Le trio gagnant pour le Grand Prix 2022 du Festival International de la BD d’Angoulême

  • Les votes sont clos depuis dimanche 27 février. Et surprise : ce sont trois femmes qui sont en compétition pour le Grand Prix du Festival International de la BD d'Angoulême de cette année ! Ce prix récompense une autrice ou un auteur pour l’ensemble de son œuvre et son empreinte sur l’histoire de la bande dessinée. Les trois autrices nommées cette année sont Julie Doucet, nommée pour la première fois, Pénélope Bagieu, dont c'est la seconde nomination, et Catherine Meurisse, finaliste pour la troisième fois cette année.

Après l’édition 2021, l’édition 2022 paraît faire redite puisque Pénélope Bagieu et Catherine Meurisse étaient déjà finalistes du Prix. Mais c’est en revanche la première fois qu’aucun homme ne fait partie de cette sélection finale ce qui change d’un palmarès où, pendant longtemps, les femmes ne faisaient que de la figuration. Ce qui interpelle, c’est qu’elles sont censées être récompensées « pour l’ensemble de son œuvre et son empreinte sur l’histoire de la bande dessinée », ce qui est un peu surprenant pour des autrices aussi jeunes. Les commentaires ne vont pas manquer...

Sans grande surprise, Catherine Meurisse est nommée pour la troisième fois. Celle qui a débuté dans le dessin de presse et le dessin d’humour, notamment chez Charlie Hebdo, s’était ensuite consacrée entièrement à la bande dessinée depuis plusieurs années.

On retiendra La Légèreté, son "album-résilience" dans lequel elle raconte son traumatisme et sa reconstruction artistique et mentale à la suite de l’attentat du 7 janvier 2015.
Dans Les Grands Espaces, la dessinatrice racontait ses souvenirs d’enfance à la campagne, en intégrant une conscience esthétique et politique du paysage rural. Avec Delacroix, d’après un texte d’Alexandre Dumas sur le peintre, elle opérait une relecture de l’artiste d’une manière très personnelle, créant des ponts entre les arts.
Son dernier album, La Jeune Femme et la Mer, bien dans l’air du temps, questionne la place de l’Homme dans la nature et son rapport à l’art comme moyen de l’apréhender pleinement. En 2020, une grande rétrospective lui avait été consacrée à la BPI du Centre Pompidou. Dans la foulée, elle a été la première autrice de bande dessinée membre de l’Académie des beaux-arts. ActuaBD l’avait désignée comme "Personnalité de l’année" en 2016. Elle est bien partie pour être celle de cette décennie.

Le trio gagnant pour le Grand Prix 2022 du Festival International de la BD d'Angoulême
Catherine Meurisse
© Dargaud/Rita Scaglia

Pour Pénélope Bagieu, c’est une seconde nomination. Elle confirme sa place d’autrice majeure dans le paysage de la bande dessinée contemporaine. La dessinatrice s’est d’abord fait connaître par un blog Ma vie est tout à fait fascinante, dans lequel elle illustrait des anecdotes de sa vie quotidienne.
Par la suite, elle publia quelques albums remarqués comme Joséphine ou California Dreamin.

Mais c’est lorsqu’elle s’intéresse particulièrement aux femmes oubliées de l’Histoire que sa notoriété explose. Dans l’album féministe Les Culottés, l’autrice met en valeur le destin de femmes exceptionnelles méconnues. La série a été récompensée par un Eisner Award aux États-Unis en 2019.
En 2020, elle s’attaque à la littérature jeunesse en adaptant avec brio le roman de Roald Dalh Sacrées Sorcières en BD.
Son dernier album, Les Strates, est sa première œuvre autobiographique. Sous la forme d’un journal intime, elle se confie sur son adolescence et ses traumatismes, dans la veine du mouvement #Metoo.

Pénélope Bagieu
© Eva Cagin

Julie Doucet, dessinatrice canadienne issue de l’animation, est également une représentante de la bande dessinée féministe et est une figure majeure de la BD underground, jouissant d’une énorme réputation auprès des créateurs de BD. Dans son fanzine Dirty plotte, elle documente sa vie quotidienne, ses rêves et ses angoisses en anglais et en français. Le titre sera ensuite repris sous le nom Fantastic Plotte et publié en 1991 par l’éditeur Drawn & Quarterly. L’album est publié en France par L’Association, son éditeur habituek, sous le titre Maxiplotte (2021).
Après plusieurs voyages, l’autrice travaille maintenant à Montréal dans un champ plus proche des arts graphiques (collage, poésie, roman-photo) dont les tirages limités en sérigraphie, sont parfois publiés par Drawn & Quarterly. L’essayiste Anne-Elizabeth Moore a publié en 2018 une étude sur l’œuvre de Julie Doucet Sweet Little Cunt : The Graphic Work of Julie Doucet, qu’elle analyse comme précurseure d’un nouveau féminisme en bande dessinée.

Julie Doucet
© Kate-Mada

Quelle sera l’heureuse élue sera couronnée le 16 mars 2022 ? Les paris sont ouverts, on vous laisse nous donner votre pronostic. Et ce qu’on peut déjà affirmer, c’est que ce sera une femme. La quatrième seulement depuis les 49 ans que le festival existe. La gagnante succèdera en effet à Claire Bretécher en 1982, Florence Cestac en 2000 et Romiko Takahashi en 2019. La parité est en marche, mais à pas comptés !

(par Thelma SUSBIELLE)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Source : Datalib
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81 Messages :
  • Je n’avais jamais entendu parler de Julie Doucet. Je ne comprends pas du tout comment elle peut se retrouver parmi ce trio gagnant.

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    • Répondu par Flo le 1er mars à  16:31 :

      Je n’avais jamais entendu parler de Julie Doucet.

