Les Ados - T1 : Laura et Ludo - par Florence Cestac - Dargaud

4 août 2006 8
  • Prépubliée dans "Le monde des ados", cette nouvelle série vise un public de collégiens, essentiellement les 11-15 ans. Des histoires en une planche qui croquent avec bienveillance les défauts d'un frère et d'une soeur en âge de fréquenter le lycée. Rassurez-vous, les parents en prennent aussi pour leur grade.

Cestac avait pris l’habitude de se pencher sur les déboires de personnages de sa génération, plutôt celle des parents. Cette fois, à la faveur de cette série créée pour Le monde des ados, elle dissèque les moeurs étranges de Laura et Ludo, frère et soeur dans une famille qu’on imagine assez bobo.

Ici, point de hargne colérique. Cestac jette un regard bienveillant et parfois tendre sur ces deux ados, dont les principaux centres d’intérêt reviennent au fil des pages : la bouffe, les copains, la musique, le look, les devoirs...
Superficiels et assez égoïstes face à leurs parents, Laura et Ludo n’apparaissent pas pour autant stupides. Leurs répliques font mouche face à papa (la maman est peu présente ici...) et ils ne manquent pas de s’émouvoir de temps à autre devant les malheurs du monde. Pour autant, nos jeunes gens ne manifestent pas de révolte profonde contre l’ordre familial ou social.

Cestac manifeste une certaine connaissance du language ado, même si certaines expressions ne sont plus tout à fait actuelles. On ne parle pas ici de jeunes des banlieues ou des quartiers, pour reprendre les termes des politiques. Si c’était le cas, les dialogues s’avèreraient beaucoup plus crus et peu compréhensibles aux adultes !

Les Ados - T1 : Laura et Ludo - par Florence Cestac - Dargaud

L’habillage des gags est soigné : pour chaque planche, un bandeau toujours différemment présenté surmonte les cases.
Fidèle à ses énormes pifs, l’auteure ne lésine pas sur les couleurs vives : vêtements et décors, pas de quartier ! Un dynamisme qu’on ne présente plus.

(par David TAUGIS)

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8 Messages :
  • J’apprécie la capacité du rédacteur à éviter de donner à un quelconque moment son avis. Nous avons là une magnifique présentation d’un album, et qui de plus semble honnête et recherchée tant les communiqués de presse sont généralement exagérément élogieux.
    Félicitations, continuez comme ça, votre vision critique de professionnel nous aide toujours autant à nous guider entre les oeuvres à éviter et celles à découvrir. Merci !

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    • Répondu par Laurent Mélikian le 7 août 2006 à  14:06 :

      Au second degré vous posez là une intéressante question : le critique ou le chroniqueur doit-il-forcément donner son avis ou donner une idée de l’oeuvre en préservant le libre arbitre du lecteur ?

      Pour ma part, j’estime le lecteur doué de raison. Sans être obligatoire, la seconde option me semble donc souvent plus honorable.

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      • Répondu par Pilier le 8 août 2006 à  11:31 :

        J’estime qu’un tel site ne peut se contenter de faire une brève constatation d’une bande dessinée.
        A l’heure où des sites, dont je tairai gentiment les noms, n’hésitent pas à proposer aux visiteurs de donner leur avis trop souvent caricatural, il est bon de garder des sites de références pouvant donner un avis critique, contrasté, fondé sur une bonne expérience dans la bande dessinée.
        Le côté chronique ne peut s’expliquer pour moi que deux façons.

        - Soit le rédacteur se trouve incompétent pour donner un avis sur l’oeuvre en question. Ce qui est relativement compréhensible mais mets en doute la nécessité de l’article. Il suffit alors de lire la version de l’éditeur et de retirer tout superlatif pour avoir une idée générale.

        - Soit encore, le rédacteur n’ose donner son avis. Ca s’est déjà beaucoup vu également. Et de nombreux "critiques" font pareil(Beaucoup trop vont même jusqu’à donner de relativement bons). La peur de perdre son service presse... J’osé espérer que là n’est pas le problème, aucun éditeur ne m’a jamais mis la pression à ce sujet et quand bien même, je préfère les envoyer voir ailleurs si j’y suis plutôt que mal faire mon travail.

        J’ai donc du mal à cautionner cet article. J’espère que l’auteur ne m’en voudra pas. Mais à l’heure où ActuaBD est décrié notamment par le probablement trop virulent JC Menu, je ne puis hélas qu’avouer qu’il n’a pas totalement tort. Ca fait mal à écrire mais bon...

