Le secret de la Licorne - Tintin - Hergé - Casterman

12 octobre 2002 1
  •   Les numéros d'autorisation sont 1785-1786-1787. Qui autorisait? Et quoi? Juste au-dessus de la mention, un vieux Tintin tramé en noir et blanc rapidement colorié en benday demande au lecteur "...Et ces albums-là, les connaissez-vous?...". Dans l'encadré, dix titres de Tintin et trois de Quick et Flupke. Nous sommes en 1943, Tintin a à peine quatorze ans et sa nouvelle aventure, "Le secret de la Licorne", paraît en couleurs. Casterman la réédite, près de soixante ans plus tard, dans un fac-simile parfait.

Comme "L’étoile mystérieuse" avant lui, le titre "Le secret de La Licorne" parut en couleurs dès la première édition en album.

Mais la pré-publication dans la presse quotidienne (Le Soir) s’était faite en noir et blanc, par petits strips de quelques cases.

Le fac-similé reproduit, comme à l’habitude, l’édition originale. Datée de 1943, celle ci se reconnaît aux numéros d’autorisation de l’occupant allemand, au bas de la quatrième de couverture : 1785 - 1786 - 1787.

On relève peu de différences de texte ou de dessin entre cette première version et celle qui est diffusée aujourd’hui : la correction d’un belgicisme, de l’une ou l’autre faute d’orthographe ou de typographie ("Monsieur" devient, plus correctement : "monsieur", sans majuscule superflue).

Le pavillon de La Licorne n’est pas à fond bleu, dans les planches alors qu’il semble l’être sur la couverture et le deviendra par la suite, après quelques réimpressions.
Pour beaucoup de tintinophiles, ce cycle de deux albums (Le secret de
La Licorne et Le trésor de Rackam le Rouge) constitue un sommet de l’art d’Hergé, sur le plan graphique et celui de la narration.

(par Patrick Albray)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Un travail d’édition irréprochable pour le début d’une des grands aventures de Tintin qui, alors en pleine guerre mondiale, préférait s’éclipser vers des lointains moins sombres. Les vieux lecteurs verseront une larme en revoyant les pages de garde bleues de leur enfance, les amateurs de beaux livres apprécieront le grammage du papier et la reliure cousue, tout le monde relira avec bonheur cette histoire pourtant lue et relue d’un des plus grands raconteurs du XXe siècle. Seuls chicaneront ceux qui, comme moi, ne retrouvent pas le dos rond de la couverture. Mais trouve-t-on encore des machines capables de donner cette ultime finition aux livres de bande dessinée ?

Lire un extrait

 
Participez à la discussion
1 Message :