Le petit livre rock - par Hervé Bourhis - Dargaud

26 décembre 2007 0 commentaire
  • A la fois guide historique et recueil d'émotions personnelles, ce plutôt gros petit livre fourmille d'infos. Hervé Bourhis y clame joliment son amour du rock, au sens très large du terme.

Prudent et modeste, Hervé Bourhis prévient d’emblée : "je n’ai aucune légitimité pour écrire ce livre". Pourtant, les exégètes auront du mal à trouver des perles dans ce copieux - 84 pages- passage en revue de 55 ans de rock.

Dans un panorama année par année qui démarre en 1951 (les prémisses, même si on peut remonter encore plus loin), l’auteur égrène les faits marquants, les anecdotes incroyables et ses propres souvenirs de rockophile compulsif. L’âge de Bourhis ne fait démarrer ses "je me souviens" qu’en 1974 mais cela ne l’empêche pas de fournir moult infos indispensables.

Outre un bon travail de documentation, Hervé Bourhis a fait l’effort de dessiner des dizaines de stars du rock, de même que reproduit quantités de logos de groupes. Si l’essentiel de l’album tient plus du dessin commenté, certaines scènes sont 100% BD, comme cette rencontre désopilante entre Elvis Presley et Richard Nixon à la Maison Blanche.
Le petit livre rock - par Hervé Bourhis - Dargaud
On pourra reprocher à Bourhis sont affiliation Inrocks un peu trop prononcée. Idem pour sa présentation lapidaire et erronée des origines du Police de Sting. Critiquer également des oublis coupables : Grateful Dead, Téléphone seulement évoqué pour une couverture de magazine... Mais pour trouver ces accrocs, le rockologue acharné aura du bien chercher, signe que l’ensemble se tient bien.

Il faut préciser que même les spécialistes apprendront des choses, comme par exemple les titres de travail de certains albums ("le freak" de Chic qui s’appelait d’abord "Fuck Off") ou bien certains faits oubliés comme la tentative de lancement à grands frais d’un Bowie américain, un certain Jobriath, en 1973...

Comme dans ses albums qui évoquent la musique (le Stéréo club), Hervé Bourhis n’oublie jamais l’humour et parvient toujours à parler de sa propre relation à la musique d’une façon intéressante. Cerise sur le gâteau, il parsème son ouvrage de listes rigolotes (six disques qui justifient le punk, 5 lignes de basse pompées sur Good Times de Chic...) à la façon des Miscéllannées de Mr Schott.

Un joli volume qui donnera de la couleur à votre bibliothèque rock.

(par David TAUGIS)

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