Les Chroniques du centrum t.1, par Andrevon et Khaled

16 juin 2004 0
  • Centrum est une ville-monde pluvieuse et crasseuse, digne de {Blade Runner} ou {Running Man} et en proie au surpeuplement. Pour endiguer ce phénomène, les « furets » sont chargés de « contrôler la population », c'est-à-dire d'éliminer les citoyens désignés par l'ordinateur central. Le premier album des {Chroniques du centrum} décrit la vie très réglée d'un de ces assassins officiels et anonymes. Mais évidemment, le chaos n'est pas loin et c'est toute la vie du personnage qui va bientôt basculer.

Côté dessin et couleur, pas grand chose à dire que la comparaison avec Blade Runner n’aurait laissé présager. Les planches sont aussi sombres que la couleur est informatique (avec une belle utilisation des possibilités d’éclairage offertes par Photoshop). Mais attention, on est beaucoup plus proche d’Universal War One (par Bajram), autre série de SF - excellente d’ailleurs - du catalogue Soleil, que de l’esthétique de Fred Beltran. Personnages et décors sont ici moins glacés que chez l’auteur des Humanos : visages carrés et gros guns comme on les apprécie chez Soleil sont au rendez-vous.

Le Travail du furet est une bonne introduction à l’univers du Centrum. Tout au long de ces 48 pages, on découvre un fonctionnaire de la mort, désabusé, terrifié par son passé et étranger aux notions de morale. La technique du monologue nous le rend pourtant plutôt proche, et on se retrouve à comprendre l’effroyable logique dans laquelle il est embarqué. Le monologue permet aussi à Andrevon de placer des passages de son roman et à Khaled de se laisser aller à quelques fantaisies graphiques et fantasmatiques (je vous laisse chercher !).

Bien sûr, on regrettera la couverture aguichante qui met en scène une charmante jeune femme qui reste pour le moment fort secondaire dans l’histoire. Bien sûr, on remarquera qu’Andrevon a publié le roman duquel est tirée cette série dans l’année qui a suivi la sortie de Blade Runner dans les salles obscures du monde entier. Et pourtant, on se laisse prendre par ce scénario bien ficelé et ce dessin typique d’une certaine SF. Bref, un album à lire comme on achète le dernier disque des Red Hot Chili Peppers, sans en attendre trop, pour le plaisir de retrouver ses marques.

Voir en ligne : le site de Jean-Pierre Andrevon

(par Martin Grillard)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Jean-Pierre Andrevon revient à la BD ! Que les amateurs de SF aillent donc faire un tour du côté du 9e Art...

Découvrir quelques pages de Le Travail du furet

  Un commentaire ?