Les 75 ans de Spirou – Lancement du journal numérique "Spirou.Z" et inauguration de l’expo au CBBD

24 avril 2013 14 commentaires
  • Commémorés officiellement au centre d’une boule de l’Atomium, les 75 ans de Spirou ont réuni tous les acteurs du magazine et ceux qui ont réalisé les aventures du célèbre groom. Au programme : la présentation de Spirou.Z, une formule pour tablette, et l’exposition au Centre Belge de la Bande Dessinée.
Les 75 ans de Spirou – Lancement du journal numérique "Spirou.Z" et inauguration de l'expo au CBBD
L’anti-héros du Journal de Spirou avait revisité le thème de l’Atomium en son temps
Photo : © CL Detournay

Après s’être préservé de la folie angoumoisine, c’est à Bruxelles que le Journal de Spirou a fêté hier son 75e anniversaire. Outre les médias de France et de Belgique, nombre d’auteurs, de collaborateurs et de rédacteurs du magazine étaient présents pour célébrer le journal et le héros pour lesquels ils ont œuvré ou continuent encore de travailler.

L’Atomium, le monument bruxellois érigé pour l’Exposition Universelle de 1958, semblait tout indiqué pour accueillir la conférence de presse. On se rappelle bien entendu les nombreux gags de Gaston qui détournèrent la symbolique du monument. Dès lors, il semblait logique de voir le plus réputé des (anti-)héros du journal s’extirper d’une des boules de l’Atomium pour continuer à l’astiquer, en hommage à une des célèbres vignettes du journal, réalisée par Franquin quelques 55 années auparavant.

55 ans plus tard, Gaston revient aux éditions Dupuis, et symboliquement, reprend son nettoyage de l’Atomium après l’avoir customisé.
Photo : © CL Detournay

Tandis que les auteurs, invités, investisseurs, collaborateurs et journalistes passaient de boule en boule afin de rejoindre celle qui était reconvertie en salle de presse, on pouvait déjà y admirer un diaporama qui faisait défiler les près de 4000 couvertures du magazine. À raison d’une demi-douzaine par seconde, on ressentait à la fois un sentiment de nostalgie et de tournis devant la succession folle de ces moments fort du Journal de Spirou. Impossible également de ne pas remarquer l’évolution du magazine, qui a toujours souhaité garder le contact avec son temps et son public en perpétuel mouvement, tout en maintenant ses standards d’humour et d’aventures.

Spirou.Z, un nouveau journal exclusif et numérique

Olivier Perrard, administrateur délégué de Dupuis, explique que le numéro anniversaire du Journal de Spirou restera trois semaines en kiosque.
Photo : © CL Detournay

Mais déjà, Olivier Perrard, administrateur délégué de Dupuis, prend le micro pour remercier tous les acteurs du succès de Spirou depuis 1938. L’émotion devait être forte pour la famille Dupuis réunie à l’occasion, mais également pour les différents auteurs qui ont pu continuer à relever le défi permanent d’imposer le groom dans l’air du temps. Les rédacteurs-en-chef du magazine avaient également fait le déplacement : Alain de Kuyssche, Patrick Pinchard, Thierry Tinlot, Olivier Van Vaerenberg et bien entendu l’actuel Frédéric Niffle aux commandes du journal depuis cinq ans.

Louis-Antoine Dujardin, éditeur français de Dupuis, présente le magazine numérique.
Photo : © CL Detournay

Olivier Perrard eut d’ailleurs une pensée pour lui et toute son équipe, afin de souligner l’énergie de la rédaction actuelle du Journal de Spirou, qui a permis à Dupuis d’imaginer un nouveau journal en format numérique, Spirou.Z. « En effet, si le cadeau d’anniversaire aux grands lecteurs est le retour de Gaston et le Marsupilami chez Dupuis, expliqua l’administrateur-délégué de Dupuis, Notre présent aux enfants de l’écran est de leur proposer un nouveau support entre bande dessinée, animation et numérique, avec un contenu exclusif. Ainsi, comme il l’a toujours réalisé, Spirou demeure un trait d’union familial entre parents et enfants, chacun lisant le journal pour le contenu qui lui convient au mieux, tout en le partageant avec ses proches. »

« Nous voulions maintenir les valeurs de Spirou, dont l’optimisme et la générosité, au sein de ce nouveau support », explique Sergio Honorez, directeur éditorial. Louis-Antoine Dujardin, éditeur de l’équipe française de Dupuis, présente à l’assistance le numéro 0 de cette application disponible dès aujourd’hui sur l’AppStore : « Nous avons travaillé avec les antennes françaises, bruxelloises et de Marcinelle [1] afin de délivrer un contenu drôle, fun, porté par un excellent graphisme et accessible aux enfants. »