      Je suppose que vous n’aviez jamais entendu parler de Rumiko Takahashi Grand Prix en 2019 non plus.

      Répondre à ce message

    • Répondu le 1er mars à  17:28 :

      C’est probablement parce que vous ne vous intéressez qu’à un certain type de bande dessinée. Cette nomination va vous donner l’occasion de découvrir son formidable travail.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 1er mars à  20:29 :

        On ne peut plus connaître tous les auteurs et autrices. Vous-même, ça m’étonnerait que vous ayez tout lu et tout vu.

        Le Grand Prix n’est pas un "prix découverte" mais la consécration d’une carrière. Qu’est-ce que Julie Doucet à apporté de si incontournable à l’Histoire de la Bande Dessinée ? Expliquez-moi puisque vous avez l’air de tout connaître ?

        Ça sent encore le trucage cette nomination.

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      • Répondu le 1er mars à  20:44 :

        C’est beau de voir quelqu’un assumer ainsi son ignorance. Une petite recherche Google vous montrera qu’elle est internationalement connue, et sans doute plus que les deux autres citées. Voir Doucet ici n’a rien de surprenant, c’est plus qu’il ait fallu tant de temps le problème.

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        • Répondu le 2 mars à  07:45 :

          Et une petite recherche sur un site comme Actua BD me dit qu’il y a eu très peu d’articles sur elle. Internationalement reconnue mais je n’ai jamais entendu parler d’elle. Je n’ai pas à avoir honte de ne pas tout connaître. J’ai feuilleté pour voir, c’est de l’underground dessiné à dans le goût des années 80-90. Pas de quoi casser trois pattes à un canard.

          Ce Grand Prix es tune farce !

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        • Répondu le 2 mars à  09:35 :

          Et comme je n’ai pas votre immense culture de la BD québécoise underground des années 90, je me renseigne et je découvre sur internet cet article de Maël Rannou du CIBD :

          https://actualitte.com/article/103826/humeurs/julie-doucet-for-president

          Un appel au lobbying. Et comme par hasard, si on tape Maël Rannou Julie Doucet sur Google, on voit qu’il n’a pas arrêté d’appeler à voter pour elle. Sur Twitter aussi.

          Maël Rannou qui a une vision bien arrêtée de ce que doit être la bande dessinée. L’ouverture d’esprit en mode monolithique.

          Bref, c’est bidon ce mode de représentation.

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          • Répondu par Maël Rannou le 2 mars à  21:28 :

            Un peu surpris de me retrouver ainsi pris à parti, vous avez trouvé mon texte (qui n’était pas exactement caché), il contient un certain nombre d’arguments et d’exemples, je suis un peu étonné que vous ne les reteniez pas.

            De fait, c’est une autrice majeure et très influente, plus que moi assurément. Je doute que mon texte soit pour beaucoup dans son succès, peut-être à la marge, de fait je vote pour elle depuis toujours et bon, jusqu’ici sans succès. Mais la réédition de Maxiplotte et sa visibilité médiatique a sans doute joué plus.
            Vous pouvez dire que c’est faux et qu’elle est nulle, mais le fait que les auteurs l’aient désigné dans le trio final n’est vraiment pas étonnant à l’aune d’une carrière et d’une influence majeure dans les années 1990, au-delà de la sphère underground pure.

            Mais bon je suis toujours surpris de voir des gens dont le réflexe est "je ne connais pas donc personne ne connait" ne se questionnent pas justement sur leurs connaissances. A titre personnel j’adore apprendre, je trouve bizarre de s’énerver parce qu’on ignore quelque chose. Pour quelqu’un qui m’attaque en parlant d’une "ouverture d’esprit monolithique" c’est quand même un peu ironique...

            Que vous soyez vexé de ne pas connaître est un peu puéril mais pas très grave vous savez, vous avez pleins de choses à découvrir, c’est plutôt chouette. En tous cas c’est comme ça que j’aborde les choses, ce qui me permet d’avoir une bibliothèque où se cotoient Tillieux, Doucet, Konture, Tatsumo, Crumb, Rancourt, Franquin, Marchalot, Tezuka, Toriyama, Lambil, Segar, Blandin, Poirier, Libon... des auteurs du monde entier, d’époque très différentes, au public plus que différents. Mes articles en attestent d’ailleurs... m’enfin, comme dirait l’autre, quand le sage montre la lune...

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            • Répondu le 3 mars à  08:14 :

              Je ne pense jamais que parce que je ne connais pas, personne ne connaît. Je suis seulement surpris par ce soudain engouement de beaucoup d’auteurs pour elle. Ou bien je ne connais rien à la bande dessinée et elle est internationalement connue. Autour de moi, on me demande qui est-ce. Je m’interroge sur le mode de scrutin et s’il y a eu du lobbying. J

              Je ne dis non plus qu’elle est nulle. Comme je suis certainement moins ouvert, curieux et cultivé que vous, j’ai fouillé un peu, lu quelques pages d’elle et j’ai eu le sentiment de retrouver l’esprit des BD underground du milieu des années 80, début 90. Des trucs qui ne me touchaient pas à l’époque et qui ne me touchent toujours pas. Des trucs qui me dépriment. Des trucs pour ados attardés. Je ne suis pas obligé d’avoir les mêmes goûts et préoccupations esthétiques et littéraires que vous.

              J’ai lu plusieurs de vos articles sur la toile et je ne partage pas votre vision de la bande dessinée.

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              • Répondu par Phildar le 3 mars à  10:35 :

                Je suis seulement surpris par ce soudain engouement de beaucoup d’auteurs pour elle.

