"Les 5 Terres", le Game of Thrones du franco-belge

13 novembre 2020 7 commentaires
  • Vous avez aimé "Game of Thrones" ? Alors, vous allez adorer "Les 5 Terres", la série imaginée par David Chauvel : quatre tomes en moins d’un an, une construction ultra-précise digne d’une série d’HBO, pleine de rebondissements, et portée par une superbe dessin animalier. L’une des séries majeures de l’année !

Plantons le décor : nous sommes sur les 5 Terres, un univers animalier d’inspiration médiévale où cinq continents accueillent cinq différentes espèces : les félins, les plantigrades, les primates, les reptiles et les cervidés.

Or Angléon, le prospère royaume des félins, est en ébullition ! En effet, ce n’est plus un secret pour personne : le vieux roi Cyrus, héros de la bataille de Drakhenor, est mourant. Et cette mort imminente aiguise les appétits. Enfants, neveux, amis, ennemis... Chacun fourbit ses armes. En particulier, son neveu Hirus, jeune tigre brutal et ambitieux, successeur désigné du roi qui rêve d’imposer sa loi au reste des 5 Terres. Mais comme toujours chez les félins, rien n’est simple, et le trône est l’objet de toutes les convoitises, tandis que dans les royaumes voisins, on observe la situation, prêt à fondre sur Angleon au moindre faux pas...

"Les 5 Terres", le Game of Thrones du franco-belge

Les 5 Terres, Tome 1 : la cérémonie "d’ouverture"

L’inspiration de Game of Thrones, l’animalité en sus

Si vous connaissez un peu l’univers de Game of Thrones, vous serez certainement ravis de trouver quelques fondements principaux dans cette série parue chez Delcourt. Westeros, le continent où se déroule la majeure partie de l’univers de Georges R.R. Martin est dirigée par un roi qui a réuni les sept couronnes, avec la Main du roi comme « premier ministre » représenté par son épingle. Dans cette série de bande dessinée, le roi des félins est lui aussi parvenu à imposer une paix (toute relative) sur les 5 Terres, et il est secondé par « l’ombre du roi », dont le pouvoir est symbolisé par un anneau.

Tome 1 : le roi mourant, et son "Ombre"

Nombreux sont ainsi les parallèles que l’on peut tracer entre les deux univers : la position et l’architecture de Port-Réal avec celle d’Angléon, les intrigues de palais, les rebondissements au grand dam de certains héros, etc. Mais limiter Les 5 Terres à cette influence serait vraiment injuste, car la série imaginée initialement par David Chauvel dépasse largement ce cadre. Tout d’abord parce que l’aspect fantastique de Game of Thrones n’a ici pas cours. Puis surtout, parce que tout se déroule dans un univers animalier !

La belle affaire !, direz-vous : dessiner des animaux ne change pas grand-chose…. Au contraire ! L’animalité permet de différencier d’un coup d’œil la caractérisation de chaque personnage. Le lecteur comprend ainsi à qui il a affaire, ce qui renforce la lisibilité et permet d’aller plus loin dans les complots sans alourdir les dialogues d’explications superflues. De plus, chaque espère est composée de sous-espèces, permettant ainsi de différencier des factions et les possibles luttes intestines entre elles. Ainsi, concernant le royaume des félins qui concentre l’attention de cette première saison, on retrouve des tigres, des lions, des ocelots, des jaguars, des chats, etc. Un signe de reconnaissance facilement assimilable, comme les lynx qui sont plutôt les érudits dans cette société.

Le second intérêt de cette parabole animalière est d’apporter paradoxalement autant de douceur que de sauvagerie. Dans un style réaliste, la série aurait sans doute moins attiré le lecteur, mais dans sa version animalière anthropomorphique, on peut y retrouver l’aspect d’une fable, et on se sent plus facilement emporté par le récit, surtout parce qu’il est ouvert par This, le jeune félin. D’un autre côté, aussi bons et mignons que soient les animaux, leur férocité ressort magistralement dans leurs moments de colère, ce qui amplifie immédiatement le sentiment ressenti à la lecture. Tout n’est qu’affaire de symbole, il s’agit de représenter l’animalité que nous portons en nous et qui nous pousse parfois à des extrémités que l’on peut regretter. C’est diablement efficace !

Tome 3 : les lions veulent se révolter contre les tigres

Intrigues et complots à foison

Si vous êtes surtout fans des gigantesques batailles, il vous faudra patienter (ou déchanter, l’avenir nous le dira...) Certes, Les 5 Terres présentent quelques oppositions armées, des duels et des bagarres, mais le cœur de l’action se retrouve dans les dissensions entre la quinzaine de personnages principaux que l’on suit en permanence.

