Le rouge, couleur du FIBD 2007 ?

8 novembre 2006 13 commentaires
  • L'affiche du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême 2007 aura un impact visuel fort. Ainsi en a décidé Lewis Trondheim, lauréat du Grand Prix.

Dans son édition du 8 novembre, le quotidien La Charente Libre dévoile une des trois affiches que Lewis Trondheim a créée pour le Festival d’Angoulême 2007. Malicieux, le journal souligne la couleur rouge de l’affiche : "Rompu aux coups médiatiques et aux luttes, le militant Trondheim signe une main - armée d’un crayon - qui traverse l’affiche. Un côté néo-communiste ou un clin d’œil maoïste ? « Il y a aussi du rouge dans le drapeau américain » préfère plaisanter Trondheim désireux dans cette affiche de valoriser son art, et sa base : le dessin."
L’auteur veut "se placer du côté de l’affichiste. Etre vu et lu. Avoir un impact visuel. Et tant pis pour ceux qui aiment quand il y a plein de détails." En effet, pour les détails et les nombreux personnages habituellement affichés, il faudra patienter... Trondheim a choisi un dessin minimaliste qui traduit parfaitement l’esprit militant du fondateur de l’Association : une affirmation de l’auteur de bande dessinée.

Le rouge, couleur du FIBD 2007 ?
l’affiche à laquelle vous avez échappé !...
© Lewis Trondheim/FIBD

Le FIBD avec humour publie sur son site internet "l’affiche à laquelle vous avez échappé !...". Le rouge et l’éclatement dessiné étaient déjà là.

L’affiche définitive sera rendu publique le 22 novembre prochain. Les logos des partenaires seront rajoutés et la signature de Trondheim cohabitera avec celui des centres Leclerc, sponsor critiqué régulièrement par l’auteur. "Je ne suis pas Don Quichotte, je ne me battrais pas contre des moulins à vent. Je n’aime pas que quelqu’un qui milite contre le loi Lang [1] soit sponsor du festival, je n’aime pas l’idée que l’accès des bulles soit payant, je n’aime pas qu’il y ait des guerres dans le monde, mais je n’ai pas d’armes contre cela » observe Trondheim. « Mon seul combat sera pour une plus grande reconnaissance de la bande dessinée et du dessin. C’est un tout petit combat de rien du tout, mais ça tombe bien, je suis petit comme rien du tout" confie Lewis Trondheim à la Charente Libre.
Si d’après Didier Pasamonik la mode 2006 était aux pulls [2], la tendance 2007 risque de virer au rouge écarlate.

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

[1ndlr : Michel-Edouard Leclerc

[2Suprême dimension n°2

 
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13 Messages :
  • > Le rouge, couleur du FIBD 2007 ?
    10 novembre 2006 09:04, par f*Parme

    Généralement, nous avons droit à des illustrations, pas à des affiches. Je rêve que le successeur de Lewis sache retenir la leçon et qu’il n’y ait plus un seul critique BD pour sortir un truc aussi intellectuellement faible que : "En effet, pour les détails et les nombreux personnages habituellement affichés, il faudra patienter..."... je rêve, quoi... f*

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    • Répondu par Laurent Boileau le 10 novembre 2006 à  09:48 :

      La phrase que vous mettez en exergue faisait référence au contenu des affiches des années précédentes. Elle n’était en aucune façon une critique de l’affiche proposée par Lewis Trondheim. Si ma phrase prête à confusion, ce n’était pas mon intention...

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      • Répondu par f*parme le 11 novembre 2006 à  10:11 :

        " il faudra patienter" pour revenir aux années précédentes ? Pour moi, votre phrase prête à confusion.
        Si le public aime les affiches qui n’en sont pas, c’est aussi à la critique d’éduquer son goût, de mettre le doigt sur ce qui fait avancer les choses, non ?
        Du moins, c’est ce que des gens comme Lewis, moi et bien d’autres attendons de vous...

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    • Répondu par Blonk le 11 novembre 2006 à  13:19 :

      Une affiche pour un festival de bande dessinée, ce n’est pas la même chose qu’une affiche pour Bonbel ou pour Peugeot. Je ne vois pas en quoi les affiches de Zep, de Schuiten ou de Juillard serait inférieures à celle-ci. Au contraire, on dirait une affiche qui milite pour une école de com ou pour reporter sans fontières. Qu’est-ce que vous reprochez, en fait, aux affiches précédentes ? Qu’elles ne savaient pas vendre ?