                Avec un peu de lobbying il suffit de 100 ou 200 auteurices qui votent pour elle, car les votes sont très dispersés sinon, on peut se retrouver dans le trio gagnant avec seulement 10% des suffrages. (il y a 1700 votants ou inscrits)

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            • Répondu le 3 mars à  09:03 :

              Critique bd, éditeur, scénariste, dans la seule veine underground, militant politique pour EELV, et dirigeant du CIBD d’Angoulême, c’est moi ou pour être à la tête d’une institution représentative d’un art divers et varié il faut un peu plus de neutralité que vous n’en avez ? Je trouve ça formidablement déplacé de faire un tel lobbying quand on est à votre place.

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              • Répondu par Maël Rannou le 3 mars à  10:46 :

                Je ne suis pas à la tête de la CIBDI, seulement employé rassurez-vous, je vous mal le rapport avec mon engagement politique et je n’oblige personne à être fan de Tillieux et Jean-Claude Poirier comme moi. Ou de Doucet. Ça n’a jamais été le sujet. Par contre le fait est quelle est internationalement reconnue et influente (et a en effet marqué les 90’s qui ont vu bcp d’auteurs la reproduire) est... Factuel. Il n’est pas étonnant qu’elle ressorte et était citée régulièrement depuis des années. C’était ça le sujet avant que vous ne décidiez sans raison de m’attaquer. Vous avez parfaitement le droit de détester, je ne vois pas le rapport.

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                • Répondu le 3 mars à  15:51 :

                  Dans les années 80/90, sa manière de dessiner était le courant à la mode. L’héritage du Punk. Un goût pour l’expressionnisme. Elle fait partie d’un courant mais n’a pas inventé quelque chose de particulièrement marquant. Son travail vous parle, tant mieux. Mais objectivement, pourquoi elle plus qu’un autre dans ce trio gaghant ? Franchement, je m’interroge sur la crédibilité de ce genre de scrutin.

                  Être auteur ne veut pas dire tout connaître en bane dessinée. On eput être auteur dans son coin et ne pas s’intéresser à toute la production actuelle ou passée. En revanche, être bibliothécaire spécialisé de la bande dessinée, être critique, être scientifique ou historien de la bande dessinée, oui, il vaut mieux avoir la plus grand érudition en la matière.

                  Il me semblerait moins stupide de demander à des gens comme vous ou d’autres comme Thierry Groensteen ou Didier Pasamonik… de constituer le jury (voire avec avec les auteurs déjà Grands Prix). Parce qu’après tout, c’est votre travail de sélectionner et de donner un éclairage sur tel ou tel auteur remarquable. Ce scrutin qui se veut le plus démocratique est en fait une idiotie. Pourquoi Julie Doucet, vraiment, je me demande qui a voté pour elle et combien d’auteurs ont voté en tout.
                  Pour ce qui est de Catherine Meurisse, ce qui fausse tout pour elle, c’est qu’elle est à la mode à cause d’un événement historique tragique. Pas pour de bonnes raisons. Pour ce qui est de Pénélope Bagieu, elle reflétait son époque il y a une décennie, elle commence à s’étioler. Son apport dans la bande dessinée, c’est l’utilisation des moyens de cybercommunication pour faire parler d’elle et de son travail de communication. Je ne suis pas persuadé qu’il en restera grand chose de solide dans 30 ans.

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                  • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 mars à  07:48 :

                    Je ne suis pas candidat. Pour moi, il faut rétablir l’Académie des Grands Prix, en confier la gestion à la Ville d’Angoulême (et virer Trondheim qui est à l’origine de son éclatement).

                    Répondre à ce message

                • Répondu le 3 mars à  16:18 :

                  D’où sortez vous qu’elle ressort depuis des années, vous avez des données sur les auteurs sélectionnés pour ce Grand Prix que publiquement personne n’a ?

                  Répondre à ce message

                • Répondu le 3 mars à  18:02 :

                  Il ne s’agit aucunement d’une attaque, évidemment que Julie Doucet est importante dans le paysage de la création BD, ça n’est pas le sujet. Beaucoup d’autres autrices et beaucoup d’autres auteurs sont importants, ce qui m’étonne c’est votre très fort lobbying. Que comme moi, son travail vous plaise, que, comme moi, il vous semble nécessaire qu’elle soit mise en avant, très bien, mais de là à appeler à voter pour elle à de nombreuses reprises, sur des médias, sur les réseaux sociaux, etc, alors que vous êtes directement lié au CIBD, ça me laisse songeur. Oui, il me semble que votre rôle en tant qu’employé du CIBD c’est de mettre en avant TOUTE la Bande Dessinée, et pas une seule autrice, quelle que soit son talent, en tout cas en public. Là, vos prises de positions me semblent extrêmement déplacées.

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                  • Répondu par Phildar le 4 mars à  13:58 :

                    évidemment que Julie Doucet est importante dans le paysage de la création BD

                    Bin non justement, ça n’a rien d’évident, Julie Doucet n’a pas particulièrement d’importance dans le paysage de la création BD, d’autant qu’elle en est absente depuis 20 ans. Il y a bien plus d’auteurs et d’autrices qui ont cette importance qu’elle.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu le 5 mars à  11:46 :

                      Un intéressant post du scénariste Appollo sur bdgest, où ça débat aussi, il dit lui aussi l’importance de Doucet sur une génération d’auteurs. Appollo a une œuvre passionnante, dans des albums assez classiques mais inventifs, qui montre bien qu’on peut faire de la BD historique ou des albums cartonnés franco-belges et lire différentes bandes dessinées :