Dans Les 5 Terres, tout est affaire de pouvoir, d’ambition et de convoitise : qu’est-ce que je désire plus que tout ? Qui dois-je convaincre pour parvenir à mes fins ? Comment puis-je me soustraire aux lois ou à ma condition pour vivre le bonheur avec la personne que j’aime ? Les stratégies se succèdent donc aux trahisons, les manigances aux retournements de situation, les vérités trafiquées aux secrets dévoilés… L’importance ne réside d’ailleurs pas tant dans la connaissance du complot, mais dans l’interaction que celui-ci aura avec les projets des autres. Celui qui aura un coup d’avance aura plus de chances d’en sortir gagnant, mais parfois le simple battement d’ailes d’une libellule (les libellules sont les porteuses de message dans cet univers) peut venir bouleverser une machination finement orchestrée.

Complot...
Les 5 Terres, tome 1

Si ourdir de savants complots qui captivent le lecteur n’est déjà pas à la portée de n’importe qui, encore fallait-il à l’insérer dans le format d’une bande dessinée. Et c’est là que réside la véritable prouesse de David Chauvel ! Ses trente années d’expérience du médium lui permettent de ciseler son découpage. Généralement, chaque séquence tient dans une seule page, voire deux. On passage de chapitre, comme dans un roman ou de scène, comme dans une série. Avec cette construction qui peut entraîner le dessin d’une dizaine de cases par planche, on peut raconter beaucoup de choses sur 52 pages comme suivre les développements d’une quinzaine de personnages principaux (certains quittant progressivement la scène, remplacés par d’autres), tout en bénéficiant d’une véritable intrigue dans chaque tome.

La version grand format N&B du tome 1

Cette construction millimétrée se retrouve dans chaque album : une cérémonie (re-)positionne l’atmosphère générale par le commentaire de deux spectateurs, puis les développements se succèdent, la tension monte crescendo, jusqu’au final de chaque album qui comprend à chaque fois une vraie scène-choc, un retournement de situation qu’on ne voyait pas venir et qui donne tout le sel à l’intrigue.

En feuilletoniste aguerri maître du cliffhanger, David Chauvel réserve les circonstances de ce retournement à l’album suivant. Et comme il ne faut attendre que trois ou quatre mois pour bénéficier de la suite et que chaque album est suffisamment dense pour constituer un authentique moment de lecture, on ne ressent aucune frustration à la fin de chaque album, seulement le sentiment d’avoir profité d’une excellente histoire.

De plus, chaque tome est introduit par un résumé (ce qui n’est pas inutile qui évite de tout relire, mais nous conseillons cependant de le faire afin de mieux comprendre certaines allusions et les doubles-jeux. L’album s’achève à chaque fois par une séquence en guise d’épilogue, qui revient sur un élément du passé (une bataille) ou qui apporte plus d’informations sur un personnage. Une conclusion qui adoucit le cliffhanger précédent, et qui donne encore plus d’amplitude à l’univers. Magistral !

Une véritable équipe

Pour réaliser le tour de force d’allier un scénario subtil avec un dessin de qualité, et un univers qui développe de nombreux arcs sans en perdre le fil, David Chauvel a eu immédiatement l’intelligence et la maturité d’envisager un travail en commun : « Lorsque j’ai commencé à travailler sur ce projet il y a quatre ans, explique-t-il, au regard de l’ampleur de la tâche, j’ai tout de suite compris qu’il fallait mettre en place une équipe. La première personne à laquelle j’ai pensé, c’est Andoryss, scénariste et romancière avec qui je travaille depuis pas mal d’années. La seconde, c’est Patrick Wong, un jeune scénariste qui vient d’arriver à la bande dessinée. »

Un goût de série TV, mais un savoir-faire propre à la BD.

Et de continuer : « Les deux axes forts de l’équipe graphique, ce sont Didier Poli d’une part, qui est le directeur artistique de la série, et puis Jérôme Lereculey qu’on ne présente plus, qui est la cheville ouvrière narrative et graphique, seul capable, à ma connaissance, d’assurer la qualité et le train d’enfer auquel nous nous astreignons. Leur ont été adjoints Lucyd à l’encrage, Dimitri Martinos à la couleur, et Pierre Raveneau pour réaliser les couvertures. Le but, c’est de tenir un rythme de parution de trois albums par an, afin de raconter chaque cycle de notre grande saga en deux ans. »

« Imposer une nouvelle série, c’est difficile, très difficile, ajoute David Chauvel. Nous avons donc essayé de mettre la barre le plus haut possible en termes d’immersion, de densité de lecture et de qualité graphique. »

Grand décor et évocation d’une ancienne bataille destinée à donner de la profondeur à l’intrigue.