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      • Répondu par f*Parme le 12 novembre 2006 à  14:01 :

        Qu’elles ne communiquent rien. Qu’elles ne sont pas modernes.
        Une affiche c’est une publicité, un slogan, une image éphémère, pas une joli poster qu’on regarde pendant des heures. La plupart des affiches pour les salons de BD ne sont pas plus réfléchies que des réclames dessinées il y a plus d’un siècle. Le dessinateur sollicité pour réaliser ce genre d’enseigne cherche généralement à produire de la forme et non à se poser la question essentielle : "qu’ai-je à dire ?". Après, s’il y a un discours et en plus une belle forme pour l’habiller, alors là, c’est trop top... mais c’est rare. Je ne me souviens pas d’une telle affiche pour Angoulème...
        D’autre part, je n’ai rien contre la publicité, on peut vendre un festival comme on vend une Peugeot.
        f*

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        • Répondu par LO le 13 novembre 2006 à  16:53 :

          "Qu’ai-je à dire ?" C’est bien simple, le dessinateur-président doit promouvoir La grande fête d’une chouette bande plurielle de copains de BD. Bande dont il occupe pour l’occase la place centrale. L’exprimer par une affiche multi-personnages est donc à propos sans être obligatoire.
          Parle passé d’ailleurs, tout le monde n’avait pas fait ce choix. Vuillemin avait réalisé un strip d’humour sans héros de BD, juste des couvertures de bouquins lues par un personnage. L’année Crumb, on avait eu droit à une affiche morne en remplacement d’un dessin jugé trop osé (et sans héros de BD non plus). Schuiten, s’était, je crois, représenté sur sa table à dessin. Enfin Loisel de son côté avait préféré représenter Clochette contemplant la fête. Lewis semble prendre le parti de dire : " Je remets le crayon au pouvoir !". Pourquoi pas. C’est son droit de Président. Après les coups de provos, reste à voir la suite de son programme...

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          • Répondu le 13 novembre 2006 à  19:26 :

            Je viens de regarder toutes les affiches qui peuvent se trouver sur le site officiel du FIBD. Je suis désolé... il y en n’a pas une seule que mon cerveau puisse mémoriser. Elles sont toutes trop compliquées. Dessins fouillis et discours creux. Celle de Zep est encore la plus claire et la plus mémorisable : Titeuf au-dessus des autres.

            Lewis semble prendre le parti de dire : " Je remets le crayon au pouvoir !". Pourquoi pas.
            Le pouvoir aux auteurs...
            Ce qui m’amuse, c’est que le bras est jaune... Le pouvoir aux mangas ou peut-être que Bart Simpson est derrière tout ça, HAHAHA !!!

            C’est son droit de Président. Après les coups de provos, reste à voir la suite de son programme...

            Lewis provo... en êtes-vous sûr ? Je ne connais pas de Lewis provo...

            f*

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            • Répondu par ranx le 14 novembre 2006 à  18:03 :

              "Si le public aime les affiches qui n’en sont pas, c’est aussi à la critique d’éduquer son goût, de mettre le doigt sur ce qui fait avancer les choses, non ? Du moins, c’est ce que des gens comme Lewis, moi et bien d’autres attendons de vous... "

              Merci de m’apprendre que la critique éduque le gout de ses lecteurs. Qu’elle les conseille, qu’elle leur donne son (premier) avis sur telle ou telle chose, je veux bien. Mais je n’ai jamais entendu parler d’une critique qui éduque... En tout cas, pas dans un pays où le lecteur reste libre de penser et d’apprécier par lui-même.

              Et si ActuaBd m’apprenait ce qui vaut ou non pour une affiche, je lui dirais gentiment d’aller se faire voir. J’aime ou non, point. A moins de vouloir briller dans les salons parisiens d’un air détaché en tenant ma coupe, je n’ai pas besoin de savoir ce qui fait "avancer les choses" dans une affiche, surtout dans une affiche pour un Festival de Bandes Dessinnées. Si cette affiche/illustration me plait et que je veux la mettre dans mon salon parce que c’est joli, tant mieux pour moi. Je n’en sortirai pas grandi. Juste heureux.

              Un lecteur intellectuellement faible, qui prend le plaisir là où il est et espère bien continuer jusqu’à ce que mort s’en suive. Comme épitaphe, on marquera "la critique ne l’a pas éduqué, il est mort con jusqu’au bout mais avec quel plaisir...".

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              • Répondu par f*¨Parme le 16 novembre 2006 à  07:50 :

                Ben oui, une critique constructive est une critique qui éduque. Autrement, une critique qui se contente de verser dans le "j’aime/j’aime" pas est inutile même néfaste. Le "j’aime pas" voulant trop souvent dire : "je ne comprends pas" ou "chacun ses goûts". Le goût s’éduque, les critiques servent à faire comprendre, à analyser le travail des auteurs, à les situer dans l’Histoire... Cette critique existe pour la peinture, pour le cinéma... et elle n’est franchement pas inutile. Cette critique professionnelle me semble aujourd’hui de plus en plus indispensable pour la bande dessinée. Malheureusement, trop souvent, des amateurs se contentent de donner leur opinion. Mais une opinion reste toujours trop épidermique...
                f*

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        • Répondu par MAX CABANES le 25 novembre 2006 à  14:28 :

          Aaah, mon p’tit gars, j’adorerais ça , que les affiches ne soient plus que des illustrations, des tableaux de genre, ou bien abstrait, même culcul allez, ou pompiers etc...Bref, des "propositions" dénuées de toute vulgarité mercantile...Ce serait ,disons, une respiration .(respirer ne sera jamais rétrograde, mais je suis prêt à entendre la démonstration du contraire)