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        • Répondu par Didier Pasamonik le 8 août 2006 à  13:44 :

          Cher Monsieur,

          Vous faites sans doute partie de ces gens qui veulent être califes à la place du calife pour chercher à nous indiquer avec une telle assurance ce que nous devons écrire ou ne pas écrire.

          Nous vous répondons car il y a un peu trop de procès d’intention dans ce que vous dites :

          1/ Que notre rédacteur a fait sa chronique à l’eau tiède "pour ne pas qu’on lui retire le service de presse". En l’occurence, monsieur l’imprécateur, mauvaise pioche. David Taugis ne reçoit pas le service de presse de Dargaud. C’est moi qui le reçoit, au titre de journaliste pour plusieurs supports. Je lui ai filé l’album parce que je n’ai pas le temps de le chroniquer (les infos générales me prennent beaucoup de mon énergie) et parce que je pensais que c’était un bon album qui méritait sa place dans nos chroniques.
          Vous avez un peu trop tendance à prendre les attachées de presse pour des demeurées qui ne connaissent pas leur travail. Elles font très bien leur boulot et ont des comptes à rendre à leurs patrons. Elles savent très bien à qui envoyer les albums pour obtenir des opinions favorables. Elles savent aussi qu’une critique, même mitigée, sur ActuaBD a plus de valeur que sur d’autres supports. Donc, vos arguments ont nuls et non avenus.

          2/ Vous laissez entendre que le rôle du journaliste est de s’engager. Qu’en gros, nous devons indiquer au bon peuple ce qu’il peut lire ou ne pas lire. Vous vous trompez d’officine : nous ne sommes pas la commission de l’Index d’une quelconque instance morale. Notre premier rôle, le principal, est d’informer. Ce que David Taugis, en connaisseur des adolescents (il est prof, au cas où vous ne l’auriez pas deviné), a fait parfaitement, avec une retenue qui est tout à son honneur alors que dans nombre de chroniques BD le superlatif tient lieu de mode de pensée. Maintenant, vous prétendez que sa chronique n’émet aucune opinion. C’est simplement la preuve que vous ne savez pas lire : la neutralité, contrairement à ce que vous croyez, est AUSSI une opinion.

          3/ Je vous rappelle le contexte de notre relation : vous venez librement sur ActuaBD, sans payer, chercher de l’info qui est produite par des bénévoles, dans un contexte qui est celui d’une offre pléthorique de sites de BD où les chroniques pullulent. Il n’y a pas de contrat entre nous. Si ce que nous écrivons ne vous plaît pas, vous pouvez passer votre chemin. Mieux : exprimer votre opinion sur le forum, tant qu’elle ne relève pas de l’insulte, du procès d’intention (c’est pourquoi vous avez failli passer à la trappe), ou de tout ce qui est juridiquement répréhensible et qui pourrait mettre en cause l’éditeur responsable du site.

          4/ Vous croyez sans doute que prêtons la moindre crédibilité aux outrances M. Menu. Il impressionne sans doute quelques gogos incultes, sans jugeotte, ni recul. En ce qui nous concerne, nos lecteurs savent ce que nous pensons et de l’homme, et de ses procédés.

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          • Répondu par Pilier le 8 août 2006 à  16:04 :

            Calife à la place du calife... Non merci. Désolé si vous m’avez trouvé quelque peu arrogant, là n’était pas mon intention.
            Et j’espère avoir le droit de réponse afin de m’expliquer. Je vais donc tacher d’éclaircir le fond de ma pensée point par point.

            1/ Votre site était pour moi, comme précédemment marqué, une référence reconnue pour la qualité de ses critiques. J’avoue ne pas tout lire, ne pas toujours être d’accord, mais au moins il y avait un avis. Dans ce cas, j’ai été déçu et ai donc communiqué mon désarroi.
            Par contre, je cherche encore la moindre critique dans mon intervention, envers les responsables de presse. J’en côtoie régulièrement et n’ai pas encore de critique particulière à leur encontre. Vous m’en voyez désolé.

            2/ Pour moi, le rôle de critique est de s’engager, je n’ai jamais parlé dans ce cas de journalisme. Je tiens à séparer ces deux filières de métier, à mon avis sensiblement différentes. Le côté critique nécessite une expérience importante dans le domaine traité, ce qui peut être très loin du journalisme. Le journalisme a en effet pour but d’informer, mais encore une fois ce n’est pas ce dont je parlais. Pour terminer, pour moi cette neutralité est plus un manque d’opinion, mais libre à chacun encore de l’interpréter à sa guise.

