Le second cycle de "Prométhée" s’avère explosif !

28 novembre 2016 0 commentaire
  • Les douze tomes de "Prométhée" avaient apporté un regard neuf sur la science-fiction en bande dessinée. Après avoir profité d'une pause, le temps d'un hommage collectif toujours scénarisé par Christophe Bec, les auteurs repartent dans un nouveau cycle tout aussi palpitant !

Malgré un démarrage un peu chaotique, nous avions suivi avec intérêt l’une des plus brillantes et ambitieuses séries de science-fiction de ces quinze dernières années, en multipliant les chroniques et les interviews de son concepteur Christophe Bec. Prométhée touchait à la fois à notre dépendance à la technologie, au jeu des superpuissances mondiales qui ne sont pas confiance, mais surtout aux mystères répartis sur tout le globe pour évoquer les possibilités de contacts entre humains et extra-terrestres.

L’aspect feuilletonnesque développé dans les neuf premiers tomes avait fait place dans les trois derniers tomes à une trame serrée qui devait se lire d’un bloc pour profiter pleinement du choc de la confrontation finale. Ce qui nous permettait de conclure après le douzième tome , que cette saga avait réussi à tenir le rythme de publication de deux albums par an, et qu’auteurs et éditeur avaient su prouver qu’on pouvait faire de la bande dessinée autrement : d’une manière plus réfléchie, avec des effets à grand spectacle, tout en sortant des sentiers battus.

Le second cycle de "Prométhée" s'avère explosif !
Après l’apocalypse, les survivants s’organisent, mais de nouveaux faits se produisent...

Quand le bilan est si positif, on peut toujours espérer que la série se poursuive, tant que les auteurs ne choisissent pas la voie de la facilité, et que la qualité ne se délaye pas au profit de la quantité ou de l’intérêt financier. Ces aspects, Christophe Bec les avait bien compris ! Bien qu’un treizième tome était déjà en chantier, reprenant différents contacts entre hommes et extraterrestres à travers les âges et servi par un beau collectif, l’auteur préférait laisser murir les idées avant de s’engager dans un second cycle. Selon lui, il fallait effectivement trouver une idée suffisamment intéressante pour maintenir l’intérêt du lecteur et le rythme de la série.

Un démarrage en trombe

Le tome 14 sorti début de ce mois comble toutes ces attentes… et va même au-delà ! Toujours accompagné de son compère Stephano Raffaele, qui parvient à dessiner à un rythme hallucinant des séquences complexes et à grand spectacle, Bec déjoue le piège du début du premier cycle. En effet, pour introduire la série, l’auteur n’avait trouvé d’autres solutions que de scinder son introduction en deux tomes, ce qui laissait beaucoup de questions en suspense à la fin du premier album, et ne donnait pas toutes les clefs nécessaires pour bien cerner les thématiques et le potentiel de Prométhée.

Ce nouveau tome comprend bien des scènes d’action, dont des affrontements entre les survivants et les extraterrestres qui les traquent

Mais comme dirait Lambique, seul un âne bute deux fois sur la pierre ! Bec a donc condensé le début de ce nouveau cycle en un magnifique album de 54 pages. Le lecteur peut sans aucun doute l’acheter dès maintenant, et profiter d’un excellent moment de bande dessinée. Le récit est très bien construit, l’on comprend dans quelle direction l’histoire va se prolonger et on profite d’une vraie conclusion. Seul légitime revers de la médaille, cet album est très dense, comportant souvent plus d’une dizaine de cases par planches, et près du double de phylactères. On ne boude pas son plaisir, mais n’espérez pas lire cela en dix minutes dans le métro, vous en gâcheriez tout l’intérêt.

Une fois de plus, l’intrigue se développe autour de plusieurs groupes de personnages, et de nouveau sur plusieurs lignes du temps. Antiquité, XIXe, XXe, et XXIe siècles proposent des visions différentes et s’épaulent les uns les autres. On apprécie retrouver des héros qu’on avait lâchés à la fin de l’apocalyptique conclusion du douzième tome : on suit donc ce qui s’est passé après ce qu’on pensait être l’extinction de l’humanité. Mais on revient également en arrière avec d’autres trames, en espérant empêcher ce cataclysme. Chaque fil du premier cycle trouve donc sa suite logique dans ce quatorzième tome, bien qu’il ne soit pas nécessaire de relire les précédents pour en apprécier la teneur : les deux pages de prologue suffisent à se remettre en selle.

De nouvelles découvertes se produisent au XIXe siècle...

