Les Celtiques - Corto Maltese - Pratt - Casterman

27 octobre 2003 0
  • Avec régularité, les Editions Casterman poursuivent en beaux volumes cartonnés et en couleurs la réédition des œuvres de Pratt. "Les Celtiques" reprend quatre récits qui emmènent Corto, au coeur de la première guerre mondiale, entre rêve, fantastique et la réalité sanglante de la guerre.

Pratt ne dessinera plus jamais. Mais Casterman fait son travail d’éditeur, exhumant progressivement toutes les oeuvres qu’il a publiées dans son catalogue, et les rééditant avec luxe : une couverture retravaillée sous liseuse glacée, une mise en couleurs sobre et délicate de Patrizia Zanotti, et une foule de dessins inédits d’Hugo Pratt rassemblés autour d’une préface ouvrant la voie à de nouvelles réflexions autour de son oeuvre.

Dans cet album, qui reprend le superbe "Concert en O mineur pour harpe et nitroglycérine" où Corto vient venger la mort d’un ami mort en martyr durant la révolution irlandaise, suivi de l’étrange et onirique "Songe d’un matin d’hiver", du plus classique "Côtes de nuits et roses de Picardie" et de l’inquiétant "Burlesque entre Zuydcoote et Bray-Dunes", tous centrés autour de la guerre, c’est Jean Markale qui joue le rôle du théoricien. Sa préface traite des rapports entre Hugo Pratt et la mythologie celtique.

Un très beau livre, qui vient rejoindre ses prédécesseurs dans l’imposant rayon de la bibliothèque réservé à l’un des plus grands narrateurs de l’histoire de la bande dessinée européenne. Et la qualité de la réalisation est à la hauteur de celle de l’oeuvre. On regrette que d’autres classiques ne bénéficient pas d’une telle finition, à commencer par Tintin, par exemple, édité sur papier trop léger depuis des années - hormis pour les rééditions de coûteux fac-similés.

(par Patrick Albray)

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