            3/ Je ne fais pas de procès d’intention, si telle est votre vision, elle n’est peut-être que vôtre. Quelque soit la réflexion menant à cet article, je m’en moque éperdument. J’ai émis des hypothèses, pire encore, si reproche il y avait, il visait plus les critiques bd en général que ce cas précis. Je remets en question l’intérêt d’un tel article et essaie de l’expliquer, mais là encore, je n’affirme rien dans ce cas précis.
            Soit ! Lors de ma prochaine intervention, je m’emploierai à plus de délicatesse. Ou suivrai votre conseil et passerai mon chemin. Le débat aura sa place ailleurs. Mais une réponse plus calme et pausée n’aurait-elle pas eu plus sa place ? Ne vous mettez pas tant à la hauteur deceux que vous décriez.

            4/ Dans les discours de Mr Menu, certes beaucoup peuvent être oubliés mais hélas le chef de l’Association ne peut-il donc jamais avoir parfois une once de raison pour autant ? Je n’aime pas sa méthode rentre-dedans, je n’ai pas aimé son plate-bandes réglement de compte, mais avoue que de temps en temps il n’a pas tort.

            Pour conclure, si la forme ne vous a plu, votre réponse est à sa hauteur. Je suis navré que cela aie une telle incidence, je comprends maintenant que l’endroit n’est pas lieu de remise en question et que même l’avis d’un critique professionnel ne vous intéresse pas. Je peux comprendre, même si je ne peux réellement accepter votre réponse comme vous n’avez accepté la mienne.

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            • Répondu par Didier Pasamonik le 9 août 2006 à  00:38 :

              Cher Monsieur,

              Je ne peux accepter votre critique sur les critiques de BD "en général" (et d’ailleurs, j’y reviendrai bientôt dans ces pages, car cet amalgame récurrent m’énerve un peu), et c’est ce qui me fait réagir. Attaquer une personne en particulier en émettant des généralités, laissant entendre que les attachées de presse font du chantage aux envois d’albums, c’était très lisible dans votre message, et je l’ai bien perçu comme un procès d’intention. Laurent Melikian aussi, semble-t-il.

              Oui, il y a une distinction à faire entre critique et journalisme ; oui, un journaliste peut-être critique et un critique journaliste. Théophile Gautier est critique et journaliste ; Félix Fénéon est critique et journaliste. D’un autre côté, il y a des critiques qui ne sont pas journalistes ( René Huygue, Roland Barthes, Umberto Eco, même s’il leur arrive souvent de publier des articles), des journalistes qui ne sont pas critiques (Edwy Plenel parlant des Pieds Nickelés, Schneidermann parlant d’Astérix).

              Vous semblez ne pas faire le distingo entre la mission du journaliste qui est de rapporter l’actualité (avec plus ou moins de sens critique, selon la formation, les goûts, les aptitudes et les talents de chacun) et le critique qui est d’analyser un cas avec un certain nombre d’outils affutés et un brin de distance, parfois dans un cadre d’actualité. Sur notre site, il y a l"un et l’autre.

              J’ajoute que vos propos sont suspects car vous avancez masqué, et c’est ce qui me pousse à vous répondre avec vigueur, même si vous jugez cela "violent". Vous laissez entendre que vous êtes vous même journaliste, puisque vous émargez des services de presse des maisons d’édition, sauf qu’on ne sait pas qui vous êtes, ni pour quel support vous travaillez.
              Ne croyez-vous pas que l’honnêteté serait de mettre clairement les cartes sur la table avant de critiquer un confrère ?

              Vous laissez entendre que j’affirme que Menu a complètement tort. Je n’ai jamais dit cela. J’ai même écrit sur ce site, ça m’a échappé sans doute, qu’il a parfois raison. Il est préférable, quand on est journaliste, de vérifier avant d’affirmer. Il faut aussi admettre que le journaliste, comme le critique, a droit à l’erreur. Ce droit là, je vous le concède bien volontiers.

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              • Répondu par Pilier le 9 août 2006 à  09:07 :

                Chers messieurs,

                Chantage, un mot de plus que vous me prêtez. Certes, vous voyez le mal dans chacune de mes lignes. Je ne parle pas de chantage, par peur je ne veux sous-entendre de menace. Je n’y voix que quelques personnes, qui en remerciement de ce bel objet reçu, se sentent plus à l’aise en disant du bien de la bande dessinée. Ne vous inquiétez pas, en disant cela, j’ai des sources relativement précises mais ne vois pas l’intérêt pour autant de les mouiller ici. Passez aussi un jour dans un magasin d’occasion, comptez les cachets ‘service presse’ qu’on y retrouve et expliquez-moi l’éthique derrière tout ça.
                Notons aussi Dupuis qui m’a demandé de ne pas détruire le monde des enfants, et suggèré donc d’éviter toute virulence sur les bédés de leur catalogue destinées au plus jeune. Cette requête a fait pousser des boutons à un ami journaliste, et même si je crois que cela n’aurait aucune incidence, je respecte et épouse la requête de l’éditeur.