                      "Au premier tour, j’ai voté pour Dan Clowes que je considère comme un auteur majeur, pour Wasterlain qui est l’un des très grands auteurs jeunesse et qui me semble un peu oublié malgré une bibliographie monumentale et Loustal dont l’itinéraire singulier m’a toujours plu.
                      Au deuxième tour, j’ai voté Julie Doucet qui m’a vraiment marqué dans les années 90 par ses autobios rock’n’roll. En dehors de mes propres goûts, je sais que cette autrice a eu un impact majeur sur énormément d’auteurs de ma génération. Elle n’a sans doute pas eu une audience auprès du grand public mais elle a marqué durablement un tas de créateurs - et pas que des auteurs de bd, cf "Hot topics" de Le Tigre.
                      J’aurais pu voter Catherine Meurisse dont j’apprécie beaucoup le travail et l’action en général, mais il m’a semblé que c’était un peu tôt pour elle. Quant à Pénélope Bagieu, je connais moins bien, je n’ai lu que "Culottées" que j’ai trouvé juste plaisant, mais je sais l’immense audience qu’elle possède.
                      Bref, il n’y a rien de scandaleux dans ces trois finalistes, et d’ailleurs ce sont les auteurs qui ont voté, ce qui est forcément légitime. Le GP, c’est un peu le Nobel, ça récompense une oeuvre, mais aussi une réputation, une action etc.
                      On pourrait bien sûr avoir un vote du public, mais - je le dis sans mépris - ce serait sans doute le prix le moins intéressant du monde, puisqu’a priori le vote du public existe déjà, ça s’appelle les ventes.
                      Si j’aime bien le GP parce qu’il honore des auteurs pour l’ensemble de leur carrière, j’aime encore mieux les prix du meilleur album (le fauve d’or) : il est le fait d’un jury (et donc complètement arbitraire) qui pose un choix esthétique. Même quand je ne suis pas d’accord avec le choix (et il faut dire que ça arrive souvent), je trouve ça vraiment vital qu’il y ait ce choix assumé, ça permet parfois de réenvisager une lecture, ou d’argumenter contre, et surtout ça donne une visibilité aux livres.
                      D’une manière générale, je trouve qu’Angoulême ne fait pas d’erreurs dans ses choix (parfois de mauvais goût, mais c’est autre chose), en revanche je lui reproche un problème de lisibilité : il y a trop de prix et de natures différentes. La preuve quelqu’un sur le forum se demandait s’il existait encore des prix pour les livres. Il faudrait peut-être simplifier ça ou découpler le GP et le fauve d’or, par exemple."

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                      • Répondu le 5 mars à  16:15 :

                        Le problème de Doucet c’est justement ça : elle n’a marqué que quelques initiés, en étant parfaitement inconnue du public, et en étant elle-même inspirée par un mouvement d’artistes grunge des années 90. D’autant plus que le style autobiographique existait déjà dans les fanzines que je lisais dans les années 80. Elle n’a pas créé un mouvement BD à elle toute seule. Mais grâce à ses nombreuses nominations, les prochains dicos sur l’histoire de la BD la mettront en bonne place. Quant à Meurisse et Bagieu, les preuves sont encore à faire.

                        Répondre à ce message

                        • Répondu le 6 mars à  09:18 :

                          Le principe de ce prix c’est un vote des initiés...

                          Elle a sans doute autant marqué que Cosey, largement inconnu du grand public par exemple (et j’aime bcp Cosey).

                          Pour le coup elle fait partie de ces auteurs de zines des années 80 que vous citez. Et sa place dans les dico de la BD est déjà forte, dès les annéees 90 elle est dans celui de Gaumer, ce n’est pas encore le cas des autres.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu le 6 mars à  10:52 :

                            Lol pardon mais Cosey a vendu plus d’albums que Julie Doucet quand même… et influencé beaucoup plus de monde.

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                            • Répondu le 6 mars à  18:32 :

                              Notez que je n’ai pas dit qu’elle avait vendu plus, mais qu’elle avait au moins autant influencé et qu’elle n’était sans doute pas moins connue (et encore moins mondialement), deux choses bien différentes. Et j’aime beaucoup Cosey, qui mérite son prix.

                              Répondre à ce message

  • Sur les trois dessinatrices sélectionnées, deux ont débuté après l’an 2000, ce qui pose en effet un problème pour un prix célébrant l’ensemble d’une carrière. Il y a un problème du même type concernant certains livres nommés pour le Prix du Patrimoine 2022.
    Il existe bien d’autres moyens de promouvoir la création contemporaine et la parité.
    Parce que là, c’est pousser l’idiotie un peu loin.
    (La qualité des personnes ou des livres nommés n’est pas en cause.)

    Répondre à ce message

    • Répondu par Henri Khanan le 1er mars à  20:42 :

      Et bien, le voila le nouveau Prix Artemisia, récupéré par le FIBD. Où sont les hommes ?

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      • Répondu par camomille le 2 mars à  13:00 :

        Les hommes se trouvent parmis tous ceux qui ont voté pour ces trois autrices. Et on les remercient de leur choix.

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    • Répondu par Itomi le 1er mars à  21:21 :

      Zep a eu le grand prix en 2003 L Trondheim en 2006.
      Il me semble qu’ils étaient loin des 20 ans de carrières.

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      • Répondu le 1er mars à  21:38 :

        Oui et bizarrement ils ont fait beaucoup moins parler d’eux ensuite. Il me semble que c’est Trondheim qui avait parlé d’embaumement prématuré…

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      • Répondu par Phildar le 1er mars à  21:58 :

        Pareil pour Tardi (38 ans) et Bilal (35 ans).

