Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma

23 août 2011 12 commentaires
  • Les personnages de Paul Deliège qui avaient séduit les lecteurs de Spirou dans les années 1970 nous reviennent au cinéma comme en librairie. Un film live où ils interviennent en 3D devrait sortir en 2013.
Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma
Créés en 1968, "Les Krostons" remportèrent rapidement du succès et firent l’objet d’une collection d’albums chez Dupuis.

Les succès des Schtroumpfs, de Largo Winch et récemment de L’Élève Ducobu, l’arrivée fracassante de Tintin sur nos écrans pour la fin de l’année ravivent l’intérêt des producteurs pour le patrimoine franco-belge. Les grandes licences étant optionnées jusque derrière les oreilles, des petits producteurs indépendants recherchent les pépites dont le filon n’est jusqu’à présent pas exploité. Car une bonne idée au cinéma ne se traduit pas toujours par un succès en librairie. Men In Black, par exemple, a été un comic-book aux ventes médiocres avant de devenir le blockbuster que l’on sait.

Les Krostons avaient été une création de Paul Deliège, (le dessinateur de Bobo, décédé en 2005) avec l’aide de son ami Arthur Piroton pour les personnages et les décors réalistes, publiée dans Spirou en 1968 (N°1589). Ces petits lutins verts venus du Moyen-âge, maniant la bombe comme personne, méchants comme des teignes, sont aussi bêtes que les Dalton.

«  Les Krostons Maîtres du monde » vont devenir un film dont la sortie mondiale est prévue en décembre 2013. D’ici là, nous dit la maison de production Le Studio d’imagination, une série animée courte, des jeux en réalité augmentée pour iPhone et iPad devraient permettre aux Krostons de lancer bombes, hallebardes et autres armes dans un environnement réel.

Extrait du trailer. Les Krostons appraissent en 3D dans un environnement réel.

Le film sera réalisé par le réalisateur belge Frederik Du Chau ( Underdog, Racing Stripes). Le comédien Ewan Mc Gregor est pressenti pour tenir le rôle principal de cette comédie familiale hybride (personnages en 3D évoluant dans une monde réel) en relief. Dans un esprit proche des Schtroumpfs (Deliège et Peyo se fréquentaient et s’appréciaient mutuellement), Les Krostons visent cependant un public plus âgé que celui des petits lutins bleus. « C’est un peu les Gremlins dans Une Nuit au musée » nous dit son producteur Olivier Legrand.

Le scénario original a été modernisé : dans la BD, c’est un dessinateur de BD qui redonne vie aux malfaisantes petites teignes. Ici, c’est un créateur de jeux vidéo qui les réanime et nos horribles lutins ont comme projet de s’introduire dans l’Elysée pour dérober la valise nucléaire au président de la République !

Le budget est de 22 millions d’euros pour un tournage qui débuterait début 2012 en France et en Belgique. Un trailer plutôt convaincant est visible sur le site du producteur.

Enfin, une BD inédite devrait voir le jour. C’est le réalisateur Frederik Du Chau, dessinateur et ancien animateur chez Disney, qui en réalisera lui-même le graphisme sur la base du script destiné au film. Nous vous en reparlerons.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Les illustrations sont © 2010 Le Studio d’Imagination - Krostons LLC - A film by Frederik Du Chau - From Deliege comic book

 
Participez à la discussion
12 Messages :
  • Le futur ne serait donc pas à chercher du côté de la BD numérique mais du côté de l’audiovisuel ?

    Répondre à ce message

    • Répondu le 23 août 2011 à  13:34 :

      Je ne comprendrais jamais pourquoi on persiste à voir le futur comme l’annihilation d’un média par un autre... Tous ces supports ne sont pas interchangeables, ils ont chacun leurs caractéristiques et leurs qualités propres, aucune raison que tout ça ne cohabite pas

      Répondre à ce message

      • Répondu le 23 août 2011 à  14:45 :

        Ce n’est pas ce que j’ai voulu souligner. Je ne parlais pas de substitution ou d’annihilation. Simplement, je remarque qu’il y a de plus en plus d’adaptations en film ou séries TV de bandes dessinées et donc, certainement plus d’avenir pour de nombreux auteurs de ce côté plutôt que du côté de la BD numérique/numérisée.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 23 août 2011 à  16:40 :

          Vous parlez-vous même d’adaptation ce qui implique une première oeuvre papier avant d’envisager un autre moyen de diffusion.

