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Les Eternels - T4 : Le Puits des ténèbres - par Yann & Meynet - Dargaud

  • Suite et fin des poursuites mouvementées autour du diamant d'Abraham. Israël sert de décor à ce diptyque, le scénariste {{Yann}} alliant le contexte géopolitique à un jeu de piste mystique.

1967 : Guerre des 6 jours en Israël. À Hebron, le Tombeau des Patriarches abrite les sépultures d’Abraham, Isaac et Jacob.
De Boers se remémore cette époque où, avec son frère et son ami le général Moshé Dayan, il a pillé la tombe d’Abraham pour dérober un diamant mythique. Pendant ce temps, Uma est toujours dans le coma suite à un attentat à la bombe et à l’explosion du bus dans lequel elle se trouvait.

Avec Les Éternels, Yann opte pour un subtil mélange entre récit d’aventures et conflit palestino-israélien. Un parti pris susceptible de surprendre les amateurs de bande dessinée de divertissement mais qui, en fait, s’avère payant dans la mesure où il confère à l’histoire une densité historique non négligeable. Les personnages principaux restent toutefois spectateurs des évènements tragiques de la région (enfants palestiniens fouillant les poubelles aux abords d’un kibboutz) ou bien les subissent (attentat à la bombe). Le scénario s’articule autour de trois axes temporels : le présent (Uma sur son lit d’hôpital), le passé proche (Uma juste avant l’attentat) et le passé plus ancien (souvenirs de De Boers). Yann est habile, ce principe densifie énormément l’intrigue.

Le dessinateur Félix Meynet est aussi à l’aise dans les scènes d’actions que dans celles d’émotions. Il nous gratifie tout au long de l’album d’une dominante verte qui, provocante, envahit les cieux... Le défaut du dessinateur est toujours là : la gent féminine semble provenir d’un seul et même moule. Outre le manque de diversité graphique, cela amène un manque de lisibilité allant parfois jusqu’à créer une confusion entre les personnages.

Avec ce deuxième cycle, Yann et Meynet réussissent leur pari : divertir tout en cherchant à éveiller les consciences. Même s’il se défend de prendre position, Yann, en ancrant son histoire au coeur d’une région sensible et explosive, et surtout en intégrant un personnage réel comme le général Moshé Dayan à sa fiction, prend le risque d’être diversement interprété par les lecteurs qui sont directement concernés par cette région du monde.

(par Laurent Boileau)

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