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      • Répondu par Evariste Blanchet (Bananas-comix) le 1er mars à  22:24 :

        Oui. Et c’était encore plus vrai pour Philippe Vuillemin.
        Donc réponse identique : cela pose en effet un problème pour un prix célébrant l’ensemble d’une carrière. Il existe bien d’autres moyens de promouvoir la création contemporaine. Parce que là, c’était pousser l’idiotie un peu loin. (La qualité des livres de Zep, Trondheim, Vuillemin produits au moment de l’attribution de leur prix n’est pas en cause.)
        J’ajoute un second regret : 2 personnes sur 3 sont françaises. Depuis toujours, les Italiens ont été sous-représentés. Quant aux Anglais ou aux Espagnols, pour n’évoquer que nos très proches voisins, il semble qu’ils n’aient jamais existé. La sur-représentation française peut se défendre concernant une production contemporaine très riche. Ce n’est pas le cas pour un prix tourné vers le passé. Encore faudrait-il, sans vouloir être désagréable ou blessant, que les votants en aient une connaissance minimale...

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        • Répondu le 2 mars à  21:37 :

          Est-ce que ce n’est pas la même chose concernant des prix équivalents dans d’autres pays ?
          Je veux dire, est-ce que les prix importants remis dans d’autres pays ne récompensent pas le plus souvent des auteurs-trices principalement présents-es sur les marchés nationaux ?
          Est-ce si aberrant ?

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          • Répondu le 2 mars à  22:23 :

            Il y a des tropismes nationaux partout, c’est évident. Il faut simplement arrêter de considérer Angoulême comme LE festival INTERNATIONAL… c’était d’abord un festival franco-belge qui a eu des rêves de grandeur. S’il a peu à peu accordé une place grandissante à la BD asiatique, il continue de négliger très largement la BD latine, italienne, espagnole ou argentine, et même américaine ou du reste du monde.

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            • Répondu le 3 mars à  15:27 :

              Un des intérêts de la sélection de Doucet tiens, ce serait la première fois que la Canada aurait un Grand Prix ! Et la francophonie hors Europe !

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    • Répondu par Laurent Colonnier le 1er mars à  22:07 :

      Claire Bretécher avait 42 ans en 1982, le même âge que Bagieu ou Meurisse aujourd’hui, comme Moebius, Max Cabanes, Margerin, Goossens, Boucq, Blutch. Et que dire de Jean-Marc Reiser qui a été Grand Prix d’Angoulême à 36 ans... si ce n’est qu’à 42 ans il mourait.

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  • Où sont passé BINET et EDIKA ? et pourquoi pas JOE QUESADA ? ou Greg Hildebrandt ? Jill Thompson ?
    Là je ressens une frustration et me demande si on ne devrait pas supprimer le Grand Prix pour un Hall of Fame .

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    • Répondu par camomille le 2 mars à  13:02 :

      Helas, le choix du grand prix n‘est pas fait au merite de l‘age... c‘est le choix des auteurs et autrices pour récompenser parmi leurs pairs, ceux ou celles dont l‘oeuvre est remarquable.

      si cela derange certains lecteurs, ils n‘ont qu‘a devenir auteur pour voter pour leur chouchou.

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      • Répondu le 2 mars à  14:27 :

        On vote tous pour nos chouchous mais depuis que le FIBD s’est fait à juste titre taper sur les doigts pour avoir oublier les femmes, ce sont comme par hasard toujours les femmes dessinatrices les plus à la mode qui arrivent en finale. On est passé d’une absence de femmes à une surreprésentation. Entre les deux il y a eu scandale. C’est quand même amusant.

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        • Répondu le 2 mars à  15:07 :

          La sur-réprésentation ça s’appelle "mettre en avant les diversités". Grâce à cette ségrégation plus ou moins positive suivant du quel côté du courant on se situe, quelques autrices peuvent en tirer un bénéfice personnel. C’est merveilleux, non ? Moi je dis que les auteur.ices (c’est comme ça qu’on doit écrire ?) doivent tous voter pour Julie Doucet parce que des trois, c’est la plus représentative de la diversité de la diversité. Je trouve même qu’elle est encore trop connue. Il faudrait un transgenre noir.e d’une religion disparue, borgne et manchot.e. Que ça fasse vraiment personne issue des diversités. Ce serait bien démago, bien à la mode, bien hypocrite et tout le monde serait content de faire semblant d’y croire.

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          • Répondu le 3 mars à  16:49 :

            J’ai l’impression de lire les commentaires du Figaro, c’est effarant…

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            • Répondu le 3 mars à  21:30 :

              On peut lire Le Figaro et aimer la bande dessinée, vous savez ?

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              • Répondu le 4 mars à  07:28 :

                Sauf que c’est pas dans les pages du Figaro que vous entendrez parler de Julie Doucet.

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                • Répondu le 4 mars à  08:02 :

                  Peut-être, mais il y a tant d’autres auteurs dont vous n’entendez jamais parler dans Libération, Télérama, les Inrocks ou sur France Inter… sans parler des auteurs oubliés dont on ne parle nulle part.

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      • Répondu le 2 mars à  17:52 :

        Trois autrices qui sont loin, mais alors loin, très loin, d’avoir déjà bâties une œuvre qui a marqué ou influencé le cours de la BD. Par-contre, elles sont à la mode, ça oui. Ce ne sont pas les autrices de talent qui manquent. Avoir des prix à l’internationale ne veut rien dire, tellement la BD est accessoire dans pas mal de pays. C’est d’ailleurs pour cela que tout le monde rêve d’être publié un jour sur le marché franco-belge. Angoulême, ou les petits arrangements entre amis, succursale de la bienpensance parisienne.

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        • Répondu le 3 mars à  16:48 :

          "très loin, d’avoir déjà bâties une œuvre qui a marqué ou influencé"
          Julie Doucet est une pionnière de l’autobiographie en bande dessinée, et un grand nombre de jeunes autrices la revendiquent pour modèle.
          "elles sont à la mode, ça oui"
          Julie Doucet n’a rien publié depuis plus de 20 ans, c’est ce que vous appelez "être à la mode" ?

