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Les Damnés de Paris - Par Marie Jaffredo et Michael Le Galli - Vents d’Ouest

  • Une jeune femme débarque à Paris en 1869. Quelques années plus tôt, son nouveau-né lui fuit arraché et placé en orphelinat. Prête à tout pour le retrouver, elle va bénéficier de l'aide d'un petit Parisien et d'un célèbre caricaturiste qui uniront les fils du mélodrame.

Les Damnés de Paris - Par Marie Jaffredo et Michael Le Galli - Vents d'Ouest
Autoportrait de Gill.
DR


Napoléon III vit ses derniers jours de pouvoir dans le nouveau Paris d’Haussmann. Dans quelques mois l’empire finira par tomber à Sedan et les Prussiens alliés aux Versaillais noieront la Commune dans le sang. C’est dans cette atmosphère autoritaire et de rébellion larvée que Constance Desprez débarque à la gare Saint-Lazare. Jeune femme perdue dans l’immensité des grands boulevards, elle espère retrouver le fils qu’on lui a arraché à la naissance. Aidée dans sa quête désespérée par un petit gavroche des plus typique, elle va parcourir le monde populaire et artistique de la capitale.

Darius, cette figure enfantine et cliché du Paris "popu" connait tout les recoins de la ville lumière et travaille pour André Gill, le plus célèbre caricaturiste du moment. C’est sur cet improbable trio que va reposer la dramaturgie du récit entre poursuite angoissée, couple instable et famille de substitution.

Les Damnés de Paris
Marie Jaffredo et Michael Le Galli - Vents d’Ouest ©


Michael Le Galli (Sept guerrières et Watch) et Maire Jaffredo ont déjà signé ensemble Les Démons de Marie et le dyptique Le Sang des bâtisseurs.

Les Damnés de Paris
Marie Jaffredo et Michael Le Galli - Vents d’Ouest ©


Ils installent ici un Paris de décor historique. Travaillant le trait avec une certaine élégance, dessinant un Paris clair et propret où « tout est délicat et doux à l’œil », on est plongé dans les décor de Montmartre et des grands boulevards.

L’attrait exercé par les figures artistiques, Nadar et Zola entre autres, fonctionne toujours mais reste figé dans un glacis de teintes feutrées et pâles qui semblent avoir fané avant même d’être écloses.

L’illusion reste imparfaite. Même la verrue policière n’arrive pas à provoquer le dégoût et on ne peut que constater l’absence de cette ville « bruyante, puante et stupide » dans un ensemble un peu trop précieux. On ne s’approchera jamais, malgré une volonté délibérée, de la force évocatrice des naturalistes du siècle et, trottant à côté de l’Histoire sans jamais y entrer, on assiste à un recyclage impuissant des grands écrits de la seconde moitié du XIXe.

Fresque naturaliste sans démesure et presque atone, faute d’un réel engagement, cet album est une vision paysagère et touristique du Paris de la fin du Second Empire.

(par Vincent GAUTHIER)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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