Ce travail d’équipe ne permet pas seulement de maintenir une rapidité dans la production, mais il autorise chaque auteur à se concentrer sur ce qu’il sait le mieux faire, un parti-pris qui autorise l’audace ! Comme l’idée de réaliser un vrai parlement où des centaines de félins représentent les différentes factions en place. Ou encore, dominant la ville d’Angléon, ce saisissant palais composé de jardins royaux, de colossales murailles tournées sur la mer, ou d’ailes de bâtiment qui sortent littéralement de la construction principale pour surplomber la côte. Ainsi, même lorsqu’une case découpée peut comprendre jusqu’à 14 cases, il y a au moins toujours une pour aérer l’ensemble et conférer de l’épaisseur à l’univers.

Jérôme Lereculey trouve là un magnifique terrain de jeu pour faire la démonstration de ses talents d’acting quand il s’agit d’animer ses personnages. Les émotions qu’il fait vivre à ses animaux sont convaincantes, les mouvements de ses félins naturels et crédibles, ses élans de sauvagerie sont tout simplement saisissants !

Les pages de garde présentent la carte des "5 Terres"

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Tous les visuels sont : © Editions Delcourt, 2020 – Lewelyn, Lereculey, excepté ceux du tome 1 qui sont : © Éditions Delcourt, 2019 – Chauvel, Andoryss, Wong, Lereculey.

 
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7 Messages :
  • Surprise ! Le franco-belge découvre la manière de travailler des comic-books ! Au bout de 80 ans, il était temps :D
    Blague à part, c’est une bonne nouvelle que les méthodes de production s’industrialisent enfin chez nous, sur des récits qui ont vocation à s’étendre sur des centaines de pages.

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    • Répondu par Hosni le 14 novembre à  16:24 :

      « c’est une bonne nouvelle que les méthodes de production s’industrialisent enfin chez nous, »
      Ce n’est jamais une bonne nouvelle l’industrialisation d’un art.

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  • Bel investissement graphique au nom de dialogues dignes de Cauvin (bah rhoo noooon ?) ici : « alors ? » « alors quoi » « on se moque ? » « moi ? Si peu » « ben voyons » (extrait d’une planche publiée sur cet article.
    la débauche d’énergie des dessinateurs est sans commune mesure face à la platitude des dialogues.
    je rappelle que si on achète un album pour le dessin on y revient pour le scénario.
    La planche avec la libellule messagère est verbeuse à souhait et en total décalage avec le rythme des images. Faites la même séquence au cinéma (la richesse de la bd c’était l’espace intericonique, là c’est du ralenti) et c’est impossible de caser tout le texte. L’image est trop lente. Inadéquation de rythme entre écrit et texte.
    La planche sous la pluie avec le zoom 6x (six fois) pour avoir une tête en gros plan. Je détesterai être le dessinateur. Quel plaisir ?
    La dernière planche dans la geôle : bla bla de ce qu il ne s’est pas passé inutile et puis toute une bande de Pourquoi ? Pourquoi ?

    C’est donc ça le niveau de la bd mainstream ?

    Relisez un vieux Van Hamme de la fin des années 90. Ça ça bougeait et on avait l’impression de ressortir avec du vocabulaire de notre lecture.

    Et on se demande encore pourquoi les gens diplômés ne lisent plus de bds...

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 17 novembre à  06:25 :

      Chère Seva,

      Un grand merci pour avoir pris le temps d’analyser en détail les planches que j’ai placées pour illustrer cette chronique. Elles avaient pour but de poser le contexte de la série, et d’illustrer certains arguments (le lien avec un monde médiéval, les architectures, etc.)

      Ce choix n’est jamais anodin : je me casse la tête - et par la même occasion, je casse les pieds des attachées de presse depuis plus de quinze ans (j’en profite pour les remercier pour leur patience) - pour présenter selon moi les planches qui vont aller de pair avec mon article. Par contre, j’ai effectivement soigneusement été piocher dans les quatre tomes pour éviter tout spoil (j’ai horreur de cela pour ma part) et comme chaque tome profite d’un vrai retournement de situation à la fin de chaque album, il s’est avéré très compliqué de représenter la série sans "divulgacher" ces éléments déterminants.

