Les Bijoux de la Kardashian : enquête sur un fait-divers "people"

2 avril 2019 0 commentaire
  • Pour "Les Bijoux de la Kardashian", Grégory Mardon s'associe à deux journalistes d'investigation afin de nous raconter l'enquête de l'un des casses les plus excitants de ces dernières années : le braquage de Kim Kardashian à Paris.

Kim Kardashian, à moins de vivre au Pôle Nord, vous en avez certainement entendu parler. C’est cette jeune femme qui cultive « la passion du futile et de la mode, un parti pris de l’illusion, de l’habile consommation de l’inutile » [1]. Elle est la fille cadette de Robert Kardashian, un riche avocat californien d’origine arménienne qui fut notamment l’avocat de l’ancienne star du football US et du cinéma O.J. Simpson, lors de la tristement célèbre “Affaire O. J. Simpson”.

Mais ce n’est pas grâce à son ascendance qu’elle doit sa notoriété. La bimbo callipyge -par la magie du bistouri- est devenue oracle de la mode et des tendances grâce à son sens du business et son storytelling implacable, saupoudré d’une pincée de scandale. Jugez vous-même : une amitié avec Paris Hilton ; une sextape avec le chanteur de R&B Ray J [2] qui a été vendue pour cinq millions de dollars en 2007 et qui lui rapporte aujourd’hui cent millions de dollars ; une maîtrise parfaite des réseaux sociaux ; ainsi qu’un show de télé-réalité -L’incroyable Famille Kardashian- diffusé partout dans le monde, actions qui ont construit son empire financier, sous l’œil redoutable de sa “momanager” (mère et manager, NDLR) Kris Jenner.

Les Bijoux de la Kardashian : enquête sur un fait-divers "people"

Mais cette popularité ne lui a pas pour autant ouvert les portes de l’Olympe des stars. Pour cela, elle dû attendre son mariage avec le producteur, rappeur et icône pop mégalo Kanye West. Cette union transforma définitivement son image et lui permis de s’asseoir à la même table que les Michelle Obama, Madonna et autre Beyoncé, excusez du peu ! Depuis cette date, les plus grandes marques du luxe se l’arrachent. L’avoir à sa fashion week ou comme égérie, c’est la garantie d’une publicité en mondovision. Ses initiales “KKW” (Kim Kardashian West) sont devenus en l’espace d’une dizaine d’années, un sigle en or. Pardon, en diamant !

Cette surexposition médiatique et ce voyeurisme 2.0 sont au cœur d’un fait-divers qui marqua les esprits, au point de donner l’idée à deux journalistes de nous le raconter dans une BD judicieusement intitulé Les Bijoux de la Kardashian, en clin d’œil à l’aventure de Tintin, Les Bijoux de la Castafiore.

La casa des papys

Lors de ses fiançailles, la belle reçut de son chéri une bague Lorraine Schwartz sertie d’un diamant de vingt carats d’une valeur de 4,5 millions de dollars. Ce joyau, ainsi que d’autres bijoux ont été dérobé au cours d’un braquage rocambolesque survenu dans la nuit du 2 au 3 octobre 2016, lors de la Fashion Week parisienne. Au total, un butin de neuf millions d’euros !

Il s’agit d’une affaire hors norme car ce fut le plus important braquage chez un particulier à Paris depuis des décennies. Son retentissement a été d’autant plus fort en raison de l’identité de la victime et de la couverture médiatique exceptionnelle que lui consacra la presse française et internationale. Ce fait-divers prit même une tournure politique, écornant un peu plus l’image de Paris en état d’urgence post-attentats djihadistes. Les personnes fortunées ont déserté pendant un moment la capitale française, ce qui a occasionné des pertes importantes pour le secteur du tourisme de luxe. Kim Kardashian quant à elle, retourna immédiatement aux États-Unis où l’attendait un dispositif de sécurité digne d’un chef d’état.

Au début, ce braquage laissa d’abord les observateurs dubitatifs. Toute la twittosphère pensa à un coup monté par la donzelle pour faire le buzz sur les réseaux sociaux. En effet, tout le monde avait encore en tête sa mésaventure avec Vitalii Sediuk, surnommé “l’agresseur des stars”, quelques heures plus tôt. Ce dernier se jeta sur elle pour lui embrasser le popotin... Il fut rapidement maîtrisé par son garde du corps, qui le relâcha quelques minutes plus tard. Cet “acte de bravoure” rapporta tout de même à Vitalii cinquante mille followers sur les réseaux sociaux !

À force de laisser filmer ses moindres déplacements et d’exposer ostensiblement ses bijoux, le Tout-Paris de la mode sut en moins d’une heure que Kim résidait à l’hôtel de Pourtalès. La phrase “Kim, elle est là-haut” est même devenu un running-gag ce jour là. Ce travers de la surexposition sur les réseaux sociaux, les auteurs François Vignolle (directeur de la rédaction de RTL), Julien Dumond (grand reporter pour le magazine Sept à Huit de TF1) et Grégory Mardon (Cycloman, Petite frappe, Le Teckel T.3...) en montrent les conséquences tout au long de cette BD.

L’histoire est racontée du point de vue de la police, que nous suivons pas à pas dans son enquête. Ce casse sans violence qui fut commis à vélo, dégage un humour et un charme vintage que l’on penserait tout droit sorti de la plume de Michel Audiard, tant il est peuplé de personnages foutraques et populaires.

Mais cette affaire fut aussi une formidable opportunité pour Kim, qui se réinventa une nouvelle image de leader d’opinion humaniste, un chouia moins bling bling mais toujours aussi glamour. Elle défend aujourd’hui le climat, la lutte contre la prolifération des armes aux USA ou encore, la cause d’une prisonnière sexagénaire afro-américaine auprès du président... Donald Trump. Comme quoi, à la fin, c’est toujours la télé-réalité qui gagne !

Les Bijoux de la Kardashian
François Vignolle, Julien Dumond & Grégory Mardon © Hors Collection/Glénat BD

Voir en ligne : Découvrez la série "Les Bijoux de la Kardashian" sur le site des éditions Glénat

(par Christian MISSIA DIO)

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Les Bijoux de la Kardashian, par François Vignolle, Julien Dumond & Grégory Mardon, Hors Collection/éditions Glénat. Album paru le 13 mars 2019. 152 pages, 15,00 euros.

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[1Nous citons ici Alexis Bernier et François Buot à propos du célèbre magazine “Interview” d’Andy Wharol, dans leur ouvrage, L’Esprit des Seventies, Paris, Éditions Grasset, 1994.

[2Le petit frère de la chanteuse Brandy (The Boy Is Mine) et cousin du rappeur Snoop Dogg

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