ?  » Il réunit ses conseillers et l’un d’eux, un familier des éditions 12bis, suggéra d’employer les auteurs d’une récente biographie de Ben Laden, Mohamed Sifaoui et Philippe Bercovici, pour en assurer la réalisation.

En quelques heures, assisté de plusieurs conseillers (quelques ministres du gouvernement sont passionnés de BD), M. Besson en a écrit le synopsis détaillé, tandis que Mohamed Sifaoui en assurait les dialogues. L’histoire raconte de façon humoristique comment un candidat à l’immigration vivant sans-papiers en France découvre l’Identité nationale. Il y est fait notamment allusion à Astérix et à Tintin, passage obligé pour jauger la culture du candidat.

(c) Ph. Bercovici & Mohamed Sifaoui

En expert, Le journaliste Mohamed Sifaoui, qui est aussi un militant antiraciste, restitue les différentes embûches rencontrées en chemin avant de devenir un bon Français, en multipliant les gags. Il affirme en privé que certains gags sont inspirés de son propre vécu en France.

Rencontrés au salon du livre, Sifaoui et Bercovici sont restés très discrets sur le contenu de cette BD inédite, nous montrant néanmoins quelques planches déjà finalisées. Bercovici, dessinateur de l’album, affirme néanmoins que l’histoire se terminera par un grand banquet républicain où Stéphane Guillon est représenté bâillonné et pendu à un arbre !

Les 35 premières planches sont déjà dessinées et l’album devrait sortir chez 12 bis en septembre prochain.

La BD comme facteur d’intégration : Philippe Bercovici et Mohamed Sifaoui, l’un et l’autre immigrés de souche, fiers de contribuer à l’Identité nationale française
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Les deux co-auteurs sont restés néanmoins très discrets sur l’avance qu’ils ont reçue, mais selon nos informations, le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale aurait déjà commandé plus de 50.000 exemplaires, ce qui, en théorie promet un « beau succès », payé avec l’argent du contribuable naturellement, ce qui risque de ne pas faire rire tout le monde…

Nous ne manquerons pas de vous en reparler.


Comment cela, il n’est pas frais mon poisson ?

Eh oui, bon nombre d’entre vous l’ont remarqué : l’article est daté du 1er avril et un fluide d’humour potache a aussitôt envahi l’esprit de nos rédacteurs.

M. Besson n’a pas réalisé de BD sur l’Identité française. Mais, qui sait ?, peut-être cette farce lui donnera-t-elle des idées. Quant à nos auteurs, ils nous ont fait savoir avec élégance et raffinement ce qu’ils en pensent. Merci pour leur aide.

« Un des malheurs de la vie, c’est qu’on prend les gens au sérieux, et qu’ils se prennent au sérieux. Si on avait vu Hitler sous l’angle grotesque, petit bonhomme agité, disant des stupidités, si autour de lui les gens avaient ri, au lieu de le prendre au sérieux, ça aurait économisé quelques millions de morts  » a dit René Goscinny.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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