          Ah oui, mais tout ça c’est la faute à "la bienpensance" bien sûr !

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  • Le problème, c’est qu’aucune de ces sympathiques autrices n’a fait de grand livre susceptible de donner une valeur à ce titre de Grand Prix. Se retrouver dans cette situation pour des raisons de rattrapage (rappelons-nous le scandale 2016 avec la liste de 30 noms et aucune femme) n’est pas faire honneur à ces autrices, c’est même condescendant je trouve.

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    • Répondu le 2 mars à  10:24 :

      Il est un peu malhonnête de faire voter les auteurs pour ensuite proclamer des résultats conformes à des choix politiques ou marketing opportunistes. Ce festival ne représente pas toute la bande dessinée. Il la représente même de moins en moins. Mais ce n’est vraiment pas grave. Il y a plein d’autres festivals.

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      • Répondu le 2 mars à  11:34 :

        Sans avoir accès aux décomptes des votes, on fait ce qu’on veut.

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  • chaque fois que la dictature du patriarcat est remise en cause c’est la faute des femmes

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    • Répondu le 2 mars à  16:14 :

      Ah ça y est, ouin ouin, sauf que personne n’a dit ça. C’est juste que ce pluralisme excessif est assez rigolo.

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      • Répondu le 2 mars à  16:53 :

        Faudrait seulement que la direction artistique du Festival assume ses choix et désigne chaque année le lauréat ou la lauréate, en vertu des critères qu’elle choisira, dont - pourquoi pas - la diversité. Ça éviterait de faire semblant de donner un quelconque pouvoir de choix aux auteurs en organisant un scrutin douteux.

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        • Répondu le 2 mars à  22:24 :

          Le scrutin n’est pas douteux, il est opaque, et quand c’est flou, c’est qu’y a un loup. Le FIBD tend le bâton pour se faire battre. Qu’il donne les résultats totaux des votes via le constat d’huissier et nous saurons enfin si nos votes sont réellement pris en compte. Ça va bien l’autocratie charentaise.

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  • Quand un vote est fait sous contrôle d’un huissier, cela ne veut-il pas dire que les personnes qui ont voté peuvent consulter les chiffres du suffrage auprès de cet huissier ? Il n’y a d’ailleurs aucune raison juridique pour que ces chiffres et résultats ne puissent être divulgués. Mr Bondoux serait bien inspiré d’être un peu plus transparent (et ce depuis plusieurs années).

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    • Répondu le 4 mars à  08:08 :

      Le monde de la bd franco-française ressemble de plus en plus à un milieu fermé, qui tourne en vas clos, dans un entre-soi méprisant pour ceux qui ne se fondent pas dans le moule d’une certaine pensée élitiste. Demander des comptes dans un système fermé est impossible. Il n’y a aucune ouverture d’esprit, aucune transparence, ce milieu se dit ouvert mais il est recroquevillé sur lui-même, de plus en plus intolérant face à la diversité de créations du médium bd. C’est effarant de voir que des pans entiers sont mis à l’index, que des auteurices majeurs sont placardisées car ils ne rentrent plus dans ce mode de pensée étriqué. Ce semblant de démocratie du vote du Grand Prix est un bel exemple de cette machine qui s’enraille.

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      • Répondu le 4 mars à  11:14 :

        Oui c’est vrai mais enfin c’est pas gravissime non plus. Angoulême est seulement en train de devenir le nouveau Bastia ou le nouvel Aix en Provence. Des festivals qui laissent de la place à la BD populaire, il y en a encore, à commencer par Blois ou Saint Malo. Lausanne devrait redevenir moins snob aussi.

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        • Répondu le 4 mars à  14:07 :

          Vous avez raison, Angoulême se dit représentatif de toute la bd mais ne met en avant qu’une certaine forme de bd dans ses prix-sélections-mises en avant- Grand Prix, sauf quelques expos en cartons sur des trucs populos pour les lecteurs "ignorants". C’est pas gravissime, mais ni bien joli, ni bien honnête. Qu’il change de nom, Festival de la BD Underground, ça serait plus proche de la vérité, et ça permettrait d’être plus en phase avec ce qu’il propose. Quand on voit le boycott de Dupuis, de Glénat, le off de Bamboo et Fluide Glacial, on sent que ça bouge en coulisses, il va falloir que les organisateurs assument leurs choix de plus en plus élitistes, ou se réinventent. Ca plus les soucis financiers qui s’annoncent, ça risque de sérieusement bouger dans quelques temps.

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          • Répondu le 4 mars à  15:03 :

            C’est vraiment le bal des pleureuses, "ouin ouin on n’a pas eu d’expo Ducobu l’année dernière", franchement les festivals BD "fête à neuneu, foire à la saucisse" ne manquent pas, allez-y faire un tour, vous trouverez forcément votre bonheur… et peut-être aussi que vous arrêterez de crier "au snob !" et "à l’intello" dès que quelqu’un a des goûts un peu plus pointus que les vôtres…

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            • Répondu le 4 mars à  15:35 :

              On peut avoir des goûts pointus et ne pas être snob pour autant. On peut aussi aimer des trucs très peu connus et apprécier tout autant des succès populaires. On n’est pas obligé de rester enfermé dans des stéréotypes de classe ni de mépriser les gens qui ont des goûts différents. Un peu d’ouverture d’esprit, quoi.

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              • Répondu le 4 mars à  17:33 :

                Bien dit. D’autant qu’il existe une Bd populaire de grande qualité, bien éloignée de « Ducobu », de même qu’il existe une BD underground qui n’a rien à voir avec les Julie Doucet, l’Association et autres Requins Marteaux archi-soutenus par Angoulême depuis 30 ans. Eh oui, la « nouvelle bande dessinée » a 30 ans, il serait peut-être temps de passer à autre chose.

