Les Exploits de Poison Ivy - T1 : Fleur de Bayou - par Yann et Berthet - Dargaud

11 octobre 2006 0 commentaire
  • Après l'échec de {Yoni}, Yann et Berthet cherchaient à rebondir ensemble avec une nouvelle série. Poison Ivy, l'héroïne choisie, sort tout droit des petits strips ironiques et décalés de la première trilogie {Pin-Up}.

À la fin des années 1930, l’Europe tremble sous la botte nazie. L’Amérique, elle, se prépare à rentrer dans le conflit. En Louisiane, Swampy mène une vie tranquille et insouciante. Normal pour une jeune fille adolescente. Mais un jour, elle est empoisonnée par des espions japonais. Les baies de Poison Ivy ingurgitées lui confèrent alors, outre un physique féminin plus "avantageux", et un superpouvoir : ses baisers deviennent mortels. Très vite, Swampy intéresse les services secrets...

"Raconté comme ça, c’est un peu tarte, mais il faut le lire !" nous disait Yann dans son interview de janvier dernier. Il a bien raison ! Avec cette nouvelle série, le scénariste s’en donne à cœur joie et retrouve une verve légère, rigolarde et jubilatoire qu’il avait un peu perdu sur Yoni et Narvalo. Il réalise d’habiles clins d’œil à Pin-Up, mais aussi à Buck Danny et même à son éditeur Yves Schlirf ! Cela devient presque banal à dire pour un album de Yann, mais les dialogues sonnent juste une fois de plus.

La mise en scène graphique est signée Philippe Berthet. Son trait caractéristique joue la carte de la légèreté avec moins de détails dans les décors mais beaucoup plus d’expressions sur les visages. Très à l’aise dans les scènes de bayou, [1] le dessinateur livre des planches d’une excellente lisibilité.

Rappelons que dans Pin-Up, les strips de Poison Ivy évoquaient l’oeuvre de Milton Caniff et plus particulièrement la série Male Call mettant en scène la brune Miss Lace, dessinée par Caniff pendant la Seconde Guerre mondiale pour les revues de guerre distribuées par l’armée américaine du Pacifique à ses GI’s. La fin de ce premier tome augure des aventures de l’héroïne en pleine guerre du Pacifique. À suivre donc.

(par Laurent Boileau)

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[1Le mot "bayou" vient de la langue amérindienne, plus particulièrement du mot "bayuk" qui signifie petit cours d’eau au courant lent. Comme l’eau ne s’écoule pas, les bayous ressemblent donc à des marais. On les retrouve principalement dans le sud de la Louisiane, là où le Mississipi termine sa course dans le golfe du Mexique. C’est pour cette raison qu’on surnomme la Louisiane "l’état des bayous"

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