Cambrioleurs, T. 1/2 : Les Oiseaux de proie - Par Jake Raynal - Casterman

4 février 2013 0
  • Polar froid et sensible à la fois, élégant, au ton détaché, ce diptyque tente une nouvelle esthétique. Pour le rythme, allez plutôt voir ailleurs, mais en matière d'ambiance, un récit convaincant.

Curieux trio. Amis ? Pas vraiment. Concurrents ? Peut-être. Entre ces deux hommes et cette femme, l’admiration mutuelle cohabite avec une méfiance prudente. Chacun de leurs coups représente autant une promesse de richesse qu’un exploit à accrocher à leur vie sans éclat. Dans une Europe froide et sombre, ou toutes les mafias essaiment tranquillement, ils voyagent avec leurs petits plans bien préparés, et des moyens physiques conséquents. Et l’impression qu’entre Amsterdam et Berlin, la guerre en ex-Yougoslavie continue de guider leurs actes. Avec une quasi-misanthropie en guise de code de conduite.

Cambrioleurs, T. 1/2 : Les Oiseaux de proie - Par Jake Raynal - Casterman
© Jake Raynal/Casterman 2013

Jake Raynal avait signé des albums proches de ses débuts à Fluide Glacial. Il choisit ici une forme de dessin chargé en couleurs pleines, d’un minimalisme glacé. Les dialogues semblent parfois planer au-dessus de l’action, comme si les personnages raisonnaient en dehors d’eux-même. Sans créer de sympathie autour d’eux, Raynal donne au lecteur l’envie de les cerner, tout en présageant un destin funeste. Une modernité teintée de mélancolie qui sied bien à sa vision acerbe des milieux où l’argent est une obsession étouffante. Nos cambrioleurs n’apparaissent pas en jouisseurs tout puissants, mais plutôt en solitaires désabusés guettés par l’échec.

(par David TAUGIS)

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