          — Alors la publicité serait porteuse de (vrai) sens ? Qui dira le contraire ? La plus naïve illustration de boîte à camembert contient sa charge sémantique, une vignette de "tintin" où d’astérix de même, le sens est simultané à l’image, quelque soit le genre graphique qui s’exprime. Rions un peu : si le genre "illustratif " était vide de sens, il serait très en vue dans l’art contemporain. Bon, pas de prosélytisme, mais il y a longtemps que j’ai choisi :
          bien qu’il m’arrive de faire la différence entre une bonne et une mauvaise pub (j’ai mes perversions), je préfère la pire des réclames nunuche (qui à l’avantage de m’attendrir) à la culture de la publicité "stylée", "glacée"(là ça marche !), "coup-de-poing"(si seulement c’était ça !), ou "potache-canaille-clin-d’œil", toute une déclinaison spécieuse qui vient nourrir le large champ sémantique du libéralisme auto-satisfait. (oups ! Pléonasme !)
          Pourquoi ne pas "vendre" le festival ? Mais oui, bien sûr, quelle formidable idée ! Enfin une bonne pinte de sens ! Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ? C’est tellement simple, intelligent, spontanément "jeune". Waow ! Vendons le festival comme n’importe quel autre gros truc à vendre !

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          • Répondu par f*Parme le 26 novembre 2006 à  00:03 :

            Aaah mon vieux gars de la génération Baby-Boom (Max Cabanes est né en 1947)... La génération qui a tout bouffé en prétendant faire le contraire et en se leurrant donc lamentablement. La génération qui consommait du Rock et de la BD. La génération toujours en quête de nouveauté, comme si c’était possible !!! "T’as écouté le dernier album de machin, t’as lu la dernière BD de Truc ?..." Et on en est encore là aujourd’hui. Il faut toujours être au courant du dernier truc qui sort pour être dans le coup. Comme si c’était forcément mieux parce que sorti cette semaine. Un truc chasse l’autre et c’est très vite l’amnésie collective qui engendre en plus des collectionneurs !!! Combien de faux évènements ? Et quand enfin, un vrai truc complètement nouveau arrive, il a presque toutes les chances d’être noyé dans la masse. Nous (vos enfants) avons hérité de vos défauts pour les transmettre à notre tour. Tel courant a remplacé tel autre mais en fait, tout n’est que répétition, répétition, répétition... séries.... Hier le comics pour faire branché, aujourd’hui le manga pour faire chébran, demain on trouvera bien autre chose, une nouvelle école de dessinateurs clones pour faire "style", n’importe quoi du moment que la masse des jeunes absorbe la même camelote pour se démarquer des anciens. Tout ça, c’est trop bien car c’est de la Contre-Culture ! La belle invention ! La belle arnaque capitaliste qui dure depuis plus de 50 ans !!! La Contre-Culture : des produits pour les jeunes, des objets "Kleenex",sexys, pas chers, fabriqués en série... Cette Contre-Culture qui s’est petit à petit imposée comme Culture. Quand j’entends contre-culture, je sors ma lime à ongle... et je ne veux pas croire qu’une affiche soit faite pour autre chose que pour annoncer et donc pour vendre. Le festival d’Angoulème est un supermarché, une librairie payante ou les auteurs et les éditeurs vendent leurs bouquins et les lecteurs demandent des plus-produits ou dédicaces... C’est un commerce, il n’y a pas de honte à le dire et je n’ai pas envie qu’on m’habille les choses avec des fioritures à la papy pour me les faire gober. Imagine de Lennon est une super réussite commerciale !!! Ben Astérix de Ce cher Goscinny, c’est dans le même genre.
            Le capitalisme répond idéalement à nos désirs de liberté que nous penchions du côté libertaire ou libéral. Notre monde est vulgaire et mercantile et que ce soit clair. Les affiches sont des publicités et les couvertures de nos albums aussi. La BD est un luxe des pays riches et vous comme moi en profitons plutôt agréablement.
            L’affiche de Lewis est saine parce qu’elle cogne, elle frappe, elle annonce le festival et la couleur qu’il prendra cette année. En tout cas je l’espère. Et si l’année prochaine, Angoulème ressort ses charentaises, ben... il ne peut pas faire beau tout le temps non plus et on ressortira nos parapluies pour aller avec. Si je suis invité à m’y rendre cette année, je n’hésiterai pas à y vendre ma marchandise comme un maraîcher fier de ses beaux fruits. Et si vous ne comprenez pas mon cynisme et mon second degré : tant mieux, de toute façon, je suis sans illusion :-) f*

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            • Répondu par Franck BIANCARELLI le 26 novembre 2006 à  17:13 :

              Mais Fabrice ?!?
              Tu dis n’ importe quoi ...
              On se croirait sur un forum

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              • Répondu le 11 janvier 2007 à  19:28 :

                Faut bien que je m’amuse un peu... Huhuhu !
                f*

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