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            • Répondu le 4 mars à  22:11 :

              En matière de pleureuse, vous êtes champion.ne, ça y est, c’est bon, on a compris que la-bd-underground de 1990-c’est-super, c’est bon, on peut passer à autre chose ou vous allez rester bloqués longtemps là-dessus ? Ducobu, ah ouais, c’est vrai c’est soit Doucet, soit Ducobu, p... Je vous plains.

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          • Répondu le 5 mars à  11:49 :

            "Festival de la BD underground" avec Pénélope Bagieu dans les finalistes, qui est traduite dans une vingtaine de langues et vends des centaines de milliers d’exemplaires... Elle est assurément 1000 fois plus connue que la plupart des auteurs et séries que beaucoup ici imaginent "mainstream". Comme Sattouf et son arabe du futur d’ailleurs, ses chiffres de ventes en font une série bien plus populaire que des albums d’aventures plus classiques... Si on veut parler de populaire et de succès Bagieu ou Mortelle Adèle (qui a une grande expo au FIBD) sont clairement du côté du public. Ceci dit je trouve la carrière de Bagieu trop courte pour un Grand Prix, mais c’est quand même drôle de voir accuser le FIBD d’élitisme avec une telle tête d’affiche...

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            • Répondu par auteur le 5 mars à  13:18 :

              Vendre beaucoup et avoir un graphisme "underground", voir, "mainstream", n’est pas incompatible. Après tout, le public achète ce qu’on lui vend, du moment que la vitrine médiatique le met en avant.

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            • Répondu le 5 mars à  13:31 :

              C’est un élitisme économique plus que culturel. En effet, la distinction entre bd populaire et bd underground n’a plus grand sens. Il y a désormais un troisième segment. Bagieu, Meurisse, Sattouf etc ne sont ni underground ni populaire. Leur succès est seulement le triomphe de l’économie de niche que constitue aujourd’hui le segment florissant du roman graphique. C’est un élitisme dans la mesure où ce type d’ouvrage ne s’adresse qu’à des gens qui ont les moyens de mettre 25 ou 30 euros dans une BD. Certains de ces livres remportent un grand succès, mais c’est leur prix de vente qui fait qu’on ne peut pas les qualifier de « BD populaire ».

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              • Répondu le 5 mars à  17:11 :

                Segment florissant du roman graphique, comme vous y allez, les 3/4 des "romans graphiques" se vendent à quelques centaines d’exemplaires et leurs auteurices sont payés une misère. Si c’est ça votre secteur florissant, en images auprès de certains médias et de libraires qui affichent leurs petits autocollants coup de coeur, oui, c’est indéniable, pour les auteurices qui veulent essayer de vivre de leur travail et les lecteurs, c’est pas tout à fait la même chose.

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                • Répondu le 5 mars à  21:21 :

                  Eh bien oui, c’est justement parce que les auteurs sont très mal payés et les livres très chers pour les acheteurs que le secteur est ultra-florissant. Un seul gros succès finance les dizaines d’autres qui se plantent au même moment. C’est une très bonne affaire d’éditer du roman graphique en ce moment, d’ailleurs tous les éditeurs s’y mettent, même ceux qui n’ont jamais fait de BD.

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              • Répondu le 5 mars à  18:16 :

                Un album franco-belge coute autour de 12-15€ pour beaucoup moins de pages (un peu moins cher pour les albums de gags), "à la page" c’est beaucoup plus cher. Les quelques études sociologiques sur le marché de la BD ont d’ailleurs prouvé que l’acheteur de BD en général était plutôt CSP+ et que l’acheteur de BD franco-belge faisait plutôt partie de la part "non populaire" de la chose, hormis quelques séries comme Astérix, Lou, Les Sister, etc.
                Dire que Bagieu n’est pas populaire n’a pas de sens, elle vend bien plus et certainement à des cercles souvent éloignés de la BD, des gens qui en effet font un effort particulier pour ces livres. Personnellement ils ne m’intéressent pas beaucoup, mais c’est de facto ultra-populaire, d’autant que la BD est gratuitement en ligne par ailleurs donc bon...

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                • Répondu le 5 mars à  21:24 :

                  Je suis libraire et je peux témoigner que le lectorat de Bagieu, comme celui de Meurisse et celui de Sattouf est très largement aisé et urbain, très éloigné ce ce qu’on appelle les milieux "populaires". Mais libre à vous de donner le sens que vous aimez au mot "populaire".

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                  • Répondu le 6 mars à  08:44 :

                    C’est exactement ça !

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                  • Répondu le 6 mars à  09:14 :

                    En même temps ce sont les milieux aisés et urbains qui fréquentent les librairies vous savez... en tous cas pour acheter de la bande dessinée franco-belge (ce que sont après tout Bagieu et Sattouf !). Je doute très fortement que le public d’Hermann soit plus populaire (à vrai dire il est évident que c’est l’inverse, vu qu’il y a bien + de lecteurs de Bagieu).

                    Mais on y revient : Les Culottés de Bagieu c’est entièrement gratuit en ligne donc bon...

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                  • Répondu le 6 mars à  09:17 :

                    Pour rappel le profil sociologique des clients de librairies, CSP+, peu populaire, ces parties de la populations préférant d’autres voies d’approvisionnement, ce qui est particulièrement sensible pour des BD à grand succès que des non lecteurs de BD sont prêt à acheter (et c’est nettement le cas de Sattouf ou Bagieu, lus largement hors des cercles des fans de BD).
                    https://www.syndicat-librairie.fr/images/documents/rapport_d_finitif_l_obsoco.pdf

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                  • Répondu le 6 mars à  09:28 :

                    Vous avez raison, il y a confusion entre populaire et vendeur, ça n’est pas la même chose, Lanfeust de Troy, c’est populaire et vendeur, ou c’était. Les albums dont on parle sont vendus très largement à une catégorie socio-professionnelle loin du prolétariat.