"Nous prenons date", nous dit un cadre de la maison, conscient que ce marché n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Un journal qui n’a cessé d’évoluer
Photo : © CL Detournay

« Le Turbomedia », une nouvelle façon de raconter des histoires

Les membres de l’équipe Dupuis présente Spirou.Z
Photo : © CL Detournay

Benoît Feroumont, auteur du Royaume et animateur numérique, nous affranchit plus en détails : « Nous ne voulions pas transposer de la bande dessinée ou le Journal de Spirou sur tablette. L’idée était de redéfinir le contenu afin d’exploiter plus de possibilités. Spirou.Z se situe donc entre la bande dessinée et l’animation. Le lecteur continue d’être le seul maître de son rythme de lecture, en appuyant sur la gauche ou la droite de l’écran, selon qu’il désire reculer ou avancer dans le récit. Mais à chaque écran, une animation peut continuer de tourner pour donner de la vie à l’ensemble. Il s’agit réellement d’une nouvelle façon de raconter des histoires, en « Turbomedia » ! C’est très ludique et instinctif, d’ailleurs les enfants adoptent directement cette nouvelle forme de narration qui intègre le mouvement. »

Sergio Honorez, directeur éditorial de Dupuis, en grande forme !
Photo : © CL Detournay

Spirou.Z contiendra donc un contenu exclusif et indépendant du Journal de Spirou. On pourra y retrouver des aventures de héros réputés, mais également de nouveaux personnages, des jeux, des reportages, ainsi que des infos plus étendues sur les activités d’auteurs de bande dessinée. Par exemple, le numéro 0 de ce nouveau magazine numérique déjà disponible présente des applications de Froud et Stouf, les deux chiens bleus philosophes, qui permettent au lecteur de délirer autour de cet univers particulier.

Spirou.Z sera un magazine mensuel, dont le premier numéro devrait être disponible pour le mois de juillet. Il sera accessible gratuitement pour les abonnés du Journal de Spirou, et à 5,99 € pour les non-abonnés, « C’est-à-dire le prix pour télécharger un album d’Une Aventure de Spirou » explique l’administrateur-délégué de Dupuis. Il n’y aura pas de fonction de zoom, car chaque ‘page’ a été directement pensée pour la taille de l’écran. Des icônes permettront de revenir rapidement au sommaire, ou d’accéder d’un clic à un nouveau contenu. Enfin, le « groom service » permettra au moins doués d’entre nous de rapidement saisir les subtilités du système.

Les invités se pressent pour essayer le nouveau magazine numérique. A gauche, Jean-Paul Philippot, Directeur-Général des télévisions et radios francophones belges. A droite : André Querton, Président du Conseil d’Administration de Dargaud-Lombard
Photo : © CL Detournay
A l’écart des ’grands’, les enfants ont rapidement intégré le nouveau magazine, et semblent passionnés.
Photo : © CL Detournay

L’exposition au Centre Belge de la Bande Dessinée

Après avoir fini de nettoyer l’Atomium, Gaston descend en rappel au milieu de la conférence de presse. Spirou accueille ce retour symbolique comme il se doit
Photo : © D. Pasamonik (l’Agence BD)

L’administrateur–délégué de Dupuis expliqua en guise de conclusion qu’il n’était pas spécialement ému pour cette journée commémorant les 75 ans de Spirou et de son journal, car « Je me sens très bien entouré, avec des équipes motivées et débordant d’idées. Cela nous permet de regarder le passé avec fierté, et d’imaginer les 75 prochaines années de Spirou ! »

C’est encore hier que s’est inaugurée l’exposition du Centre Belge de la Bande dessinée consacrée aux aventures du célèbre groom. La plupart des auteurs qui ont imaginé ou dessiné ses aventures étaient présents, afin de marquer d’une pierre blanche cet anniversaire assez particulier. Le visiteur pourra donc (re)découvrir les grands moments de Spirou, et l’implication de ses auteurs, ce qui lui a permis une telle longévité ! Pour les visiteurs en provenance de Paris, Cologne et Amsterdam, notez enfin qu’une offre spéciale Thalys permet des réductions pour la visite de l’exposition et un accueil particulier dans la Brasserie Horta du CBBD, un haut-lieu de l’architecture bruxelloise où la bande dessinée trouve une place de choix.