Une nouvelle théorie temporelle

Si Bec revient donc avec quelques thématiques fortes du début de la série (l’allusion mythologique, les « troublantes preuves » que les autorités connaissent l’existence d’extra-terrestres, etc.), il développe dans cette nouveauté d’intéressantes théories temporelles, telle que celle d’une nouvelle vision du flux du temps et des paradoxes temporels. Comme la théorie des ondes, elles jouent sur l’axiome des nœuds, moments-clés de la trame temporelle, et expliquent le postulat que l’ingérence d’un voyageur temporel dans son passé n’aura pas d’influences tant que ces événements fondateurs demeurent.

Cette théorie sert bien entendu son récit, mais apporte un intérêt narratif indéniable, alors que la plupart des autres histoires populaires de voyage dans le temps restent bloquées sur le fameux paradoxe temporel. Attention, c’est castar, mais Bec a déjà misé sur l’intelligence de ses lecteurs, et en est ressorti gagnant !

Si Bec & Raffaele avaient multiplié les séquences mythologiques dans le premier cycle, ils glissent cette fois vers une Antiquité plus réaliste, celle d’Alexandre-le-Grand, et profitent avantageusement de l’incroyable destinée du jeune conquérant pour livrer une somptueuse conclusion. Cette dernière séquence relance d’ailleurs tout ce qui avait été raconté précédemment, une vision complémentaire audacieuse qu’on n’avait plus connu depuis Alter Ego.

Malgré quelques longueurs, sans doute difficilement contournables vus les développements supposés dans les prochains tomes, ce second cycle nous a donc conquis, car il prolonge non seulement l’ambiance du début de la série, tout en rajoutant quelques éléments complémentaires, comme ces développements au XIXe siècle, qui rendent hommage à la littérature fantastique et aventurière l’époque.

Qui a aidé Alexandre à venir à bout des Phéniciens en -332 av JC ?

Olympus Mons, la nouvelle série sur les traces de Prométhée

Ce défi de taille, Bec n’aurait sans doute jamais pu le relever sans Stephano Raffaele, un dessinateur qui s’approche de son style graphique réaliste basé sur des acteurs et des photographies, mais qui travaille à une vitesse.. extra-terrestre ! Le dessinateur réalise effectivement trois à quatre albums par an ces dernières années, essentiellement avec Christophe Bec (Prométhée, Sanctuaire Genesis et Deepwater). Les deux auteurs vont effectivement publier en janvier prochain une nouvelle série dans la même veine que Prométhée.

Olympus Mons T1 : © Éditions Soleil, 2017 - Bec, Raffaele

Le récit d’Olympus Mons débute cette fois en 2026. Des phénomènes inexpliqués et étranges se produisent simultanément en différents lieux : artefact inconnu, médium hanté par d’étranges visions, message adressé aux habitants de la Terre,... Tout semble trouver une réponse lorsque des cosmonautes découvrent sur Mars la carcasse d’un vaisseau spatial.

Le challenge pour les deux auteurs sera de suffisamment se distancer de Prométhée, mais vu le contenu et l’audace de ce quatorzième tome, ils possèdent encore des ressources insoupçonnés.

Le premier tome de cette nouvelle série sortira pour le 25 janvier 2017

(par Charles-Louis Detournay)

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Concernant Prométhée, lire nos chroniques des tomes 1, 2, 3 et la conclusion du premier cycle de Prométhée
Ainsi que notre dossier : Les abysses de Christophe Bec et lire nos interviews de Christophe Bec :
- « La fidélité des lecteurs m’a permis de réaliser cette série fleuve, Prométhée, même si je n’y croyais pas trop, vu le climat ambiant de l’édition »
- « Aujourd’hui, il faut savoir s’adapter au marché » (Août 2014)
- « Pour moi, il est capital de terminer les séries ! » (Août 2013)
- « Prométhée est un récit ambitieux. J’ai pris le pli de révéler des choses, quitte à décevoir. » (Août 2013)
- « Vingt ans après notre album commun, je reprends du service avec Corbeyran sur "Doppelgänger" » (Janv 2011)
- « Je ne me serais jamais lancé dans "Ténèbres" sans un grand dessinateur ! » (Janv 2011)
- "Pour éviter de m’ennuyer, je change souvent d’univers " (Décembre 2008)

Lire quelques-unes des chroniques des autres albums de Christophe Bec :
- Death Mountains, tomes 1&2
- Carthago tomes 1 et 2, ainsi que Carthago Adventures tomes 2 et 3
- Wadlow
- Rédemption
- Fontainebleau avec Alessandro Bocci
- Ténèbres tomes 1 et 4 ainsi que notre dossier Entre Ange et Ténèbres, Soleil continue de privilégier l’Héroïc-Fantasy
- Under tome 1
- Bunker tomes 1, 2 et 3
- Sara tomes 1 et 2 avec Raffaele
- Pandémonium tome 1, 2 et 3

Sauf exception, tous les visuels sont : © Éditions Soleil, 2016 - Bec, Raffaele

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