      Je ne voudrais pas revenir sur chacun de vos éléments mais par exemple, la séquence de la "pluie" marque volontairement une césure et une pause dans le rythme du récit, afin d’équilibrer des séquences attenantes qui sont très riches en dialogues et rebondissements.

      Bref, sachant que je suis très difficile en terme de scénarios, je peux vous assurer que celui des 5 Terres dépasse de très loin la production actuelle. Voudriez-vous le comparer à ceux de Van Hamme ? Impossible, car ils ne sont pas du tout construits de la manière, ce qui n’enlève rien à leurs qualités respectives.

      Moralité : je vous conseille d’aller trouver votre libraire favori (maintenant ou à l’heure du déconfinement selon les mesures en vigueur chez vous) et de lui demander si vous pouvez acheter le premier tome, quitte à lui rendre si vous trouvez effectivement le scénario vide de sens. Rien qu’à feuilleter l’album en question, vous allez vous rendre compte que je n’ai effectivement choisi que les planches avec très peu de dialogues. Bien entendu, si vous êtes allergique à ce type d’univers, vous risquez de ne pas accrocher (mais alors, pourquoi cette diatribe ?). Sinon, croyez-moi, il y a de fortes chances que vous reveniez le lendemain pour demander la suite.

      Bonne découverte

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      • Répondu par Seva le 17 novembre à  14:39 :

        Bonjour,
        Je viens de me procurer le premier tome suite à votre message.
        Je viens d’en terminer la lecture.
        L’album est verbeux. Et il souffre selon moi de plusieurs défauts.
        Une règle d’un bon scénario est : il vaut mieux montrer que dire. Or le livre ne fait que prêter des comportements aux personnages. Ceux-ci n’ont aucune vie propre à part la discussion de la « vie » politique. Ils passent leur journée à discuter de qui va aller sur le trône.
        Le roi n’a rien contre son neveu qui l’insulte mais il *** spoiler **** sa fille sur une rumeur (le lecteur sait que c’est vrai mais lui ? Quelle preuve ?)
        La pire séquence est celle page 16 avec la princesse qui va sans but à la bibliothèque (parce qu’un but à quoi ça sert ?) tout ça pour qu’on lui explique qu’une femme pourrait monter sur le trône.
        Dans le même temps elle met la charrue avant les bœufs en contactant l’ours pour un mariage de raison. Car je cite planche 25 : « elle ambitionne de monter sur le trône d’Angelon à la place de son cousin, et si elle y parvient, son... notre idée commune est d’unir nos deux royaumes par un mariage qui empêchera toute guerre ».
        SIL ELLE Y PARVIENT.
        D’abord ça (1) puis ça (2)
        et au final on a un scénario : d’abord (2) (et avec quelle facilité. Tu m’aimes ? Ok tu peux aller faire ton mariage de raison). Et puis forcément (1) ... ça capote !
        Bonjour les grands stratèges politiques !
        Le tout sur fond de roi qui se meurre et qui met longtemps à mourir ! Si ça devait créer du suspense (la bombe sous la table) c’est mal réalisé car on ne se rend pas bien compte du temps qui passe. En fait tout va trop vite. Ça manque d´hésitations, peser le pour et le contre. Tous les personnages plongent dans toutes les situations tête en avant. Du plus petit au plus grand choix, tout est réalisé avec le même tempo.
        La séquence « humour et jeux » avec le fuyard dans le désert est très longue et le final... pas drôle. C’est d’ailleurs à partir de ce moment que je me suis dit : quel est le lectorat cible de cette série ?
        Avec la comparaison Game of Thrones je m’attendais à un contenu mâture. Mais j’ai plus en face de moi une version pour jeunes ados. Le dessin renforce ce sentiment. Tout est « mignon ». Beaucoup de sourires et un aspect figé des castes et des rôles. La princesse doit défendre son royaume et ses gentils sujets. La guerre c’est mal...
        Ce sont des considérations d’enfants en lien avec la façon qu’ils imaginent le pouvoir.
        En lisant cet album je pensais à la série The Crown. Le poids de la couronne... Personne ne rêve d’être épié par tout le monde ou d’avoir la vie de millions de gens entre ses mains. C’est un poids. Pas un cadeau.
        Dans les 5 Terres la sœur enceinte n’a aucune vie ni ambition interne ou externe. Elle aurait pu être comme la sœur d’Elisabeth dans the Crown, emprunte de liberté. Volage. Non c’est juste un réceptacle pour faire un bla bla sur les races ne peuvent pas « s’unir ». Et personne pour considérer l’avortement. Propos trop adulte ?

