Les Editions Albert René jouent la dictature des marques

21 février 2003 0
  • Lorsque vous lancez un site consacré à l'installation d'Unix sur des systèmes mobiles, comme des ordinateurs portables ou des "organizers", Mobilix est l'un des noms qui peuvent vous venir à l'esprit. C'est celui qu'a choisi un spécialiste allemand. Il ne savait pas que le ciel allait lui tomber sur la tête, sous la forme d'une plainte déposée par les Editions Albert-René. La raison: "Mobilix" serait trop proche de leur marque "Obélix".

Le site Mobilix.org retrace les détails de cette affaire, qui vient de se terminer par l’incroyable condamnation du responsable du site par un juge allemand dont on se demande où il a trouvé les justifications à donner raison aux Editions Albert-René. "Ils sont fous, ces Germains !" aurait dit Obélix lui-même, si la situation avait prêté à rire. Ce qu’elle n’est pas, puisque le procès et les avocats ont déjà coûté 60.000 US$ à l’accusé. Selon lui, deux autres sites attaqués, Masterix et Skobelix, n’auraient pas, comme lui, résisté encore et toujours à l’envahisseur venu de France, et abandonneraient leurs noms de domaine.

Le gestionnaire du site a entamé une liste de toutes les marques qui pourraient ainsi subir les foudres de la justice si cette condamnation aberrante était appliquée à tous les noms utilisant un suffixe "Ix". A commencer par une société danoise de télécommunications nommée elle aussi Mobilix (mais il est sans doute plus aisé de s’attaquer à un petit site Internet qu’à une compagnie de télécommunications), mais aussi la marque Unix elle-même, des sociétés informatiques nommés "Astrix Software", "Astrix Computer", "Ideefix Information Services", "Idefix HTML Software", "Oblix", etc. L’auteur s’est arrêté à 500 marques que pourraient éventuellement poursuivre les Editions Albert-René.

Il s’agit donc d’un abus de droit évident, incompréhensible, et qui fait regretter qu’Albert Uderzo consacre tant d’énergie à poursuivre un site Internet qui n’a aucun rapport avec la bande dessinée, une opération qui ne redore absolument pas une image de marque fortement dégradée déjà par la médiocrité des derniers Astérix. Une énergie qu’il pourrait éventuellement consacrer à chercher un vrai scénariste pour remplacer le regretté Goscinny.

Le site Mobilix propose, pour l’aider, d’écrire aux Editions Albert-René. Mais sans se faire d’illusion, celles-ci l’ayant accusé d’avoir inventé "une nouvelle forme de terreur électronique" en faisant cet appel.

(par Patrick Albray)

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