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                    • Répondu le 6 mars à  13:05 :

                      Normal, les éditeurs étaient partis à la conquête de publics qui lisaient peu, voir, pas du tout de BD. Le roman graphique a permit ce rattrapage. D’un autre côté, ce genre commence à s’enfermer dans une sorte de ghetto culturel très marqué. Contrairement à Sattouf ou Bagieu qui sont monomaniaques dans le traitement de leurs sujets d’intrigues et à la mode, l’œuvre d’Hermann traverse tous les publics et toutes les générations peuvent y trouver leur compte de lectures. Ce qui rend Hermann plus intemporel que Bagieu ou Sattouf.

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                      • Répondu le 6 mars à  16:28 :

                        Je ne vois pas très bien l’intérêt d’opposer Hermann (que j’adore) à Bagieu ou Sattouf… Hermann a presque 80 ans, on verra bien si ces jeunes gens talentueux mais très différents dessineront encore à cet âge et quelle trace ils laisseront. Souhaitons leur de durer aussi longtemps et reparlons en dans 40 ans.

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                      • Répondu le 6 mars à  18:36 :

                        Heu, Hermann c’est quand même très daté et je pense que ça tombe des mains de beaucoup.

                        Pour Sattouf il a publié des albums jeunesse, de l’autobio, de la chronique en presse, des BD humoristiques chez Fluide, des récit non autobio mais très "dans l’air du temps" (Jérémie), et même des albums au dessin réaliste en début de carrière, de belle facture (Petit verglas).

                        Bagieu me semble en effet assez marquée dans une époque, on verra, elle évolue, mais excusez moi Hermann c’est très vieillissant et je pense qu’il ne parle qu’à un certes très limité de fans, même si le sujet nucléaire revient sur le devant de la scène. Bon après je n’ai pas les chiffres de vente, tout ça n’étant malheureusement pas facilement disponible.

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                        • Répondu le 7 mars à  07:05 :

                          Au contraire, l’œuvre d’Hermann reste d’une grande modernité. Son Jeremiah n’a pas fini de perdurer tant notre futur est incertain et que la dénucléarisation n’est pas prête d’arriver. Jeremiah qui a aussi été adapté en une série TV internationale, ce qui n’est pas rien pour une œuvre franco-belge. Ses westerns restent d’actualité, puisque le genre revient à la mode. Sa série médiévale sert de support de cours dans certains établissement scolaires, par la méticulosité de sa reconstitution. Ses albums sont régulièrement réédités et son dessin réaliste figure parmis les plus marquants de la BD. Relisez son Sarajevo, dont les similitudes avec le conflit Ukrainien, résonnent encore aujourd’hui. Le travail de Sattouf est essentiellement centré sur l’adolescence et donc, plus périssable car il ne brasse pas tous les publics. Son Petit Verglas est une incursion graphique "jeunesse" mais pas "réaliste", avec un dessin très maladroit qui aurait du mal à se faire une place sur le marché actuel. Quant aux Cahiers d’Hester ou L’arabe du futur, nous restons encore dans le monde de l’enfance et de la pré-adolescence avec son dessin d’humour façon "presse magazine". Faire des grosses ventes (les 2 auteurs en sont largement bénéficiaires) ne suffit pas à rendre votre œuvre incontournable, c’est sa durée dans le temps qui compte. C’est ce qui fait d’Hermann un auteur majeur, encore maintenant.

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                          • Répondu le 7 mars à  09:32 :

                            Cette discussion a totalement dérivé… pourquoi comparer Hermann à Sattouf ? Quel est l’objet de cette comparaison ?

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                          • Répondu par Christian le 7 mars à  10:42 :

                            Vous vous faites des illusions sur Hermann, ça ne plait qu’aux nostalgiques qui ont découvert ça dans les années 70, c’est hyper ringard comme style. Vous ne trouverez aucun fan d’Hermann de moins de 50 ans. Et s’il continue de publier, il faut bien reconnaitre que son dessin est à la ramasse depuis 20 ans.

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                            • Répondu le 7 mars à  11:29 :

                              Il a 80 ans. C’est un classique et un des plus grands dessinateurs réalistes de toute l’histoire de la BD. Il est démodé ? Et alors ? Vous pensez sérieusement que Sattouf et Bagieu seront encore à la mode dans 40 ans ?

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                            • Répondu le 7 mars à  13:02 :

                              Ouais, ouais, Hermann est tellement has been que Le Lombard publie sa série Duke et Glénat a sorti un nouveaux Tours des bois maury,vous délirez...

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                            • Répondu par Victor le 7 mars à  13:45 :

                              J’apprécie à la fois le travail d’Hermann et Bagieu, mais comparer leurs deux techniques de dessin n’a aucun sens, car diamétralement opposées. Et oser dire que le dessin d’Hermann est "à la ramasse" est juste une insulte portée au talent et au travail acharné de cet immense auteur dont l’activité reste bien supérieure, en dépit de son âge avancé, à celle de la plupart des "jeunes" auteurs dont il est ici question.

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                            • Répondu le 7 mars à  14:02 :

                              Même à la ramasse, le dessin d’Hermann à 78 ans reste supérieur à une très grosse majorité de la production. C’est un savoir-faire en train de disparaître.

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                              • Répondu le 7 mars à  15:56 :

                                On publie toujours Hermann parce que c’est une légende et parce que ça se vend toujours correctement, notamment le fond. Mais il est clair que c’est maintenant un auteur du passé. C’est bien le problème, on n’en fait plus des comme ça.

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