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Les Couleurs de l’Infâmie - Golo - Dargaud

30 mai 2003 0 Albums par JLM
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  • Le Caire sans les pyramides, l'Egypte sans les pharaons. Mais le Caire avec ses Cairotes, gens malicieux s'il en est, toujours prêts à se moquer de leurs voisins, surtout si ces derniers sont riches et puissants, et d'eux-mêmes, surtout s'ils sont pauvres et faibles. Faibles, certes, mais pas d'esprit !

Le Caire, capitale jadis resplendissante, aujourd’hui
délabrée.
Une multitude désœuvrée déambule tranquillement
dans un chaos de voitures qui semblent n’obéir à rien.
Attablé à une terrasse de café, Ossama, voleur de son
état — pas un voleur légaliste comme n’importe quel
banquier, mais un modeste voleur aux revenus
aléatoires — guette sa proie : un type arrogant qui
s’agite dans l’espoir d’attirer l’attention de son
chauffeur. Trois minutes plus tard, le type est délesté
de son portefeuille en croco, dans lequel Ossama
trouve une lettre qui compromet à la fois le type au
portefeuille (promoteur véreux mouillé dans un
génocide immobilier — cinquante morts sous les
décombres d’un de ses immeubles) et le ministère
des Travaux publics.

Devenu " par décret divin " dépositaire d’un scandale
de niveau ministériel, Ossama ne sait comment faire
exploser cette bombe. Par l’intermédiaire de son
maître Nimr — qui lui a appris le métier —, il rencontre
le lettré Karamallah, un homme qui vit dans le
cimetière avec les milliers de sans logis installés là
sans rien demander à personne. Et cet homme sage,
très amusé par la lettre mais persuadé qu’elle n’a rien
d’une bombe — le banditisme des hautes sphères
étant une péripétie communément admise —, trouve
un moyen " plaisant " de l’utiliser. Un moyen qui
démasque, dans un grand rire salvateur, la face
ignoble et grotesque du pouvoir — et toutes les
couleurs de l’infamie.

(par JLM)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

J’ai découvert Golo et Cossery dans le journal A suivre, il y a plus de dix ans, dans le superbe récit "Mendiants et Orgueilleux". Si mes souvenirs sont exacts, c’était en Août, et je revenais d’un séjour en Egypte, dont plusieurs jours passés dans le vieux Caire, ville si fascinante. Quand je suis tombé sur ce récit, j’y ai redécouvert avec un ravissement sans égal l’ambiance du Caire que je venais de quitter. Cette bande dessinée fut une de celles qui me fit découvrir la BD adulte. Depuis, je guettais vainement un nouvel album de Golo, mais sans succès. Aussi quand ce nouvel album du duo est paru, ma joie fut sans limite et mon espoir sans doute trop élevé. Je commis de plus l’erreur de relire d’abord leur premier album. Le même délice de lecture était au rendez-vous, mais n’était-ce pas la nostalgie de ma jeunesse ? Quoiqu’il en soit, cette erreur fut fatale pour mon appréciation de leur second album : je ne parvins pas à y retrouver ce qui avait fait la saveur du précédent. Non que cet album soit mauvais, loin de là, mais il n’arrive pas à la hauteur du premier opus. Je n’y ai pas retrouvé l’ambiance du Caire que je connaissais, je n’y ai pas retrouvé la saveur des personnages, l’ironie du récit, la justesse des caractères, la vérité des personnages. Et c’est dommage, car assurément cet album sort du lot de la production moyenne actuelle. Mais je garde toute ma confiance à Golo et Cossery, et je suis prêt à attendre dix nouvelles années pour découvrir à nouveau un album de ce duo étonnant.

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