Du "Style Nouille" de Victor Horta qui avait introduit l’acier et le béton dans l’architecture moderne, au cristal de l’Atomium conçu par Waterkeym & Nowak, un peu à l’origine du "Style Atome" et symbolisant les bienfaits de la science, aux mille et unes saillies géniales de l’hebdomadaire de la bonne humeur, c’est toute la gamme de la créativité graphique des Belges qui était symboliquement évoquée dans cette journée.

L’exposition au Centre Belge de la Bande Dessinée
Photo : © D. Pasamonik (l’Agence BD)
Quels autres secrets nous réserve encore Spirou pour 2013 ?
Photo : © CL Detournay

Cette année 2013 aurait donc déjà été jalonnée de bien des sorties et événements pour fêter cet anniversaire : la création du personnage avec La Véritable Histoire de Spirou, l’intégrale des aventures dessinées par Rob-Vel, les différentes actions du Journal et du héros, le ‘retour’ des héros de Marsu-Productions chez Dupuis, et La Galerie des illustres qui permet à plus de deux cents auteurs de donner leur vision et héritage de Spirou. L’année 2013 est loin d’être finie, et gageons que Dupuis a encore plus d’un tour dans son sac, afin de marquer définitivement et pour longtemps un anniversaire important dans le monde de la bande dessinée franco-belge.

(par Charles-Louis Detournay)

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Toutes les infos concernant l’exposition sur le site du Centre Belge de la Bande Dessinée

[1(voir notre article traitant de Dreamwall

 
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14 Messages :
  • Sans déconner, y a encore des gens qui lisent le journal de Spirou ?

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    • Répondu par Geraud le 24 avril 2013 à  21:02 :

      Oui.
      Y’a encore des gens qui aiment la bonne BD.

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    • Répondu par RObby le robot le 24 avril 2013 à  22:14 :

      Eh oui ! Et il y même de super minirécits dedans, comme à l’époque de Delporte.

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    • Répondu par Elece Chaprot le 25 avril 2013 à  17:05 :

      Ne vous déplaise, il en est.

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    • Répondu par Tzvetan le 25 avril 2013 à  17:59 :

      Personnellement, je ne m’y suis même mis que récemment.
      C’est étonnamment grand public.
      Les directions prises par Niffle me satisfont de façon inattendue, alors que je ne le lisais pas étant gamin (au contraire des albums que l’on m’offrait).

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    • Répondu par Michel Dartay le 25 avril 2013 à  21:32 :

      Evidemment que Spirou continue à être lu. Allez demander à Sergio Salma ou à Lewis Trondheim pourquoi ils y publient autant. Les chiffres de vente continuent à être imposant, mais il faut reconnaitre que ce vénérable hebdo n’a plus guère de concurrents. Prix à la page : de l’ordre de 300 euros, sans doute. Et le journal a ouvert ses portes à bien des auteurs issus de la nouvelle BD.

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      • Répondu par lebon le 26 avril 2013 à  12:44 :

        Dans son édition de lundi mardi dernier La Libre Belgique publie les chiffres suivants, Abonnés Belges 10 000, France 32 000, ventes par numéro en kiosques 20 000.

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        • Répondu par Michel Dartay le 28 avril 2013 à  19:06 :

          Il convient de ne pas oublier les reliures que certains préfèrent collectionner (sans doute plus de vingt mille)

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        • Répondu le 28 avril 2013 à  21:07 :

          Ce sont sans doute les chiffres communiqués par l’éditeur. Vous pouvez les diviser par deux ou trois pour connaître les vrais chiffres.

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          • Répondu par Térésias le 30 avril 2013 à  14:58 :

            Ce sont sans doute les chiffres communiqués par l’éditeur. Vous pouvez les diviser par deux ou trois pour connaître les vrais chiffres.

            Vous devez croire à la théorie du complot aussi. Les chiffres des imprimeries sont ce qu’ils sont, il n’y a rien à diviser, et sachez qu’en moyenne un exemplaire de Spirou est lu par 3 personnes, donc vous pouvez multiplier par 3 pour connaitre le lectorat.

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            • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 30 avril 2013 à  16:59 :

              D’autant que ces chiffres ne concernent visiblement que la Belgique.

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        • Répondu par Marion S le 2 mai 2013 à  11:06 :

          Je fais mon mémoire sur le magazine Spirou et les chiffres que vous donnez me sont providentiels ! Seulement je ne les retrouve pas sur le site de la Libre Belgique. Sont il en ligne quelque part ? Ça m’aiderait beaucoup !

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  • Très décevant, ce numéro anniversaire de Spirou…

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