          Le BD numérique reste à ce jour un autre moyen d’édition ,complémentaire, et le plus souvent en "lecture-à-la-demande" donc liée à l’existence d’un site qui est par essence susceptible de fermer. Pour ce qui est des films, c’est plus le résultat d’une célébrité déjà acquise et beaucoup plus rarement d’un concours de circonstances.

          L’ensemble peut heureusement co-exister mais je doute qu’on puisse jamais mettre la charrue avant le boeufs.

          Pour les Krostons je suis ravi de cette adaptation et espère que cela permettra aux personnages de Deliège d’acquérir une célébrité méritée.

          Répondre à ce message

          • Répondu le 23 août 2011 à  19:09 :

            Ce n’est pas ce que j’ai voulu souligner. Je vais essayer d’être plus clair sinon, vous allez continuer de vouloir me faire prendre un couloir alors que j’en traverse un autre. Depuis quelques années, on nous parle d’édition BD numérique -plutôt numérisée. Ce serait l’avenir de la BD sur les écrans modernes et blablabla. Mais bof, je ne vois pas grand chose venir. Le papier reste pour l’instant le moyen le plus adapté (et pas adaptation) pour offrir de la BD. Je dis bien pour l’instant. Mais puisque les écrans de tous formats se développent, je constate qu’il y a de plus en plus de BD adaptées (et là, oui, adaptation) à l’écran. Que ce soit un écran de cinéma, de TV ou d’ordinateur. Donc, je me dis que pour les auteurs, le futur est plus à chercher du côté de l’audiovisuel que de la BD numérique. Et je ne porte aucun jugement de valeur. Je ne suis pas persuadé non plus que la célébrité soit toujours la raison qui pousse les producteurs à adapter. Je crois que la BD est aussi un beau vivier dans lequel on peut venir puiser des tas de choses. Je suis moi aussi très content que quelqu’un s’intéresse aux Krostons. J’adorais ces personnages.

            Répondre à ce message

  • Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma
    23 août 2011 11:29, par Sébastien Naeco

    C’est une excellente nouvelle, l’oeuvre de Deliège mérite un formidable coup de projecteur et les Krostrons restent une série attachante. Merci pour cette étonnante info.

    Répondre à ce message

  • Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma
    23 août 2011 11:51, par Alban Day-Scinnais

    Pour rappel, les éditions Hibou ont sorti trois intégrales de la série en commançant un premier tome en 2005 (regroupant les albums 3 et 4 des Dupuis avec des histoires courtes), un deuxième en 2007 (avec les albums 1 et 1 des Dupuis et des inédits) et un troisième (numéroté un !) en 2009 (avec le numéro 0 des Dupuis ainsi que des albums hors-séries et des courts récits).

    Le support papier est donc encore vivant ^|^

    Pour le film, je suis content que des séries moins célèbres mais de bonne qualité puissent aussi être adapté

    Répondre à ce message

  • Bang ! Bang ! Bang !

    Répondre à ce message

  • Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma
    24 août 2011 08:50, par Sylvain Runberg

    Excellent ! J’adore les Krostons, en voilà une bonne surprise !

    Répondre à ce message

  • Les Krostons nous reviennent, grâce au cinéma
    25 août 2011 12:33, par Flocon

    Sa n’ira guère loin , Deliège a demandé que son oeuvre ne soit pas poursuivie après sa mort.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 25 août 2011 à  14:05 :

      Pas poursuivie, c’est une chose, adaptée en est une autre.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Frencho-id le 25 août 2011 à  16:25 :

        Dans l’entretien lisible dans le tome 3 de l’intégrale, Deliège déclare, à propos d’éventuelles adaptations qui n’avaient jamais abouti, qu’il n’était pas mécontent de ces échecs et ajoute : "D’une certaine manière, j’ai horreur du dessin animé. Je préfère de loin le papier."
        Un peu plus loin il se montre très dubitatif quant à une reprise de la série, moins sur le principe que techniquement : "Pour le dessin, je ne vois personne !"
        À le relire, on a le sentiment qu’il aurait été le dernier à aller voir les trois K. bouger sur un écran...

        Répondre à ce message