                Par ailleurs, je ne peux aussi que vous féliciter pour cette solidarité affichée avec votre confrère. Certes puisque distinction pour ce site entre journalisme et critique vous souhaitez finalement, je ne puis qu’avouer son évidence excepté pour les chroniques qui doivent à mes yeux relever du critique. Je citerai donc Mr Melikian, qui trouve plus honorable de laisser le libre arbitre au lecteur. Je répondrai que la critique n’entamera peut-être le libre arbitre. Comme pour le cinéma, je lirai les critiques mais irai aussi à s’en encontre dans mes choix. Pour moi la critique, sert à dépister les petits moins et les petits plus qui peuvent aider au lecteur à réaliser si l’œuvre est faite pour lui, ou s’il serait bon d’y regarder de plus près. Des bandes dessinées peuvent être d’un rasoir et pourtant juste pour la beauté des dessins, vous rêvez de la posséder. Autant faut-il s’en rendre compte. Si vous passiez brièvement dans un magasin, auriez-vous pris le temps de vous y attarder ? Si l’article que vous aviez lu à son sujet était simplement informatif et nullement engagé, auriez-vous essayé d’en savoir plus ? Voilà mon but, permettre de rendre le choix du consommateur plus facile et lui permettre de découvrir des œuvres qu’il n’aurait jamais touchées. La neutralité ici affichée ne permettra en rien cette physionomie.

                Je parle, je parle et j’en oublie encore les présentations. Sébastien Moiny donc, comme beaucoup j’ai fait mes classes avec la bibliothèque de mes parents. Ensuite j’ai fini par travailler pendant quelques années dans une bédéthèque, j’ai également animé une émission radio. Si certes l’audimat était très faible, je continue à penser que c’était une très bonne expérience. Depuis, je m’occupe donc de critiques de bande dessinée, notamment pour un magasine étudiant belge. A côté, même si les interviews réalisées tiennent du journalisme, je n’ai suivi aucune formation à cet effet et garderai donc le titre de critique, tant que l’on ne m’aura démontré mon incompétence dans ce domaine.

                Quant à l’anecdote Menu, ne vous inquiétez pas je connais votre histoire, ai lu quelques pages vous concernant, sur ce site mais également dans l’Eprouvette. Je ne sous-entend pas, ou alors autant que vous l’avez fait dans votre réponse précédente. Je rappelle juste que même si ses procédés sont discutables, comme votre sens journalistique semble si bien vous le rappeler, il faut creuser un peu plus.

                Je vous remercie pour votre droit à l’erreur, et je vous le rends volontiers. Cette phrase terminant votre commentaire, je la prendrai donc comme conclusion. Ceci est pour moi un échange d’avis, d’opinion, en quelque sorte un débat qui avouons-le sort souvent de son élément. Mais doit-il y avoir une erreur, ou juste divergence d’opinion ?

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                • Répondu par Didier Pasamonik le 9 août 2006 à  10:54 :

                  Cher Monsieur,

                  Je ne défends pas "un confrère", je défends la ligne éditoriale d’ActuBD puisque j’en suis l’éditeur-adjoint et l’article de notre chroniqueur David Taugis dont l’honnêteté ne fait aucun doute.

                  L’erreur, c’est de mener des attaques sans vous être présenté, alors que vous êtes vous-même journaliste. Pas très élégant, mais c’est réparé.

                  L’erreur, c’est de faire des allusions, par une généralisation (je n’accuse personne mais je connais des cas précis dont je ne donnerai pas les noms par charité...), à des pratiques qui ne sont pas celles du journaliste que vous critiquez. C’est un discours de dénigrement de la profession de journaliste dont je reconnais un procédé récurrent utilisé par MM. Menu, Trondheim et compagnie et que je trouve particulièrement dégueulasse.

                  Que les journalistes revendent leurs services de presse ? Cela ne me choque pas. Peu de livres finalement ont leur place dans une bilbliothèque personnelle, surtout au prix de l’immobilier dans les grandes métropoles européennes. Qu’eussiez-vous voulu qu’ils fissent ? Un grand feu ? Personnellement, il me plaît de savoir que l’oeuvre va finalement trouver d’autres lecteurs.

                  Enfin, si vous aviez simplement donné votre opinion sur le livre (parce que, là encore, M. le journaliste, on l’attend), au lieu de vous attaquer de façon maladroite à un type qui a fait correctement son boulot, cette discussion n’aurait pas eu lieu.

                  Et d’ailleurs, elle se conclut ici.

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