Les "Indignés d’Angoulême" réclament un cahier des charges à l’Association du Festival

11 juillet 2015 0
  • Ils ne lâchent pas l'affaire. Maintenant que la dénonciation du contrat entre l'Association du Festival International de la bande dessinée d'Angoulême, lequel échoit mi-2017, est actée, le groupe de citoyens angoumoisins des "Indignés d'Angoulême" réclame, dans une Lettre ouverte au président de l'Association, un agenda et un cahier des charges en vue du possible renouvellement du contrat avec 9eArt+.

"Soucieux d’apparaître comme une force de proposition, et fidèles à cet esprit, que nous voulons constructif nous avons travaillé à la rédaction d’une méthodologie pratique que nous tenons à la disposition de l’Association."

Ainsi, « Les Indignés d’Angoulême », qui avaient voici quelques semaines milité pour que l’Association du FIBD dénonce un contrat qui menaçait d’être réduit tacitement pour une nouvelle période de dix ans, introduisent-ils leur "Lettre ouverte au Président de l’Association du FIBD Patrick Ausou."

Qui sont ces "Indignés d’Angoulême" ? La réponse se trouve sur leur page Facebook :
"Alors voilà l’histoire en quelques mots. Depuis quatre mois, David Pougnaud-Barillon, Nicolas Dupas, Michel Cavaille, Yves Poinot, Jean Mardikian, Sebastien Doumic et moi, Fred Doumic, rejoints plus récemment par Valérie Scherman et Christophe Jankovic, nous nous réunissons parce que nous ne comprenons pas que l’Association du Festival ne profite pas de l’opportunité qui lui est faite de dénoncer le contrat avec le prestataire 9eme Art+ alors que cette possibilité est prévue dans le contrat signé il y a 8 ans, envisagée de très longue date et approuvée de tous : Association, Financeurs. En effet, il nous paraît à tous bien normal de vouloir redéfinir les bases d’un projet quand on ne l’a plus fait depuis 8 ans et de challenger un peu à qui on confie les 4,3M d’euros annuels de budget du Festival."

Des Angoumoisins essentiellement, donc, représentés par deux porte-paroles : l’un des trois fondateurs du FIBD, Jean Mardikian et un ancien président Yves Poinot, rejoints par quelques personnalités parmi lesquelles quelques Grands Prix d’Angoulême. Leur page Facebook compte aujourd’hui près de 250 membres (qui ne sont pas forcément des sympathisants).

Les "Indignés d'Angoulême" réclament un cahier des charges à l'Association du Festival
Les Indignés sont devenus un vrai groupe de pression sur le FIBD, comme en témoigne cet article dans la presse locale.
Photo DR

Leur demande ? Un état des lieux en concertation avec tous les partenaires du festival : "auteurs, éditeurs, financeurs, institutionnels, prestataire actuel, salariés historiques du festival, ainsi que les acteurs gravitant autour du festival, tels que commerçants, hôtels, représentants des autres festivals angoumoisins …", l’élaboration d’un cahier des charges suivi d’une validation juridique et, enfin, un appel d’offre avec une interview des candidats.

En effet, les Indignés d’Angoulême craignent une entente sans appel d’offre comme cela avait été le cas pour le contrat initial. Une demande bien légitime quand on sait que près de deux millions d’euros de fonds publics sont alloués chaque année à la manifestation. En ces temps de rigueur budgétaire, ce n’est pas rien.

Le président Patrick Ausou répondra-t-il à leur demande ? Quelle que soit sa réponse, les quelques 70 membres de l’Association devraient au moins s’interroger s’il y a des alternatives à 9eArt+, en examiner la validité, avant de décider de garder ou non le même prestataire, plutôt que de subir, sans réflexion ni concertation, les pressions des uns et des autres, comme ce Syndicat des éditeurs alternatifs paniqué d’avance, en cas de départ de 9eArt+, de voir arriver Bertrand Morisset, le patron du Salon du Livre de Paris avec lesquels leurs relations sont sans doute moins faciles.
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LA LETTRE OUVERTE À PATRICK AUSOU

Angoulême,
Mercredi 8 juillet 2015

Lettre ouverte au Président de l’Association Internationale de la Bande Dessinée d’Angoulême

Objet : Propositions de méthodologie pour l’organisation du festival 2018.

Nous remercions le Président du FIBD d’avoir signé le courrier de dénonciation, qui permet à l’Association de mettre fin au contrat qui la lie à son prestataire, à partir de mi-2017, comme le prévoit l’actuelle concession.

Nous remercions les signataires de la pétition en faveur de l’avenir du FIBD : Grands Prix, Auteurs, Chefs d’entreprise, Passionnés de BD, Citoyens... Ils prouvent ainsi leur attachement au Festival autant que leur désir de le voir se réformer.
Il est maintenant urgent de passer à la phase d’élaboration d’un nouveau cahier des charges !

Soucieux d’apparaître comme une force de proposition, et fidèles à cet esprit, que nous voulons constructif nous avons travaillé à la rédaction d’une méthodologie pratique que nous tenons à la disposition de l’Association. Et, répétons-le, nous ne voulons en aucun cas nous accaparer cet événement majeur pour la culture et l’économie de notre territoire.
Les deux éditions du Festival qui restent de la responsabilité de 9ème Art+ laissent largement le temps de mener à bien les travaux préalables à un nouveau départ :

• État des lieux, Ecoute des partenaires, auteurs, éditeurs, financeurs, institutionnels, prestataire actuel, salariés historiques du festival, ainsi que les acteurs gravitant autour du festival, tels que commerçants, hôtels, représentants des autres festivals angoumoisins … : de septembre à décembre 2015

• Élaboration, rédaction et validation du cahier des charges : de janvier à mars 2016

• Validation du cadre juridique : Mars 2016

• Appel d’offre et réception des candidatures : de avril à octobre 2016

• Choix du/des prestataires : novembre / décembre 2016
Afin que le (ou les) nouveau(x) prestataire(s) retenu(s) assurent le festival 2018 dans de bonnes conditions, le processus de sélection doit intervenir avant le festival 2017.
Nous sommes, plus que jamais, à la disposition des membres de l’Association pour participer activement à cette démarche et leur présenter le détail de cette méthodologie.
Dans l’attente de la réussite de ces prochains rendez-vous, nous en appelons à toutes les bonnes volontés qui partagent nos ambitions, et restons, Monsieur le Président, les plus fidèles soutiens d’un FIBD ambitieux et conquérant !
Pour un nouveau festival, rejoignez-nous !

• lien vers Facebook : indignesBDangouleme

• contact : indignesBDangouleme@gmail.com

• porte-paroles du mouvement : Yves Poinot et Jean Mardikian

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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