Les Abandonnés - Par Ross Campbell - Milady

4 mars 2010 0
  • Et si on se lisait une petite histoire de zombies ? Le genre a été traité mille fois, mais le plaisir de ces récits de série B reste le même. Avec les Abandonnés, Ross Campbell nous entraine dans le Sud de la Floride, qui vaut bien, par sa moiteur et ses habitants, le bayou de Louisiane.

On peut comprendre le titre de cet album de deux manières différentes. D’abord en suivant la journée de Rylie, jeune assistante médicale à la maison de retraite de la petite ville du coin. Lorsqu’elle se réveille au matin du 16 juillet, l’été est étouffant et le cyclone Riley s’approche des côtes de Floride. Le jeune femme à la crête punk rouge passe au "I scream", donner un coup de main à Nicole et sa sœur Cammie, ses deux copines qui tiennent la boutique de glaces. Elle y rencontre Naomie, sa nouvelle voisine, pour qui elle en pince plus qu’un peu. Et puis Ben, le beau gosse de service, grand, musclé et... gay lui aussi. Alors oui, ce groupe de potes qui ne rentre pas tout à fait dans les canons du genre, représente bien les abandonnés du titre. Des jeunes un peu en marge qui n’attendent pas grand chose d’une société qui les regarde de travers.

Les Abandonnés - Par Ross Campbell - Milady
(c) Campbell / Milady


Mais les histoires de zombies se moquent bien du sens figuré. Et la nuit que va passer Rylie à la maison de retraite va changer sa vie. Alors que la tempête fait rage, c’est la panne de courant. Rien de bien méchant. Mais quand tous les pensionnaires de l’établissement où travaille Rylie meurent brusquement, les événements commencent à vraiment mal tourner. Et quand tous ces gentils petits vieux se transforment subitement en zombies, c’est panique à tous les étages !
Rylie parvient toutefois à se tirer de ce mauvais pas et à rejoindre ses amis. Mais force leur est de constater que dans la petite ville de Buffalora, ils sont les seuls à être plus vivants que morts. Fuir ou ne pas fuir, telle est la question qui va rapidement être tranchée. Mais vont-ils réussir à quitter les lieux alors qu’ils sont encerclés par des dizaines de zombies sans espoir de secours ? Là, on peut dire qu’ils sont vraiment abandonnés.
Sur une intrigue assez classique, Ross Campbell réussit à donner une couleur à cette histoire d’adolescents livrés à eux-mêmes. Au fil des pages, le récit prend de l’épaisseur en même temps que les relations entre les membres du petit groupe. Le dénouement laisse le lecteur dans le même état que les héros, ce qui montre que l’auteur a réussi à transmettre des émotions. Pas mal pour une histoire de zombies.

(c) Campbell / Milady

(par Thierry Lemaire)

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