        Bref aucune évolution interne ou externe des personnages, des buts trop simples sur base de clichés enfantins, des sentiments passés à la moulinette sous le couvert de mettre en avant « la différence » et ce pour... 6 personnages en même temps ! Ouch ! Ça n’arrive jamais et là bam magie X3.

        Au rayon des points positifs j’ai trouvé malin les décors à bords perdus au milieu des planches de bla bla pour casser la monotonie. Doublement malin car en feuilletant rapidement on peut croire à un beau voyage.

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        • Répondu par David Chauvel le 17 novembre à  20:05 :

          Bonjour. Merci pour votre retour critique, qui, comme les autres, ne peut que nous aider à nous améliorer. Je vais répondre à certains points, non pour vous convaincre ou vous faire changer d’avis, ce serait peine perdue, mais pour répondre à des points qui sont factuellement faux ou inexacts. Et comme c’est de mon travail qu’il s’agit, je ne peux les laisser exposés ici sans y répondre ou les corriger.
          - En effet, les personnages ont peu de vie en dehors de la question politique. La raison est que les 5 Terres est un "récit-chorale" qui entend raconter le destin de beaucoup de personnages autour d’un même fil central. Le défaut du genre, c’est que chaque personnage n’a que peu de place dans chaque album et que les scénaristes doivent concilier, dans ce tome 1, tout à la fois l’introduction de l’univers, des personnages et des situations de chacun, raconter une histoire satisfaisante en elle-même, avec un début et une fin digne de ce nom, et le tout dans un nombre de pages limités (20 à 30 minutes de lecture, ce n’est pas comparable avec un épisode de série télévisée en terme de densité de contenu). Nous avons tenté de compenser ce défaut en développant la profondeur qu’on est en droit d’attendre des protagonistes sur la longueur, c’est à dire au fil des tomes.
          - Le roi a bel et bien quelque chose contre son neveu. Et c’est au second tome qu’on le comprend. Notre série est construite pour être lue dans sa globalité. Beaucoup de points qui apparaissent ainsi étranges ou inexplicables finissent par être éclaircis au fil des albums.
          - La princesse Mileria a bel et bien un but quand elle se rend à la bibliothèque et elle le dit dans la case 10, quand le faiseur de lois l’interroge sur la raison de sa visite...
          - La facilité avec laquelle la femme du prince ours consent à ce mariage de raison n’est qu’apparente. La lecture du tome suivant révèle qu’il n’en est rien (voir réflexion plus haut sur la manière dont l’histoire est construite).
          - Oui, tout va très vite. J’ai expliqué au premier point pourquoi. C’est le défaut d’un récit-chorale dans un album de bande dessinée à pagination limité. On a une impression de trop grand rapidité et de superficialité permanentes. Des défauts que nous avons essayé de compenser au fil des tomes, en concentrant l’intrigue sur Angleon et sur certains personnages. Mais le premier tome se devait, par son contenu et par choix, de brasser plus large et donner à voir un peu des autres continents/peuples.
          - Nos personnages n’ont pas des considérations enfantines. Je pense encore une fois que la suite le prouve... Par contre, j’entends tout à fait que les motivations profondes de Mileria pour éviter la guerre font partie des choses qui auraient pu enrichir le contenu et le personnage. Un problème de place, encore une fois... Et à cela, le critique peut me répondre que ce n’est pas son problème. J’entends bien. Mais moi, j’explique les points forts et les points faibles d’un récit-chorale. Un récit centré sur moins de personnages aurait évidemment renforcé les motivations et permis de mieux les comprendre. Mais ce n’est pas la forme scénaristique que nous avons choisi...
          - Astrelia, la sœur enceinte, a certainement des ambitions. Mais encore une fois, la place qui lui est échue dans l’album ne permet pas de développer davantage que son problème de grossesses. À ce stade, le personnage est un peu creux et guère passionnant... Mais à ce stade seulement (bis repetita).
          Je réponds pas sur certains points qui pourraient spoiler quelqu’un qui lirait nos échanges... Mais des réponses sont données à certains points que vous soulevez, notamment sur le poids que représente le pouvoir pour qui entend l’exercer. En vous remerciant d’avoir pris le temps de l’analyse...

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          • Répondu par Seva le 18 novembre à  00:01 :

            Bonjour,
            C’est moi qui vous remercie.
            Bien à vous.

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