Newsletter ActuaBD

Les Carnets de Darwin - T2 : "La Mort d’une bête" - Par Runberg & Ocaña - Le Lombard

  • {{Sylvain Runberg}} et {{Eduardo Ocaña}} nous entraînent sur les traces de Charles Darwin dans une fiction fantastique et noire. Ils mettent en scène le célèbre naturaliste dans une enquête pour le moins particulière au cœur de l’Angleterre victorienne. Darwin est confronté à ses peurs, ses angoisses et recherche une explication rationnelle à l’existence d'une bête monstrueuse, tout en apprivoisant sa propre part d’ombre.

Le titre des éditions spéciales des journaux est éloquent : un climat de terreur pèse sur le Yorkshire. Des soldats ont été tués par une bête monstrueuse, inconnue des scientifiques et naturalistes. Elle a été heureusement abattue.

La révolte des ouvriers du chemin de fer, qui se sentaient menacés par la bête, s’apaise. La reprise du travail est même votée. Charles Darwin tente de percer le mystère des origines du monstre sauvage, en se rendant la forêt. Il attend également beaucoup de l’autopsie de la créature transportée au plus vite à Londres. Un biologiste pourra l’y étudier.

Ce climat de calme relatif s’effrite quand un fermier amène sa jeune fille dans la ville. Il l’a retrouvée inconsciente, couverte de morsures. On demande à Darwin d’analyser les blessures. Contre toute évidence, il conclut qu’il s’agit de morsures de chien. Il ment, c’est certain, mais pourquoi ?

Les Carnets de Darwin - T2 : "La Mort d'une bête" - Par Runberg & Ocaña - Le Lombard
(c) Ocana, Runberg & Le Lombard.

Il est difficile d’évoquer ce livre sans déflorer le contenu de ses dernières pages, qui en font toute l’originalité. Sylvain Runberg a transformé Charles Darwin en un personnage de bande dessinée, tout en le réinterprétant : « Darwin était un homme curieux, sensible aux idées nouvelles et qui n’hésitait pas à les défendre malgré l’adversité et les conservatismes de l’époque qui lui ont valu de nombreuses attaques, constantes. En cela, le personnage du récit se rapproche du véritable Darwin », nous explique le scénariste.

Mais la véritable originalité du récit est de cerner peu à peu le chercheur au travers des interrogations sur sa propre nature. Celle-ci est en passe de basculer vers un côté sauvage, horrifique et bestial ; « Toute sa démarche scientifique découlait d’une réalité qui le touchait personnellement et à laquelle il voulait trouver des réponses, nous confie le scénariste. Tout le récit résulte de cette optique, du mythe de l’homme sauvage, de ce double imaginaire qui fascine et terrorise depuis des siècles nombres de cultures. C’est pour moi une des explications de la fascination qu’exerce la lycanthropie. Un mythe qui renvoie a cette part de sauvagerie, d’animalité que nous sommes pourtant censé maitriser en tant qu’être humain. Du coup, pour moi, Darwin n’est en rien un monstre. Juste un homme en quête de réponses pour tenter d’apaiser les tourments qui le rongent, et ces réponses, c’est au travers de la science qu’il les cherche ». Darwin, l’homme qui aime les solutions rationnelles, va devoir apprivoiser sa face cachée et surnaturelle.

Le troisième tome de ce cycle devrait se conclure sur des réponses à ces interrogations. Le dessinateur espagnol Eduardo Ocaña ombre délicatement les ambiances oppressantes du récit, mises en couleurs par Tariq Bellaoui.

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.


Lire aussi la chronique du T1 des Carnets de Darwin.

Lire une interview de Sylvain Runberg : "Orbital est le reflet de mon goût pour la géopolitique" (Avril 2010).

Commander le T2 chez Amazon ou à la FNAC
Commander le T1 chez Amazon ou à la FNAC

 
Participez à la discussion
3 Messages :
  • Darwin ne fut pas le seul à travailler sur l’évolution mais il a été le plus célèbre. Il a été attaqué à son époque mais bien plus encore aujourd’hui par des millions de gens. Ses contemporains ne pouvaient pas comprendre ses thèses. Les créationnistes ( des gens qui sans rire pensent que le monde fut créé en 6 jours il y a 6000 ans) et les néo-créationnistes( plus subtils) ont compris ses thèses mais veulent défendre autre chose. Caramba , tout est à recommencer !

    Répondre à ce message

  • [Charles Darwin est] juste un homme en quête de réponses pour tenter d’apaiser les tourments qui le rongent [...] ce double imaginaire qui fascine et terrorise depuis des siècles nombres de cultures [...] il va devoir apprivoiser sa face cachée et surnaturelle.

    Darwin était un scientifique qui essayait de comprendre le monde en raisonnant le plus rationnellement possible.

    Le raisonnement est-il vraiment moins excitant qu’un "double imaginaire" ? moins glamour qu’une "face cachée et surnaturelle" ?

    Bon sang, n’y a-t-il donc que le fantastique et l’irrationnel pour raconter une histoire en ce moment ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par Matthieu V le 5 avril 2011 à  15:37 :

      Le raisonnement est-il vraiment moins excitant qu’un "double imaginaire" ? moins glamour qu’une "face cachée et surnaturelle" ?

      Non, mais il est plus difficile a mettre en image, en particulier les mechanismes de l’evolution. Je ne suis pas sur que les chapitres sur l’elevage des pigeons ou sur la nature des barnacles attirent le chalant, alors qu’un loup-garou...

      D’apres cette critique et celle du tome precedent, cette serie n’est pas sur le vrai Darwin, il n’est qu’un pretexte, un prete-nom. Je ne sais pas ce qu’en penseraient ses descendants (toujours actifs, fiers de leur ancetre et de son patrimoine). En un sens, je suis heureux de voir que, a l’instar de Leonardo da Vinci, Isaac Newton et Albert Einstein, Darwin soit suffisament connu que pour entrer dans le monde literaire et la bande dessinee. Pour ce qui est de la serie elle-meme, j’attendrai de la lire pour me faire une idee plus precise.

      Par contre, la rivalite entre pro- et anti-evolution meriterait mille fois une histoire. Et Il y a beaucoup de materiel...

      Répondre à ce message

Newsletter ActuaBD